Mélanie Pain + Beaty Heart @La Flèche d’Or, Vendredi 11 avril

Mélanie Pain

Beaty Heart ouvre le bal d’une soirée placée sous le signe de la pop bigarrée. Bigarrée, oui, avec ces anglais jouant dans la cour de Vampire Weekend sans pour autant opérer à une vulgaire décalcomanie sans intérêt. Car le trio se distingue par cette empreinte dans le territoire défriché auparavant par Paul Simon avec « Graceland », initiateur de la rencontre pop et la world music, et c’est là que les choses deviennent intéressantes, dans la jungle « Ryderienne » des Happy Mondays, éminent groupe mancunien 90′s. Les rythmes sont marqués et invitent clairement à danser, à la manière d’une mini Hacienda (sans les acides). Multi-instrumentistes et touche-à-tout manifestement doués, les Beaty Heart s’échangent les postes et parviennent à insuffler suffisamment de bonnes ondes pour entraîner le public parisien venu majoritairement voir l’un des secrets les mieux gardés de la pop française : Mélanie Pain.

Justement, il y a une recette Mélanie Pain comme il peut y avoir une recette Émilie Simon. Cette pop expérimente, défriche, sans pour autant tomber dans l’inaccessible. Elle m’évoque parfois (j’avoue je suis allé chercher loin) la dactylographie sonore de The Great Escape de Blur avec les petits solis de synthés parsemant les morceaux de touches analogiques insolites. La mixture est judicieuse et le trio parfaitement en place (chant/clavier, guitare/clavier, batterie/choeurs), résumant l’image de la famille (recomposée) idéale. Alternant l’anglais et le français avec des figures souples et synchronisées, Mélanie envisage ses chansons avec le souci de l’arrangement intelligent en évitant l’écueil du formatage radiophonique calibré pour plaire à la veuve, l’orphelin et le chaland du samedi après-midi chez Carrefour. Comme pour souligner ce plateau idéal, coïncidence ou pas, on notera l’excellent « Bye Bye Manchester » en guise d’amuse bouche.

Laisser un Commentaire