Rone – Tohu Bohu (2012)

La french touch n’est pas toujours là où on l’attend. La musique électronique française faisant actuellement l’objet d’une exposition au Musée des Arts Décoratifs (focalisée sur l’axe graphique), il est intéressant de constater que les écuries Ed Banger ou Record Makers ne sont pas les uniques dénicheurs de beats ravageurs, de plages ambiantes ou de barbus gourous. Grand amateur de la sphère Nathan Fake, Boards Of Canada ou M83, les confins de la toile m’ont guidé vers Rone, un musicien électronique français qui sévit depuis quelques années sur le label Infiné. Adoubé par les plus grands (Massive Attack en tête), il s’est installé « logiquement » à Berlin, berceau de la techno minimale, pour concevoir « Tohu Bohu », un album cotonneux et aérien. Rone ne juge que par la synthèse et la progressivité de ses mélodies, inspirées et jamais éloignés d’un paradis perdu (« Tempelhof », « Parade »). La musique de Rone renvoie au rêve, à un espoir relativisé par l’évidente domination de la machine, un schéma sonore qui nous renvoie directement au cinéma d’Andrew Niccol (« Bienvenue à Gattaca ») ou à la folie palpable d’un Lars Von Trier (« Melancholia »). Mais nous sommes déjà loin, très loin dans le temps, et avant d’explorer les tréfonds de nos esprits chercheurs, laissons Rone s’emparer une quarantaine de minutes de l’espace sonore…

Extrait, « Parade »de l’album « Tohu Bohu » (Infine 2012)

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