Brandt, Brauer, Frick, Live @ Point Ephémère (Paris), vendredi 15 mars 2013

Brandt, Brauer, Frick, concert au Point Ephémère

Rencontrés juste avant leur prestation au Point Ephémère (Paris), les allemands de Brandt, Brauer, Frick ont réellement embrasé la petite scène jouxtant le canal Saint-Martin en ce vendredi verglacé parisien. Avec leur musique électronique atypique et leur agilité à enchaîner les rythmes big beat, le trio clame haut et fort son admiration pour la scène house nineties de Détroit et les embardées psychédéliques made in Manchester. Mais les réduire à ces deux mouvements serait trop réducteur. Avec la foi d’une maîtrise instrumentale pointue (piano, percussions…), ils offrent un apport savant de sonorités acoustiques et rendent ainsi leur projet très vivant et surtout différenciant de la scène électronique actuelle. Affairés en permanence à triturer les sons ou à enchaîner les rythmiques martiales (avec une vraie batterie sur tous les morceaux et un batteur au click), sans aucun temps mort, ils donnent une dimension supplémentaire à leurs titres avec Om’Mas Keith (producteur et musicien américain déjà présent en guest sur leur nouvel album « Miami ») au chant, au clavier et à la basse qui les accompagne sur toute leur tournée européenne. L’ambiance est celle d’une teuf confinée à un espace clôt où le public, bien que conquis, peine néanmoins à bouger, se contentant de scruter la scène et l’enthousiasme du groupe, hyperactif et concentré derrière ses instruments et ses machines. Pour ceux qui, comme moi, ont écouté « Miami » avant d’aller au concert, on constatera un certain décalage entre l’enregistrement et sa retranscription scénique, évidemment tournée vers un arrangement techno plus traditionnel mais réellement sophistiqué et parsemé de petites trouvailles sonores et vocales (l’apport d’Om’Mas Keith donne du relief et humanise les morceaux). Peut-être qu’un set parsemé de pauses planantes (« Miami Theme » ou « Miami Drift », visiblement pas jouées ce soir-là) auraient servies à relancer l’attention, par moment engluée dans une rythmique omniprésente et parfois trop récurrente. Mais a priori, ce soir-là, c’était du 150 à l’heure sur l’autobahn, n’en déplaise aux limitations de vitesse, inexistantes par-delà du Rhin.

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