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Les nouveautés de la semaine #12

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10 ans après leur dernier album et 14 ans après leur immense tube (« America »), les Razorlight reviennent sans réelle surprise mais avec une certaine fougue. Entre les Libertines, les Strokes ou Franz Ferdinand, le groupe de Johnny Borrell avait réussi un beau (et mérité) hold-up dans les charts anglais avec « Up All Night » et son million de copies vendu. Après un hiatus d’une bonne décennie, les anglais semblent décidés à renouer avec les intentions et les marques de ses débuts soit un truc rock tranchant sans être révolutionnaire mais plutôt efficace. Alors après deux (religieuses) écoutes,  rien qui puisse réellement faire date dans l’histoire du rock, genre qui tend à s’épuiser (ou cherche encore son sauveur) mais qui détient toujours la clé de la rébellion. Certes, ce n’est pas « Olympus Sleeping » qui va mettre les anglais dehors (n’est pas The Smiths qui veut) et chasser définitivement les pro-Brexit, leur musique allant flirter (dangereusement?) avec le rock FM aux tendances pop déjà-entendu mille fois,  mais on retient quelques bonnes choses dont ce « Got To Let The Good Times Back Into Your Life » assez tranchant et résolu ou « Brighton Pier » avec ce côté  The Clash en mode mini moi. « Good Night », en seulement 1 minute 37, avec sa basse rageuse, semble être également promis à un certain engouement dans les clubs. Hormis le vilain « Carry Yourself » calculé pour la radio et la pub, l’album se tient bien et ravira toute une frange de fans de la première moitié des années 2000.

 

C’est pas le genre de la maison mais… LSD (Sia, Diplo, Labrinth) #1

Nouvelle rubrique qui va traiter de sons peu évoqués dans ces colonnes. Pour ouvrir le bal futuro-psychédélique initié par la chanteuse américaine au chandelier SIA, le chanteur anglais Labrinth et le producteur Diplo (Major Lazer), il fallait un titre catchy. On pouvait certainement compter sur ces pointures de la pop mondiale qui, sous la forme d’un supergroupe nommé LSD (leurs initiales… facile en fait), planchent sur un premier album qui allient à la perfection les sonorités du moment : chanson pop efficace, melting pot d’instruments traditionnels (guitare, basse et batterie façon rythmique soul) et effets bien dans notre époque (autotune, effets vocaux…), un ensemble que l’on retrouve dans le single « Thunderclouds » qui n’est pas sans rappeler la production du dernier album du plus provençal des groupes français M83 (« Junk ») sorti en 2016 ou celui de Miley Cyrus avec ses dead petz supervisé par les deux géniaux dingues Wayne Coyne (The Flaming Lips) et Ariel Pink. Alors, LSD? Pas le genre de la maison mais… on y goûte volontiers.

 

Les nouveautés de la semaine #11

Ce n’est pas vraiment une nouveauté mais, en ce matin glacial et vivifiant, ce morceau des Dead South sonne particulièrement neuf (et chaleureux). Certes, c’est de la country, un genre musical qui a bien vécu entre les années 20 et les années 90 où l’on pouvait la croiser avec le… punk. Alors qui est ce combo tout droit sorti des 4 filles du Docteur March? On sait juste, de source Wikipédia, qu’ils sont canadiens, qu’ils sont cinq et que le banjo tient une bonne place dans l’orchestre. Avec leur premier album « Good Company » sorti en 2014, ils ont crée l’adhésion sur Youtube avec « In Hell I’ll Be In Good Company » où le nombre de « vues » avoisine les 80 millions. Une belle communauté de mormons, n’est-ce pas? Ça fleure bon l’Amérique du terroir et les chorégraphies au coin du feu.

 

Les nouveautés de la semaine #10

Comment qualifier la musique de Cosmo Sheldrake sans évoquer une filiation avec l’univers de l’américain Beirut ou la patte d’Owen Pallett (Arcade Fire, Final Fantasy) ?  Une pop baroque? On ne peut l’affirmer catégoriquement car, au-delà de l’orchestre, point d’extravagance dans ses compositions. Le multi instrumentiste londonien offre une sorte de seconde jeunesse à des instruments que l’on imagine davantage dans une fanfare qu’associés à des chansons disons de « classic pop ». Son premier album s’intitule « The Much Much How How And I » et il dépeint avec un sens aiguisé de l’absurde des paysages qui n’auraient pas dépareillés chez Alice, dans son pays des merveilles. Il me rappelle également les heures passés à écouter la K7 de Pierre et le Loup lorsque j’étais enfant… Prokofiev tout de même ! Choisir un titre parmi ces 14 pièces ne fut pas un exercice facile, non pas qu’il y ait autant de chefs d’oeuvre mais il y a eu quelques hésitations. Alors, je vais privilégier une sorte de spontanéité avec le premier titre de ce bel album : « Linger Longer ».

 

Les classiques de la semaine (et qui tuent) #2

David Bowie, presque 3 ans après sa disparition (déjà…), revient avec le coffret « Loving The Alien » regroupant sa période discographique de 1983 à 1988. Une petite réécoute de l’album « Let’s Dance », seul album incontournable de la décennie eighties du Thin White Duke avec le génial « Scary Monsters » sorti en 80, est donc lancée sans perte mais avec fracas, considérant un volume acceptable pour apprécier le travail calibré « funky hits » du maestro Nile Rodgers à la production. Hormis le hit « Let’s Dance » qui installe Bowie dans les stades, les clubs et lui assure une retraite dorée, « China Girl » écrit avec Iggy (qui dispose également de sa version) et « Modern Love » qui ouvre l’album, on retrouve ce titre, « Criminal World », échappé de la discographie du groupe Metro, en guise de réjouissance. Tout y est succulent, de la ligne de basse de Carmine Rojas, ossature en mode patron XXL, en passant par la voix de Bowie, enjôleuse, susurrant les couplets comme s’il se confiait sur la préparation d’un plan diabolique, jusqu’à l’apparition de Stevie Ray Vaughan en majesté, serial killer de la guitare, qui exécute sa partie bluesy sous amphétamine et fait s’envoler le morceau. Paraît-il que le loustic serait resté 2 heures en studio pour enregistrer la totalité des solos de l’album… Le monstre !  Alors, faut-il revoir son appréciation sur cette soit-disant décennie sèche du grand David? Le Major Tom avait-il déserté le terrain de l’inspiration? Les 2-3 albums qui ont suivi ne représente aucun réel intérêt, en revanche, « Let’s Dance » se tient admirablement bien avec ses 8 pièces d’expression. On aime, on réécoute, en boucle !

 

 

Les nouveautés de la semaine #9

Passé à la trappe de la patrie du gaulois réfractaire, The Coral n’en demeure pas moins une des (nombreuses) institutions musicales d’Outre Manche. Dans l’ombre des Oasis, Blur et consorts, les liverpuldiens (déjà, ça commence bien) publient 3  à 4 albums par décennie depuis 2002 et, la plupart du temps, c’est dans le mille. Alors, certes, ils n’ont pas publié  un « Wonderwall », un « Song 2 » ou un « Alright (Supergrass) », un hit single qui aurait pu les propulser à l’international. Ils n’ont pas eu le « lifestyle » sex, drug & rock’n’roll de Peter Doherty  des Libertines et n’ont pas relancé le rock au début des années 2000. Mais l’essentiel est-il là? Avec « Move Through The Dawn (2018) », un huitième album dans la pure tradition d’une pop anglaise des campagnes et des pubs, ils ressortent leurs gammes 60’s tout en évitant l’écueil de la redite mélodique. Aidé par une voix singulière, James Skelly a une petite méthode de composition que beaucoup pourraient lui envier et la patte sonore du groupe l’ancre dans un ensemble solide, orienté « guitar group revival » avec un soupçon de soul. La chanson « Undercover Of The Night » (les Stones en début de déconfiture avait sorti un morceau au même titre en 1983 sur le dispensable « Undercover »)  montre l’étendue d’un talent confirmé et destiné à ne pas se laisser corrompre par le tout numérique et l’emphase electro pop, miroir aux alouettes de la réussite made in 2010’s. On aime, on suit.

 

Les classiques de la semaine (et qui tuent) #1

Ce morceau me donne envie de pleurer. « The Straight And The Narrow » est le chant du cygne de la britpop, ou plutôt, la pierre angulaire d’une ultime commémoration. Car Pulp a déjà fait le boulot, trois ans auparavant, avec l’épique et merveilleux « This Is Hardcore » . Et puis, il me rappelle ma première année à Paris, vierge de pollution, de stress et d’explosions rock’n’rolliennes (presque)… Une période bénite, en somme. C’était fin 2003 ou début 2004, Spiritualized venait jouer le très garage « Amazing Grace » à la Maroquinerie, petit scène parisienne de toutes les claques sonores (Beta Band, Kula Shaker, Nada Surf, etc) chères à la fin des années 90. Je me souviens encore de Jason Pierce, assis sur chaise, avec sa Stratocaster et un monticule de pédales d’effet. Assis aux premières loges, j’assistais alors à un déluge sonore de toute beauté mais passons… « The Straight And The Narrow » me donne toujours envie de pleurer et, à chaque fois, j’ai besoin de l’écouter trois ou quatre fois pour que l’immersion soit totale. La plénitude, quoi. Cette ballade, pas au sens cliché du terme, convoque le religieux (« The trouble with the straight and the narrow Is it’s so thin, I keep sliding off to the side, And the devil makes good use of these hands of mine ») et, avec une évidence presque arrogante, va chercher la beauté absolue dans l’arrangement et l’orchestration. Jason Pierce est une sorte de génie, caché des lieux communs, en mission depuis 25 ans avec Spiritualized, son inusable et splendide navire qui, d’après ses dires, devrait se poser pour l’éternité. Doit-on s’en lamenter? Probablement pas. Avec « Let It Come Down », « Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space » et « Amazing Grace », il tient une trilogie définitive que l’on pourra écouter en boucle, toujours, qu’importe, que le rock soit une pièce de musée, fossilisé à tout jamais (ce qui n’arrivera pas, n’est-ce pas?) ou flottant dans une constellation. Amen.

 

Les nouveautés de la semaine #8

Aujourd’hui est sorti le nouvel album de Tahiti 80, THE (seul) groupe de pop français actuel qui parvient à mêler french touch, langue de Shakespeare et pop music. Vous m’direz, y’a Phoenix… Vous avez raison. Mais Phoenix n’a plus vraiment besoin de promo, les Grammy et les tournées mondiales ayant réussi à imposer le groupe de Thomas Mars comme incontournable de la pop mondiale raffinée (j’insiste sur cet adjectif, pop étant un terme fourre tout où Rihanna, Coldplay, Bruno Mars et un paquet d’autres côtoient des MGMT, Tame Impala et autres Foster The People). Revenons à Tahiti 8O. Le groupe de Rouen sévit maintenant depuis 20 ans, a rencontré un succès colossal au Japon mais parvient vaguement à s’imposer en Europe ou aux États-Unis. Vache ! Oui, vache, car dans leur discographie, on compte 8 albums de haute volée qui transpirent leur amour pour la pop 60’s, la soul et la musique électronique des années 80. Ce nouvel album, The Sunshine Beat Vol.1, est un sacré condensé du savoir-faire de Xavier Boyer (leader, chanteur et songwriter) et sa bande, mariant très bonnes chansons (dont la Kinksienne et savoureuse « Sound Museum » ) et arrangements fins, toujours biens sentis. Le petit rappel à l’effet vocal du « Fame » de Bowie est un hommage délicat au Thin White Duke qui nous manque chaque jour un peu plus (« Wonderboy »)… La Pet Shop (Boys) intro de « Hurts » est aussi délicieuse que la voix de ce bon vieux Neil Tennant, tiens !  Que dire de plus? Tahiti 80 est un groupe formidable. Oui, Tahiti 80 a compris mieux que quiconque ce qu’est l’essence de la pop en 2018. Oui. Tahiti 80 est un groupe qui mériterait… Plus. Au minimum de s’envoler dans tous les écouteurs bluetooth des kids.  C’est pour cela que l’on attend des Sunshine Beat, en Vol.2, 3, 4… Pour encore 20 ans !

 

Les nouveautés de la semaine #7

La première fois que j’ai entendu la voix de Tom Baxter, c’était il y a pile 10 ans, avec l’album « Skybound ». Pour être honnête, à l’époque, je n’ai pas trop insisté, probablement concentré sur autre chose. Et puis là, en fouinant sur Deezer, je tombe sur « The Other Side Of Blue » avec sa couverture bleue. Sans grande conviction au départ, j’y ai pourtant découvert 12 perles de musique folk, au minimalisme absolu (une voix et une guitare ou une voix et un piano) avec une tendance à la mélancolie contagieuse. Rien de dépressif, juste du beau, des chansons simples, certes qui ne vont pas révolutionner le songwriting (on a déjà fait le tour en terme de progression d’accords) mais qui font du bien et qui donnent parfois la chair de poule (« Cold », « The Other Side Of Blue »). À l’heure où l’on mixe et remixe les genres musicaux à grands renforts de prod ampoulées, ces intimes confidences de Tom Baxter arrivent à point nommé pour l’arrivée (tardive) de l’automne.

 

 

Les nouveautés de la semaine #6

Tout commence par l’intermédiaire d’un conseil de Mister Deezer. Ce qui n’est pas le cas habituellement, on peut le préciser… Car les « flows » ou suggestions des plateformes de streaming rendent fainéants, soyons honnêtes. Chez Ohmwork, on préfère nettement fouiner chez les disquaires, lire la presse spécialisée ou se faire guider par un ami connaisseur qui fréquente assidument les Soundcloud, Bandcamp et consorts à la recherche de la dernière pépite prog rock. Non, faut pas abuser quand même…  Peu importe, en 2018, tous les moyens sont bons pour choper le gros son, la rareté ou le prochain truc « in ». L’envie d’appuyer sur « play » dépend parfois du visuel de la pochette. J’ai craqué pour l’artwork floral de Maribou State qui me rappelait subitement celui de Phoenix pour son « Bankrupt » sorti en 2013. Dites-le avec des fleurs, quoi… Musicalement, on est dans une forme d’électro assez versatile, flirtant avec le jazz, la musique downtempo tout en restant, dans la construction, très pop. C’est le morceau « Turnmills » et son riff de basse entêtant qui m’a fait tomber dans la marmite des anglais. Amis de l’éclectisme subtil et « chill », vous allez vous régaler avec ce « Kingdom Of Colors » !