Les nouveautés de la semaine #12

razorlight_olympus sleeping

10 ans après leur dernier album et 14 ans après leur immense tube (« America »), les Razorlight reviennent sans réelle surprise mais avec une certaine fougue. Entre les Libertines, les Strokes ou Franz Ferdinand, le groupe de Johnny Borrell avait réussi un beau (et mérité) hold-up dans les charts anglais avec « Up All Night » et son million de copies vendu. Après un hiatus d’une bonne décennie, les anglais semblent décidés à renouer avec les intentions et les marques de ses débuts soit un truc rock tranchant sans être révolutionnaire mais plutôt efficace. Alors après deux (religieuses) écoutes,  rien qui puisse réellement faire date dans l’histoire du rock, genre qui tend à s’épuiser (ou cherche encore son sauveur) mais qui détient toujours la clé de la rébellion. Certes, ce n’est pas « Olympus Sleeping » qui va mettre les anglais dehors (n’est pas The Smiths qui veut) et chasser définitivement les pro-Brexit, leur musique allant flirter (dangereusement?) avec le rock FM aux tendances pop déjà-entendu mille fois,  mais on retient quelques bonnes choses dont ce « Got To Let The Good Times Back Into Your Life » assez tranchant et résolu ou « Brighton Pier » avec ce côté  The Clash en mode mini moi. « Good Night », en seulement 1 minute 37, avec sa basse rageuse, semble être également promis à un certain engouement dans les clubs. Hormis le vilain « Carry Yourself » calculé pour la radio et la pub, l’album se tient bien et ravira toute une frange de fans de la première moitié des années 2000.

 

C’est pas le genre de la maison mais… LSD (Sia, Diplo, Labrinth) #1

Nouvelle rubrique qui va traiter de sons peu évoqués dans ces colonnes. Pour ouvrir le bal futuro-psychédélique initié par la chanteuse américaine au chandelier SIA, le chanteur anglais Labrinth et le producteur Diplo (Major Lazer), il fallait un titre catchy. On pouvait certainement compter sur ces pointures de la pop mondiale qui, sous la forme d’un supergroupe nommé LSD (leurs initiales… facile en fait), planchent sur un premier album qui allient à la perfection les sonorités du moment : chanson pop efficace, melting pot d’instruments traditionnels (guitare, basse et batterie façon rythmique soul) et effets bien dans notre époque (autotune, effets vocaux…), un ensemble que l’on retrouve dans le single « Thunderclouds » qui n’est pas sans rappeler la production du dernier album du plus provençal des groupes français M83 (« Junk ») sorti en 2016 ou celui de Miley Cyrus avec ses dead petz supervisé par les deux géniaux dingues Wayne Coyne (The Flaming Lips) et Ariel Pink. Alors, LSD? Pas le genre de la maison mais… on y goûte volontiers.

 

Les nouveautés de la semaine #11

Ce n’est pas vraiment une nouveauté mais, en ce matin glacial et vivifiant, ce morceau des Dead South sonne particulièrement neuf (et chaleureux). Certes, c’est de la country, un genre musical qui a bien vécu entre les années 20 et les années 90 où l’on pouvait la croiser avec le… punk. Alors qui est ce combo tout droit sorti des 4 filles du Docteur March? On sait juste, de source Wikipédia, qu’ils sont canadiens, qu’ils sont cinq et que le banjo tient une bonne place dans l’orchestre. Avec leur premier album « Good Company » sorti en 2014, ils ont crée l’adhésion sur Youtube avec « In Hell I’ll Be In Good Company » où le nombre de « vues » avoisine les 80 millions. Une belle communauté de mormons, n’est-ce pas? Ça fleure bon l’Amérique du terroir et les chorégraphies au coin du feu.

 

Les nouveautés de la semaine #10

Comment qualifier la musique de Cosmo Sheldrake sans évoquer une filiation avec l’univers de l’américain Beirut ou la patte d’Owen Pallett (Arcade Fire, Final Fantasy) ?  Une pop baroque? On ne peut l’affirmer catégoriquement car, au-delà de l’orchestre, point d’extravagance dans ses compositions. Le multi instrumentiste londonien offre une sorte de seconde jeunesse à des instruments que l’on imagine davantage dans une fanfare qu’associés à des chansons disons de « classic pop ». Son premier album s’intitule « The Much Much How How And I » et il dépeint avec un sens aiguisé de l’absurde des paysages qui n’auraient pas dépareillés chez Alice, dans son pays des merveilles. Il me rappelle également les heures passés à écouter la K7 de Pierre et le Loup lorsque j’étais enfant… Prokofiev tout de même ! Choisir un titre parmi ces 14 pièces ne fut pas un exercice facile, non pas qu’il y ait autant de chefs d’oeuvre mais il y a eu quelques hésitations. Alors, je vais privilégier une sorte de spontanéité avec le premier titre de ce bel album : « Linger Longer ».

 

Les classiques de la semaine (et qui tuent) #2

David Bowie, presque 3 ans après sa disparition (déjà…), revient avec le coffret « Loving The Alien » regroupant sa période discographique de 1983 à 1988. Une petite réécoute de l’album « Let’s Dance », seul album incontournable de la décennie eighties du Thin White Duke avec le génial « Scary Monsters » sorti en 80, est donc lancée sans perte mais avec fracas, considérant un volume acceptable pour apprécier le travail calibré « funky hits » du maestro Nile Rodgers à la production. Hormis le hit « Let’s Dance » qui installe Bowie dans les stades, les clubs et lui assure une retraite dorée, « China Girl » écrit avec Iggy (qui dispose également de sa version) et « Modern Love » qui ouvre l’album, on retrouve ce titre, « Criminal World », échappé de la discographie du groupe Metro, en guise de réjouissance. Tout y est succulent, de la ligne de basse de Carmine Rojas, ossature en mode patron XXL, en passant par la voix de Bowie, enjôleuse, susurrant les couplets comme s’il se confiait sur la préparation d’un plan diabolique, jusqu’à l’apparition de Stevie Ray Vaughan en majesté, serial killer de la guitare, qui exécute sa partie bluesy sous amphétamine et fait s’envoler le morceau. Paraît-il que le loustic serait resté 2 heures en studio pour enregistrer la totalité des solos de l’album… Le monstre !  Alors, faut-il revoir son appréciation sur cette soit-disant décennie sèche du grand David? Le Major Tom avait-il déserté le terrain de l’inspiration? Les 2-3 albums qui ont suivi ne représente aucun réel intérêt, en revanche, « Let’s Dance » se tient admirablement bien avec ses 8 pièces d’expression. On aime, on réécoute, en boucle !

 

 

Les nouveautés de la semaine #9

Passé à la trappe de la patrie du gaulois réfractaire, The Coral n’en demeure pas moins une des (nombreuses) institutions musicales d’Outre Manche. Dans l’ombre des Oasis, Blur et consorts, les liverpuldiens (déjà, ça commence bien) publient 3  à 4 albums par décennie depuis 2002 et, la plupart du temps, c’est dans le mille. Alors, certes, ils n’ont pas publié  un « Wonderwall », un « Song 2 » ou un « Alright (Supergrass) », un hit single qui aurait pu les propulser à l’international. Ils n’ont pas eu le « lifestyle » sex, drug & rock’n’roll de Peter Doherty  des Libertines et n’ont pas relancé le rock au début des années 2000. Mais l’essentiel est-il là? Avec « Move Through The Dawn (2018) », un huitième album dans la pure tradition d’une pop anglaise des campagnes et des pubs, ils ressortent leurs gammes 60’s tout en évitant l’écueil de la redite mélodique. Aidé par une voix singulière, James Skelly a une petite méthode de composition que beaucoup pourraient lui envier et la patte sonore du groupe l’ancre dans un ensemble solide, orienté « guitar group revival » avec un soupçon de soul. La chanson « Undercover Of The Night » (les Stones en début de déconfiture avait sorti un morceau au même titre en 1983 sur le dispensable « Undercover »)  montre l’étendue d’un talent confirmé et destiné à ne pas se laisser corrompre par le tout numérique et l’emphase electro pop, miroir aux alouettes de la réussite made in 2010’s. On aime, on suit.

 

Les classiques de la semaine (et qui tuent) #1

Ce morceau me donne envie de pleurer. « The Straight And The Narrow » est le chant du cygne de la britpop, ou plutôt, la pierre angulaire d’une ultime commémoration. Car Pulp a déjà fait le boulot, trois ans auparavant, avec l’épique et merveilleux « This Is Hardcore » . Et puis, il me rappelle ma première année à Paris, vierge de pollution, de stress et d’explosions rock’n’rolliennes (presque)… Une période bénite, en somme. C’était fin 2003 ou début 2004, Spiritualized venait jouer le très garage « Amazing Grace » à la Maroquinerie, petit scène parisienne de toutes les claques sonores (Beta Band, Kula Shaker, Nada Surf, etc) chères à la fin des années 90. Je me souviens encore de Jason Pierce, assis sur chaise, avec sa Stratocaster et un monticule de pédales d’effet. Assis aux premières loges, j’assistais alors à un déluge sonore de toute beauté mais passons… « The Straight And The Narrow » me donne toujours envie de pleurer et, à chaque fois, j’ai besoin de l’écouter trois ou quatre fois pour que l’immersion soit totale. La plénitude, quoi. Cette ballade, pas au sens cliché du terme, convoque le religieux (« The trouble with the straight and the narrow Is it’s so thin, I keep sliding off to the side, And the devil makes good use of these hands of mine ») et, avec une évidence presque arrogante, va chercher la beauté absolue dans l’arrangement et l’orchestration. Jason Pierce est une sorte de génie, caché des lieux communs, en mission depuis 25 ans avec Spiritualized, son inusable et splendide navire qui, d’après ses dires, devrait se poser pour l’éternité. Doit-on s’en lamenter? Probablement pas. Avec « Let It Come Down », « Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space » et « Amazing Grace », il tient une trilogie définitive que l’on pourra écouter en boucle, toujours, qu’importe, que le rock soit une pièce de musée, fossilisé à tout jamais (ce qui n’arrivera pas, n’est-ce pas?) ou flottant dans une constellation. Amen.

 

Les nouveautés de la semaine #8

Aujourd’hui est sorti le nouvel album de Tahiti 80, THE (seul) groupe de pop français actuel qui parvient à mêler french touch, langue de Shakespeare et pop music. Vous m’direz, y’a Phoenix… Vous avez raison. Mais Phoenix n’a plus vraiment besoin de promo, les Grammy et les tournées mondiales ayant réussi à imposer le groupe de Thomas Mars comme incontournable de la pop mondiale raffinée (j’insiste sur cet adjectif, pop étant un terme fourre tout où Rihanna, Coldplay, Bruno Mars et un paquet d’autres côtoient des MGMT, Tame Impala et autres Foster The People). Revenons à Tahiti 8O. Le groupe de Rouen sévit maintenant depuis 20 ans, a rencontré un succès colossal au Japon mais parvient vaguement à s’imposer en Europe ou aux États-Unis. Vache ! Oui, vache, car dans leur discographie, on compte 8 albums de haute volée qui transpirent leur amour pour la pop 60’s, la soul et la musique électronique des années 80. Ce nouvel album, The Sunshine Beat Vol.1, est un sacré condensé du savoir-faire de Xavier Boyer (leader, chanteur et songwriter) et sa bande, mariant très bonnes chansons (dont la Kinksienne et savoureuse « Sound Museum » ) et arrangements fins, toujours biens sentis. Le petit rappel à l’effet vocal du « Fame » de Bowie est un hommage délicat au Thin White Duke qui nous manque chaque jour un peu plus (« Wonderboy »)… La Pet Shop (Boys) intro de « Hurts » est aussi délicieuse que la voix de ce bon vieux Neil Tennant, tiens !  Que dire de plus? Tahiti 80 est un groupe formidable. Oui, Tahiti 80 a compris mieux que quiconque ce qu’est l’essence de la pop en 2018. Oui. Tahiti 80 est un groupe qui mériterait… Plus. Au minimum de s’envoler dans tous les écouteurs bluetooth des kids.  C’est pour cela que l’on attend des Sunshine Beat, en Vol.2, 3, 4… Pour encore 20 ans !

 

Les nouveautés de la semaine #7

La première fois que j’ai entendu la voix de Tom Baxter, c’était il y a pile 10 ans, avec l’album « Skybound ». Pour être honnête, à l’époque, je n’ai pas trop insisté, probablement concentré sur autre chose. Et puis là, en fouinant sur Deezer, je tombe sur « The Other Side Of Blue » avec sa couverture bleue. Sans grande conviction au départ, j’y ai pourtant découvert 12 perles de musique folk, au minimalisme absolu (une voix et une guitare ou une voix et un piano) avec une tendance à la mélancolie contagieuse. Rien de dépressif, juste du beau, des chansons simples, certes qui ne vont pas révolutionner le songwriting (on a déjà fait le tour en terme de progression d’accords) mais qui font du bien et qui donnent parfois la chair de poule (« Cold », « The Other Side Of Blue »). À l’heure où l’on mixe et remixe les genres musicaux à grands renforts de prod ampoulées, ces intimes confidences de Tom Baxter arrivent à point nommé pour l’arrivée (tardive) de l’automne.

 

 

Les nouveautés de la semaine #6

Tout commence par l’intermédiaire d’un conseil de Mister Deezer. Ce qui n’est pas le cas habituellement, on peut le préciser… Car les « flows » ou suggestions des plateformes de streaming rendent fainéants, soyons honnêtes. Chez Ohmwork, on préfère nettement fouiner chez les disquaires, lire la presse spécialisée ou se faire guider par un ami connaisseur qui fréquente assidument les Soundcloud, Bandcamp et consorts à la recherche de la dernière pépite prog rock. Non, faut pas abuser quand même…  Peu importe, en 2018, tous les moyens sont bons pour choper le gros son, la rareté ou le prochain truc « in ». L’envie d’appuyer sur « play » dépend parfois du visuel de la pochette. J’ai craqué pour l’artwork floral de Maribou State qui me rappelait subitement celui de Phoenix pour son « Bankrupt » sorti en 2013. Dites-le avec des fleurs, quoi… Musicalement, on est dans une forme d’électro assez versatile, flirtant avec le jazz, la musique downtempo tout en restant, dans la construction, très pop. C’est le morceau « Turnmills » et son riff de basse entêtant qui m’a fait tomber dans la marmite des anglais. Amis de l’éclectisme subtil et « chill », vous allez vous régaler avec ce « Kingdom Of Colors » !

 
 

 

Les nouveautés de la semaine #5

Sorti la semaine dernière, le nouvel album de l’un des parrains historiques de la scène rap/hip-hop US, Eminem aka Slim Shady ou l’inverse, est l’occasion de faire le point sur l’influence du bonhomme en ses terres d’un Nouveau Monde qui vire furieusement à l’Ancien depuis 2016. « Kamikaze » renoue avec le Eminem des débuts, plus franc, plus sec, moins dominé par l’idée de rivaliser avec le son du moment. Eminem est bon quand il fait du Eminem, avec ce côté vénère, sombre, où il n’y a guère de place à l’optimisme. Perdu derrière une flopée de featurings sur « Revival », son précédent opus, décrié par le monde du rap américain gorgé d’autotune et de trap music, Marshall Bruce Mathers III (son vrai nom) semble renouer avec une production plus authentique où son flow, toujours diablement impressionnant, peut s’exprimer pleinement (« Greatest » et « Lucky You »). Démonté par la presse « hype » (Les Inrocks au hasard), « Kamikaze » est l’oeuvre du patron. Un patron qui peut s’appuyer sur des chiffres de ventes impressionnants (180 millions d’albums vendus) et une pluie de récompenses. En 2018, après plus de 20 ans de carrière, il trône encore en tête des ventes dans son pays natal et en Angleterre. Et il se permet de rendre hommage aux Beastie Boys avec une pochette directement inspirée du « Licence To III » des Beastie Boys, une autre légende du hip hop de l’Oncle Sam, aujourd’hui disparue (Adam « MCA » Yauch, l’un des trois membres fondateurs étant décédé en 2012)…

Highlights de l’album: « Not Alike », « Greatest », Lucky You » (non disponibles à l’écoute sur Youtube hélas…)

 

Les nouveautés de la semaine #4

Le retour de Beatle Paul sur les platines, streamers et médias du monde entier est l’événement pop du moment. Après 5 ans d’attente, il fallait absolument que l’on ait cette dose de songwriting dont il a le secret. Question de survie. Depuis le départ de Bowie, il ne reste plus beaucoup de géants. Alors, après deux écoutes, le verdict est clair : Paul Mc Cartney est toujours aussi fringant, ne tombe jamais dans la nostalgie et dans la facilité. « Egypt Station » regorge de pépites, qu’elles soient purement pop, rock ou plus intimistes, voir engagées (le brûlot « Despite Repeating Warnings » à l’attention du locataire blond peroxydé de la Maison Blanche). La production est différente de ses précédents albums, plus moderne, plus catchy, plus fouillée, ce qui peut surprendre les aficionados de « Chaos & Creation In The Backyard » réalisé à l’époque par Nigel Godrich, accessoirement architecte du son de Radiohead. J’ai pris mon pied, c’est clair, car Paul et moi, c’est toute une histoire… qui a commencé en 97 avec l’album Bleu et Rouge des Beatles, puis juste après avec « Flaming Pie » que j’avais acheté en K7 au Virgin Megastore. Ça nous rajeunit pas. Alors, peut-être qu’il aurait pu se limiter à 11 titres (l’album en contient 16) et conserver le top du top? Peut-être que… En fait, non, rien, vraiment. McCartney n’a jamais été aussi en phase avec la réalité musicale du moment tout en conservant l’essence qui fait de lui le plus grand auteur-compositeur du monde encore en vie. Prions pour une décennie supplémentaire !

 

Les nouveautés de la semaine #3

Amputé d’une partie de ses membres, White Denim livre un huitième album d’excellente facture, flirtant avec T-Rex, les Raconteurs (la frange Brendan Benson) avec une touche un peu psyché (« Double Death ») qui sent bon le terreau américain et la sueur d’un blues rock 100% US. Ce qui m’a plu dans ce « Performance », au-delà des références précitées, c’est l’immédiateté des chansons et une facilité d’écoute qui rend la trentaine de minutes hyper agréable à écouter, d’une traite, avec en prime, l’assurance d’une mine joyeuse à l’aube de cette rentrée. Aller, on enfile ses santiags et on grimpe dans sa Range, à l’assaut du grand Ouest tout en matant ce « It Might Get Dark » en différé de chez Conan O’Brien !

 

Sea, Songs & Sun en une playlist !

L‘été n’est pas fini ! 60 titres de choix concoctés par Ohmwork pour accompagner vos vacances. Entre Weezer avec l’incontournable « Island In The Sun » ou « That Summer Feeling » de Jonathan Richman & The Modern Lovers et le punk des Dead Kennedys (« Holiday in Cambodia »), c’est tout un pan de la musique de ces 50 dernières années que nous abordons avec délectation. « Here Comes The Sun » comme dirait George Harrison, euh Nina Simone ici ! Bonne écoute !

Les nouveautés de la semaine #2

nick_mulvey_wake up now

Une nouveauté à écouter d’urgence ! Nick Mulvey avait réussi un joli tour de force avec « First Mind », son premier opus sorti 3 ans auparavant. Un artiste folk britannique dont on attendait la livraison. « Wake Up Now » est sorti ces jours-ci et il vaut le détour. Plus fourni en arrangements, il n’en conserve pas moins les ingrédients initials : des bonnes chansons et des mélodies en émotion (un peu comme Fink d’ailleurs).

Les nouveautés de la semaine #1

Ariel Pink_Dedicated to Bobby Jameson

Attendu comme le messie par tout un public friand de fresques pop baroques, Ariel Pink revient enfin 3 ans après l’album de l’année 2014 (« Pom Pom »). « Another Weekend », en guise d’amuse bouche, tient toutes ses promesses et livre une continuité digne de son parfait prédécesseur. Le nouvel album est disponible sur toutes les plateformes d’écoute en ligne et, bien entendu, en Cds et les vinyles pour les plus mélomanes et nostalgiques d’entre vous.

DontBlameMeWeek#4

rapper's delight_the sugarhill gang

Bien avant « The Message » de Grandmaster Flash, considéré comme une des oeuvres tutélaires du rap US, c’est « Rapper’s Delight » qui allait donner une impulsion au hip hop dans l’industrie musicale. Big tune, isn’t it? The Sugarhill Gang n’a pas été cherché bien loin pour construire son instru : un peu de disco, et pas n’importe laquelle, celle de Nile Rodgers et Bernard Edwards du groupe Chic que l’on a mis en lumière il y a juste 48 heures. Parfait pour rester dans le mood !

DontBlameMeweek#3

Cerrone_GiveMeLove

Continuons à surfer sur le sommet de la disco avec le french godfather Cerrone. Batteur de formation, on reconnait son style entre mille : breaks de batterie, caisse claire mate, effluves synthétiques, la répétition infinie du sexy « Give me love, give me love that you’ve got »… tout est absolument génial sur ce titre. « Give Me Love » est un autre pilier de toute soirée qui se respecte. À bon entendeur !

PS : la version de 7 minutes offre une intro de percussions parfaite pour enflammer le dancefloor.

DontBlameMeWeek#2

Chic-Dimitri-From-Paris-I-want-your-love

On poursuit cette semaine « dancefloor » avec un remix considérablement génial d’un morceau au groove tellurique. Et si je vous dis Nile Rodgers? Chic? Avec l’appui de Dimitri From Paris pour un remix d’enfer, ce classique reste tout simplement un point culminant de la night.

DontBlameMeWeek#1

 

Bruno Mars-Locked Out To Heaven

Il y a des titres que l’on n’écouterait probablement pas chez soi mais qui ont une place privilégiée, à un moment précis. Sans être révolutionnaire, « Locked Out To Heaven » n’en demeure pas moins un morceau d’une redoutable efficacité pour tout dancefloor qui se respecte. Sans arriver à titiller son maître (ndlr. Michael Jackson), Bruno Mars et ses acolytes auteurs et producteurs (ils sont généralement nombreux sur ce type de production) font le job à merveille. À croire que Sting est venu filer un coup de main…

Top albums 2015

Sufjan Stevens_Carrie & Lowell

1. SUFJAN STEVENS – Carrie & Lowell

Le numéro 1 presque évident car tant attendu… et surtout tellement réussi. Après quelques détours dans une pop ambitieuse jonchée de sonorités électro tous azimuts (« The Age of Adz ») et chez le Père Noël (deux coffrets de chansons de Noël), Sufjan Stevens revient sur le trône qu’il occupe depuis maintenant dix ans, celui de la chanson folk épurée, à la mélodie belle à pleurer.

 

Tobias Jesso Jr_Goon

2. TOBIAS JESSO JR – Goon

Perdu pour l’humanité, Tobias Jesso Jr. se sentait condamné au rôle de beautiful loser… Mais c’était sans compter sur l’inespéré « Goon », un album à la beauté désarmante, servi par des chansons au songwriting délicat, interprétées au piano, que l’on croit directement empruntées à John Lennon, Harry Nilsson ou au jeune Elton John du début des années soixante-dix (les rimes en « onnes » n’ont pas été calculées ;).

 

The Tallest Man On Earth_Dark Bird Is Home

3. THE TALLEST MAN ON EARTH – Dark Bird Is Home

Injustement absents des top albums de 2015 d’une grande majorité des médias spécialisés, Jens Kristian Matsson (aka The Tallest Man On Earth) et son nouvel album « Dark Bird Is Home » étaient pourtant une des meilleures nouvelles de cette année. Cette folk remplie d’une énergie et d’un ensoleillement propice à l’évasion ont comblé une grande partie de mon été. Petit trésor caché, je demeure heureux qu’il n’apparaisse pas partout dans les classements finalement…

 

Tame Impala_Currents

4. TAME IMPALA – Currents

A contrario du numéro 3 de mon top, Tame Impala a crée l’adhésion de la majorité, une sorte de plebiscite quasi total. Justifié, oui, sans doute, Kevin Parker ayant un talent fou pour le songwriting et une capacité à arranger et à créer un univers sonore fort et caractéristique. Quasiment seul au commande de « Currents », l’australien livre une dizaine de chansons psyché pop, abandonnant la guitare pour laisser une grande place aux synthétiseurs planants. « Let It Happen » est probablement une des meilleurs titres de l’année, tous styles confondus.

 

Slaves_Are We Satisfied?

5. SLAVES – Are You Satisfied?

THE truc rock de l’année 2015, celui que l’on attendait plus depuis les Arctic Monkeys en Angleterre (en disette niveau rock ces dernières années). Bon, vous m’direz, le rock pur et dur c’est plus trop la came de 2015. Qu’importe, pour avoir vu ces lads dans une petite salle parisienne (la Maroquinerie au mois de novembre dernier), c’est l’album vengeur que je recommande à quiconque qui, au-delà de savoir pogoter, veut lever le poing sur des songs décapantes et musclées et perdre des calories.

 

Queen_A Night At The Odeon

6. QUEEN – A Night At The Odeon

Certes, l’enregistrement date de 1974, à l’aube de Noël d’ailleurs… Mais ce témoignage unique de l’un des fleurons du rock anglais mérite une attention particulière. C’est juste l’apogée d’une oeuvre impossible à reproduire, celle de Queen, avec ce son inimitable et ce gigantisme glam pleinement assumé. Pour la petite histoire, cette nuit à l’Odéon marqua les premiers pas de l’oeuvre ultime du groupe : « Bohemian Rhapsody », nommée plus grande chanson de l’histoire musicale anglaise. Pour un fan, c’est le must.

 

Blur_The Magic Whip

7. BLUR – The Magic Whip

Certainement pas le meilleur album de Blur depuis sa création mais un retour digne, avec des chansons témoins d’une époque où le groupe faisait figure d’empereur de la pop (« Lonesome Street » ou « Go Out » lazy à souhait ou le Song 2 bis « I Broadcast »). Le reste sonne très Damon Albarn en solo mais cette petite mixture est un régal (j’avoue, aller, une forme de subjectivité à l’égard d’un groupe qui a bercé mon adolescence).

 

They Might Be Giants_Why

8. THEY MIGHT BE GIANTS – Why?

Les mecs étaient responsables du générique de la série Malcolm. Des quinquas de la pop indé US ont réalisé l’album foutraque et farfelu de l’année qui nous ramène directement aux nineties de Weezer, Cake et à quelques délires en chemise à carreaux, chaussettes et tongs… Allons savoir ! L’album « Why? » est collection de chansons rigolotes. On a l’impression d’une sorte de gros assortiment de bonbons Régal’ad où l’on pioche en toute décontraction, avec la gourmandise d’un enfant de sept ans.

 

Miley Cyrus_Miley Cyrus & Her Dead Petz

9. MILEY CYRUS – Miley Cyrus & Her Dead Petz

La surprise, même pas honteuse, de ce classement. À l’évocation du nom Miley Cyrus dans un top album, mélomanes et esthètes peuvent crier au scandale (à juste titre peut-être). L’ (immaculée) conception Disney n’est plus vraiment l’idole des gamines de 8 ans. Hannah Montana a grandit, s’est affirmée, voulant damer le pion à ses copines Beyoncé, Madonna ou Lady Gaga avec des tenues à la limite du ridicule. En réalité, on s’en fout, en 2015, Cyrus a sorti un truc assez dingo, avec l’aide de Wayne Coyne et la team Flaming Lips et… c’est diablement bon, loin des clichés r’n’b qui font honte à la musique, une pop colorée avec une dose d’arrangements foutraques. Ses « dead petz » forment un concept album surprenant, d’excellente facture. Le truc, c’est qu’il n’est pas disponible, ni en streaming, ni en téléchargement, ni en CD, ni en vinyle… juste gratuit sur Soundcloud. Miley, aller, je t’ajoute sur Facebook.

 

William Sheller_Stylus

10. WILLIAM SHELLER – Stylus

L’élégante mélancolie à son sommet. Sheller, comme les deux Michel, Polnareff et Berger, vient chanter des balades qui foutent le bourdon, au piano, avec une émotion à rester chez soi à observer la pluie. Depuis « Un Homme Heureux », j’ai ce délicieux plaisir de guetter le rare Sheller et ses chansons. Là, à l’écoute de « Bus Stop », troisième plage de son nouvel album, « Stylus », je me dis que le mec vole bien au-dessus de la chanson française actuelle… Pour flirter avec le génie mélodique d’un Mc Cartney.

Célébrons Elliott Smith

Elliott Smith_Jason Lytle

Disparu au sommet de sa « gloire », un bien grand mot considérant l’artiste, tant il était discret dans un music business alors florissant mais arrivant en fin de règne (Napster et le vilain Mp3 paré pour détourner le consommateur du format de l’époque, ce bon vieux CD), Elliott Smith laisse néanmoins une trace forte dans l’histoire du rock indépendant. Nous étions en 2003, l’américain restait sur un dernier album, « Figure 8 » sorti en 2000, peut-être son meilleur (avec « XO », difficile de trancher), d’une beauté telle qu’il était difficile d’imaginer une fin, encore moins un néant à venir… Certes, depuis, Sufjan Stevens est passé par là, reprenant le flambeau de ce songwriting écorché, toujours au plus près de la mélodie parfaite. Aujourd’hui, malgré le manque, demeurent quelques initiatives. Judicieuses, dirais-je… Celle de Yann Debiak était de réunir Jason Lytle, tête pensante et chanteur multi instrumentiste de Grandaddy (en train d’enregistrer un nouvel album soit dit en passant) et Troy Von Balthazar, avec l’impulsion d’un orchestre de chambre (The Color Bars Experience), autour des chansons de « Figure 8 », pour un concert exceptionnelle au studio 105 de la Maison de la Radio. Ce matin, dans le TGV m’amenant à Strasbourg, j’ai (enfin) pu écouter l’heure et demie de ce concert grâce à l’excellente émission « Label Pop » de Vincent Théval disponible en podcast sur l’appli France Musique. Un beau moment, respectueux de l’oeuvre d’Eliott Smith, magnifié par l’apport des cordes donnant une dimension supplémentaire aux chansons. À écouter. Religieusement.

New Order – Music Complete (2015)

New Order_Music Complete

D‘évidence, la sortie d’un nouvel album de New Order, même dix ans après un dernier effort plutôt superflu (« Waiting For The Siren’s Call »), s’avère être un événement. Les anciens locataires (et propriétaires…ruinés) de feu la Hacienda, lieu culte de l’époque Factory, continuent d’entretenir la flamme d’une époque révolue mais toujours aussi en prise avec la vibe du moment.  À en croire les dernières productions pop du moment, les années 80 n’ont jamais été aussi vives, célébrant (parfois à outrance et « pour faire comme ») les synthès et les boîtes à rythme. Malgré l’absence de l’un de ses membres fondateurs (le tempêtueux Peter Hook parti en 2006), les deux rescapés de la première époque (Bernard Sumner et Stephen Morris, respectivement chanteur-guitariste et batteur), et plus loin encore, de Joy Division, restent fidèle à la recette maison. Servie comme à l’accoutumée, on retrouve les ingrédients synth pop basiques mais parfaitement indispensables : de bonnes chansons pop avec une garniture synthétique toujours efficace (« Singularity », « Tutti Frutti », « Academic »). Contrairement à « Get Ready », leur dernier excellent cru de 2001, « Music Complete » lorgne vers un NO à cheval entre « Power, Corruption & Lies », « Brotherhood » et le side-project de Sumner, Bad Lieutenant, sorti en 2009. Un vrai panorama du savoir-faire des mancuniens finalement (avec « People On The High Line » ce bonus discoïde assez réussi en cinquième plage). Hormis quelques titres plutôt anecdotiques (« Stray Dog » malgré la présence d’Iggy Pop au micro, « Unlearn This Hatred »), avec quarante arrière dans les pattes, Sumner and co continuent d’écrire de bonnes chansons et entretiennent la dynamique d’un style qu’ils ont contribué à créer. Toujours en marge des monstres de la décennie à la chromie incontrôlée (Depeche Mode, Cure, Tears For Fears qui cartonnaient à chaque single…), la dramaturgie et les hit singles en moins,  ils gravent un peu plus leur nom dans l’histoire de la pop moderne, avec ce supplément d’âme qu’ont su reconnaître leurs suiveurs (et talentueux invités) sur l’album (Brandon Flowers des Killers et La Roux). À noter, l’excellente édition double vinyle transparent tirée à 500 exemplaires que votre serviteur s’est procuré. Cool mais gimmick. Mais cool.

Un Voyage à Travers le Son

Jean-Michel Jarre

Après un silence radio de plusieurs années, Jean-Michel Jarre a retrouvé le chemin des studios, avec l’album « Electronica 1 : The Time Machine » prévu pour le 16 octobre 2015 (voir le trailer ici). Le compositeur continue d’explorer la musique électronique collaborant, pour ce nouveau projet, avec un nombre impressionnant d’artistes sur un spectre allant des années 70-80 (Pete Townshend des Who, Vince Clark, John Carpenter, Tangerine Dream…) jusqu’à notre époque, convoquant quelques piliers de l’électro internationale (3D de Massive Attack, Air, Moby, Boyze Noise, M83, Sébastien Tellier…). Il revient sur sa pièce maîtresse, « Oxygène », album phare de la musique électronique moderne et énorme succès mondial (vendu à plus de 18 millions d’exemplaires) et livre ses souvenirs, la genèse de ses productions live monumentales, son déplacement en Chine et à Houston pour les 150 ans de la ville et les 25 ans de la NASA (pour l’occasion, il a composé le dernier morceau de son album « Rendez Vous » pour être joué dans la navette Challenger). Cette magie éphémère, comme il le souligne, s’ajoute au désir d’explorer de nouvelles manières de créer de la musique, utilisant des instruments de musique atypiques (la harpe laser par exemple) et considérant la forme ludique que peut revêtir celle-ci (la haute dimension du multimédia présente dans ses oeuvres). Le documentaire d’Arte touche un sommet lorsqu’il évoque son père, Maurice Jarre, monstre sacré de la musique de films (sa relation, distante mais respectueuse avec ce géniteur, absent, du fait d’une carrière mirifique à Hollywood), sa rencontre avec Pete Townshend (quel plaisir de le revoir bousculer sa Telecaster, avec cette rythmique si caractéristique, nous ramenant aux grandes années soixante, rageuses, celles des Who et du rock façon mods) ou Gary Numan, précurseur du rock indus et faiseur de tubes synth pop (« Cars », « Me! I Disconnect »). Le compositeur se raconte, au fil du temps, avec Charlotte Rampling, probablement sa Muse, celle de la décennie fondatrice de sa carrière dès l’entame de ce qui allait devenir son oeuvre ultime, « Oxygène ». À visionner jusqu’au 19 octobre prochain sur Arte TV.

 

Are You Talkin’ To Me?

Taxi Driver

Un des classiques de Martin Scorsese à qui l’on doit quelques chefs d’oeuvre du cinéma américain (il serait trop long de tous les citer ici), dont l’incontournable Taxi Driver où l’on voit Travis Bickle, interprété par un Robert De Niro en état de grâce, côtoyant la grandeur et la décadence new-yorkaises, jusqu’à perdre définitivement le contrôle et sombrer dans la folie. C’est cette folie que l’on retrouve dans ce montage sonore extrêmement dense où l’on parvient à saisir l’ambiance du film, lourde et oppressante. Avec, en toile de fond, cette mélodie sifflée qu’il m’arrive de reproduire dans les transports en commun, légère mais inquiétante, chevauchée par un déluge de sons concrets (bruits de revolver, portes de voiture…) et cette note d’infra basse tenue, comme pour appuyer le drame qui est en train de se dérouler sous nos yeux (sous nos oreilles, dois-je dire?). La montée en puissance est comparable à l’état dans lequel va évoluer le personnage de Travis Binckle, pris en étau entre sa raison, ses sentiments et l’implacable violence de la ville. Réalisé par Pable Fernandez Eyre, un directeur artistique barcelonais, cet essai vient parfaitement compléter le slogan mythique « Are You Talkin’ To Me », inlassablement repris par une, deux, trois générations… Car, dans moins d’un an, arrivera l’âge canonique, les quarante ans de cette pellicule mythique.

 

Pepe Deluxé – Queen Of The Wave (2012)

Pepe Deluxé_Queen Of The Wave

Ils sont finlandais et viennent nous titiller sur des références majeures des années 90-00 néo-psychédéliques (MGMT, Tame Impala), elles-mêmes s’inspirant de la vague flower power de la fin des années soixante. Dans ce « Queen Of The Wave » complètement délirant et d’un hétéroclisme à couper le souffle (on déambule dans un cabinet de curiosités où l’espace temps est modifié en permanence), on retrouve la pop des excellents et mésestimés The Coral (« Queenwave ») et quelques resucées du rock au parfum maharishi de Kula Shaker (« A Night And A Day »). Hyper ambitieux, ce troisième album, présenté comme un concept à part entière, vient créer des passerelles fantastiques entre une folk moderne (« Iron Giant » et cette parenté évidente avec Edward Sharpe & The Magnetic Zeros) s’affranchissant du repère marketing du moment (l’electro pop rincée à grands coups d’interjections – les « he ho ho » florissant jusqu’à l’indigestion) et un rock psychédélique mâtiné d’un classicisme pop (« Riders Of The First Ark » où l’on retrouve quelques échappées lyriques façon Burt Bacharach, Roy Orbinson ou encore Scott Walker). Pepe Deluxé se présente comme un collectif inter-continental naviguant sur un océan où les limites sont inexistantes et les escales parfaitement flamboyantes, délicieusement psychotropiques… Peut-être que  cet opéra rock peut parfois s’avérer parfois un peu trop copieux… Mais on ne boude pas notre plaisir, ce « Queen Of The Wave » est à découvrir absolument, histoire de faire bouger un peu les stats Deezer (un millier de « fans » seulement…).

Slaves – Are You Satisfied? (2015)

SLAVES – ARE YOU SATISFIED? (2015)

Depuis 2005 et le pyramidal « Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not » des Arctic Monkeys, on n’avait pas entendu une telle gouaille rock. Ces jeunes gens manient un rock punk crasseux digne de la folie vengeresse des Sex Pistols. Dans la mélasse electro pop qui sévit depuis quelques années (à prendre pour certains, à laisser pour d’autres), on se réjouit à l’écoute de « Are You Satisfied? », premier album de Slaves, duo batterie/guitare et chant scandé façon Johnny Rotten ou Mike Skinner (The Streets), autre bouleversement hip-hop anglais du début des années 2000. Quasi prodigieux, ce rock s’accapare les codes du punk avec des titres diablement efficaces (« The Hunter », « Cheer Up London », « Hey », « She Wants Me Now » ) qui sonnent comme des classiques du genre. La dernière claque punk, c’était le « Veni Vidi Vicious » des Hives, il y a fort longtemps… Et les gus venaient de Suède. Là, les anglais reprennent la main, avec ferveur, indélicatesse et ce qu’il faut de prétention. Le rendez-vous est pris sur la petite scène de la Maroquinerie, le 7 novembre prochain. God slaves the queen !

Rod Stewart – Sing It Again Rod (1973)

Rod Stewart_Sing It Again Rod

Passé les tubes « Do Ya Think I’m Sexy » ou « Forever Young » largement amplifiés par les bandes FM, je ne connaissais pas grand chose de Rod Stewart. Toujours caché derrière les gros bonnets des seventies, les David Bowie, Elton John, Queen, Led Zeppelin et dans une moindre mesure, les Stones (oui, soyons raisonnable, après « Exile On Main Street », il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent), l’ex chanteur du Jeff Beck Group et des Faces n’en demeure pas moins une sorte de légende du rock’n’roll façon strass et paillettes. Mais s’arrêter là relèverait du crime de lèse-majesté d’une époque bénie enfantant la plupart de nos rock heroes. Alors, levons notre verre à Rod Stewart et à ce « Sing It Again Rod » plutôt réussi.

Sur cette compilation rassemblant quelques classiques imparables (« Pinball Wizard » des Who revu et corrigé avec cordes, choeurs et trois tonnes d’emphase symphonique, « Street Fighting Man » des Stones sublimé par un finish sous forme de solo piano/basse/batterie, « Twisting The Night Away » de Sam Cooke) et quelques morceaux d’une puissance que seul le rock 70’s peut nous offrir (« I Know I’m Losing You »), Rod Stewart laisse également s’échapper quelques compositions folk sympathiques. Les chansons « Mandoline Wind », « Gasoline Alley » (co-écrite avec le futur Stones Ronnie Wood) sont plutôt bien intégrées dans cette photographie d’un moment de sa carrière où les Faces volent en éclat et laissent « The Mod » (un de ses surnoms) s’aventurer en solo pour une décennie difficile (condamnation pour plagiat pour le titre « Do Ya Think I’m Sexy », ventes qui s’effritent et retours critiques moribonds).

Je ne cache pas un intérêt fortuit, certes très largement amplifié par le plaisir d’une découverte sur vinyle avec pressage américain en parfait état. Rod Stewart, fait partie de ces artistes à la voix reconnaissable instantanément (comme un Tom Jones ou un Art Garfunkel) avec des qualités d’interprète exceptionnelles primant, certes, sur des talents pour la composition mais d’une évidence si… familière.

Alors, ce Blur?

Blur - The Magic Whip (2015)

Deux choix s’offraient à moi. Le premier résidait dans l’écriture spontanée et le jugement immédiat avec tout ce que cela implique : emballements incontrôlés, comparaisons hâtives, références au passé… Le second, plus mesuré, nécessitait du recul et une bonne dose d’écoutes. Alors, j’ai choisi la deuxième option, celle du « brit poppeur » raisonnable qui a besoin de temps pour déguster la dernière recette des éternels dauphins ( oui, après Oasis messieurs, dames !) de cette britpop chère à nos années quatre-vingt dix.

On n’avait pas entendu Blur au complet depuis l’album « 13 » sorti en 1999 (on ne va pas compter « Think Tank » qui n’incluait pas – à l’exception de « Battery In Your Legs » – Graham Coxon, éminent guitariste aux lunettes d’intello en pré-hipsterisation). Premier constat, on coupe la poire en deux : d’un côté le VRAI Blur, avec ses quatre membres au diapason, lazy à souhait façon teenagers, faiseurs de pop songs parfaites (« Lonesome Street », « Go Out ») dans la lignée de « Modern Life Is Rubbish » ou du rock teigneux de « Song 2 »  (« I Broadcast »). Mais le virage n’est pas loin… De l’autre côté, c’est Damon Albarn et quelques morceaux que l’on jure sortis tout droit des chutes de son premier album solo (« Everyday Robots » sorti en 2014). Des chutes, oui, comme des petits bouts de tissus sans trop d’importance que l’on aime conserver sans toutefois ne savoir qu’en faire (« New World Towers », « Thought I Was A Spaceman »…). Avec une légère gêne, on fait mine d’aimer, creusant les sonorités, parfois exquises, il faut le reconnaître, de certains arrangements, mais en vrai, le coeur n’y est pas. Alors, oui, Albarn est génial et, même sur son Ipad, en pleine tournée, il arrive à nous sortir des chansons sublimes (« Pyongyang », « My Terracota Heart ») que l’on écoute, religieusement, avec cette forme d’admiration, la même qui brillait dans nos yeux lorsque l’on écoutait pour la première fois « The Universal » ou « To The End », ces deux morceaux de bravoure des premières années… Ah les premières années… Il est bien loin « Parklife » et son refrain à l’unisson, capable de soulever les foules.

Ah, j’aimerais vous dire que je l’aime ce « Magic Whip ». Et je l’aime. Comme on aimera toujours son premier amour. Avec cette façon de lui rendre hommage. Avec tendresse mais avec détachement.

Ohmwork dans Stratégies

 stratégies

L‘Ecole de Communication ISCOM, dont notre fondateur est diplômé (ndlr. Nicolas Lordier, promotion 2005, ci-dessous), vient de mettre à l’honneur ses anciens étudiants dans l’édition du 30 mai du magazine Stratégies. Axant la surcouv’ sur vingt et un professionnels en en poste dans la communication ou le marketing digital, l’Ecole a très judicieusement eu l’idée d’intégrer la dimension sonore dans la palette métiers proposée ici. Merci à l’ISCOM et vive le design sonore dans le digital !

nicolas lordier