Neil Young, l'industrie du disque et le son



Dans une longue interview, menée par Hugo Cassavetti pour Télérama (édition du 16 au 22 juin), Neil Young revient sur sa carrière sur et sur son dernier album, « Americana », un album constitué de chansons traditionnelles folk. The Loner, comme on le surnomme, est aussi un artiste engagé et une véritable mémoire de la musique folk et rock’n’roll qu’il a contribué à enrichir, d' »Harvest » (le fer de lance) en passant par « After The Gold Rush », probablement les deux incontournables de sa discographie (cela restant bien entendu très subjectif…). Buffalo Springfield, CSNY (Crosby, Stills, Nash and Young), le Crazy Horse, autant d’étapes de son parcours dans la musique contemporaine qui lui ont donné une légitimité pour critiquer une partie du système, cette industrie de la musique qui a oublié l’essentiel dans sa douloureuse mutation : la qualité du son. A la question « Quelle est la pire chose qui soit arrivée au rock’n’roll? La drogue ou l’argent? », Neil Young répond d’une manière sincère évoquant le passé dans l’idée de faire progresser le futur :

« L’argent. Parce qu’avec l’argent vient le pouvoir. Celui de changer les choses pour le meilleur ou pour le pire. Et l’industrie du disque ne s’en est malheureusement pas servie pour préserver la musique, la qualité du son. Elle n’a eu aucune vision. Plutôt que de chercher à sauver sa raison d’être, elle a laissé la qualité du produit se détériorer. A la qualité, elle a préféré la merde. La technologie a toujours su évoluer, progresser, sauf pour le son proposé aux consommateurs. On leur a fait croire que le CD était supérieur au vinyle, alors qu’il s’agissait d’un mensonge. Les gamins n’ont plus de référence. Ils n’ont connu que le CD*. J’ai plein de copains qui pensent devenir sourds parce qu’ils n’entendent plus la musique comme avant. Mais elle n’est juste plus là ! C’est l’oreille des jeunes générations qui est en danger. »
 
* Et que dire du Mp3…??


1 Commentaire

  1. 20 juin 2012 à 12 h 41 min · Répondre

    Sa musique est tellement authentique, tellement belle! Et ses réflexions sur l’industrie du disque, si vraies, hélas…

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