Roxy Music – The Complete Studio Recordings 1972-1982

 
 

Passer à côté de Roxy Music dans les seventies, c’est comme si vous omettiez de rendre visite au Paris des cabarets lors d’une déambulation nocturne dans la capitale. Clinquante, glamour, riche et fouillée, la musique du groupe est une pierre angulaire d’un rock qui revêt ses plus beaux atours (Bowie, T-Rex, Queen, Sparks pour cet attrait de la mise en scène, du spectacle débridé et des costumes outranciers). Je ne suis pas un « archiviste » de Bryan Ferry and co mais, conscient de de l’impact de la musique du groupe (Roxy Music fut un des premiers groupes à travailler son artwork avec la mise en scène d’égéries féminines comme Jerry Hall, mannequin et -ex de Mick Jagger, sur « Siren » ou Amanda Lear sur « For Your Pleasure »), pionnière dans une certaine mesure (l’apport des premières explorations sonores de Brian Eno dans la première période, le free sax d’Andy Mc Kay, le son de guitare de Phil Manzanera), je reviens sur la décennie des anglais par l’intermédiaire de ce superbe coffret rassemblant les huit albums (en dix années de carrière !) et un double avec des B-Sides et des mix alternatifs. Première impression, outre cette familiarité avec l’oeuvre de Bowie, on sent un goût prononcé pour l’expérimentation (« For Your Pleasure », dans mon top 3 de leur discographie) qui côtoie l’emphase (« Country Life ») et une certaine forme d’aristocratie patinée de manières d’esthètes, intellectuelles et avant-gardistes. Car Roxy Music est tout sauf un groupe hésitant, leurs chansons sont riches d’arrangements variées et le sens de la composition est aigu, parfois presque théâtral (on frôle la musique progressive, alors représentée par Genesis et King Crimson, sur la Face B de « Country Life »), avec un grand sens de l’anti-conventionnel et de l’expérimentation (l’immense « Sentimental Fool » sur « Sirens »). C’est également surprenant de voir à quel point ils ont pu avoir de l’influence sur la scène musicale actuelle (Anthony And The Johnsons par exemple, si l’on se réfère à l’album « Sirens », top 3 également ou Chris Isaak si l’on approche « Flesh + Blood). Avec « Manifesto », le groupe suit de près les pérégrinations berlinoises de Bowie en réussissant le tour de force d’être encore plus consistant en matière de son et plus accessibles dans la construction des titres. Cet album de 1979 est aussi l’occasion de souligner le travail impressionnant de Gary Tibbs à la basse dont la présence au sein du groupe ne dura que le temps de cet album et de « Flesh + Blood », avant-dernier opus réussi tourné vers les années 80 et lorgnant vers le Talk Talk de « It’s My Life »qui sorti quatre ans plus tôt. « Avalon », qui marqua le chant du cygne des Ferry, Manzanera et Mackay, restera comme l’album du single éponyme. Moins pertinent, il scellera définitivement la carrière du crooner Bryan Ferry. Alors? On se jette sur ce fabuleux coffret (58 euros pour 8 titres, c’est mieux que du vilain mp3 mal compressé, non?).

2 Commentaires

  1. 19 septembre 2012 à 11 h 05 min · Répondre

    Super morceau! Ca me donne envie de me pencher sur leurs débuts – je connais bien Avalon que je trouve franchement bof.
    C’est encore les passages instrumentaux que je préfère chez Roxy Music, qui effectivement doit beaucoup au rock progressif, genre très à la mode dans les années 70, faut-il le rappeler. Et puis le rapprochement avec Bowie, bien sûr…

  2. 20 septembre 2012 à 7 h 02 min · Répondre

    Tu adorerais, j’en suis convaincu, notamment sur les 4 premiers albums !

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