De la musique dans le stéthoscope

A la question « Un bac de recyclage peut-il flatter autre chose que notre conscience écologique et citoyenne ? », la troupe Décor Sonore répond oui avec sa dernière création, Urbaphonix. Et c’est à nos oreilles qu’elle s’adresse. Cet ensemble de musiciens / performers / acrobates (car oui, il y a parfois de la cascade), dirigé par Michel Risse, transforme en effet tout ce qui lui passe par la main en instrument de musique improvisé. Et quel meilleur terrain d’expérimentation que notre environnement urbain quotidien ? Sous les doigts agiles de nos hôtes, et grâce à des petites merveilles technologiques évoquées il y a quelques temps dans ces pages, les roues de vélo deviennent des harpes, les fermetures éclair permettent de scratcher comme sur une bonne vieille MKII, puis l’instant d’après se muent en cuicas, le portail de l’immeuble sonne comme un vibraphone et le garde-corps du balcon de la voisine du premier, dont les géraniums n’en demandaient pas tant, se transforme en une basse au son saturé qui ferait pâlir de honte le plus hardcore des métalleux. Muets tels des mimes, l’oreille toujours tendue à la recherche de nouvelles surfaces à faire vibrer, les membres de Décor Sonore ne font que passer, donnant à l’assemblée qui les accompagne pour un temps, et aux badauds qui ont la chance de croiser leur chemin,  en  une étonnante illustration du précepte de John Cage : « Si un son vous dérange, écoutez le. » … Et de s’en aller comme il sont venus, sans un bruit, rendant à leurs instruments d’un instant leur fonction première, et laissant la rue retrouver son calme. Nos oreilles, elles, résonnent en revanche toujours de leurs facéties musicales.

1 Commentaire

  1. 1 juillet 2012 à 9 h 07 min · Répondre

    Première chronique du Capitaine! Tout vient à point à qui sait attendre!

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