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Iceland Airwaves Festival, Jeudi 31 octobre

Reykjavik

Iceland Airwaves Festival 2013

Deuxième jour de festival, entre des déambulations dans les rues de Reykjavik et un programme bien ficelé dans la très réussie application dédiée au festival. Le temps est ensoleillé et l’ambiance dans la ville toujours aussi propice à l’euphorie.

Première halte au Koffin Café, un peu au hasard dans le off-venue, le groupe islandais My Brother Is Pale, sorte de Muse ressuscité façon Showbiz. Parfaitement comprise, la règle instaurée par Matthew Bellamy continue de faire des petits. Sans surprendre, le groupe réussit parfois à toucher, grâce à une excellente maîtrise de l’instrument mais peine à s’extirper du mimétisme Muse ou Kings Of Leon. L’avant dernière chanson, dont je ne connais le nom, s’avère plus ambitieuse avec une touche electro plutôt bienvenue malgré un lyrisme (trop) exacerbé.

Original Melody

Original Melody @Gamli Gaukurin

Ces gars la n’ont pas l’air de rappeurs, plutôt de bûcherons ou d’étudiants en lettres modernes (en fin de cycle, précisons, et avec quelques années d’endormissement) mais l’habit ne fait pas le MC et ces trois là maîtrisent l’art du flow et leurs solides références old school façon hip-hop 90′s. Des guests (un sax et une chanteuse) accompagneront l’ensemble pour le saupoudrage sexy et la clôture sur un choeur improvisé de potes présents dans la salle… Super instrus et sens du show viendront convaincre le public, captif et sensible au head banging. Bonne pioche d’autant que les lascars n’avaient pas foulé la scène depuis 3 ans !

Tempel

Tempel @Gamla Bíó 

Les quatre suédois nous ramènent vers Mogwaï et un post rock où les guitares tapissent le spectre sonore d’effets et saturations denses. Parfois, on se prend à cette atmosphère qui révèle quelques moments planants, parfaits pour s’approprier les paysages lunaires que dessinent le groupe. La bande originale de film n’est jamais loin et la communion s’apparente à un vaste banquet où tout le monde serait tenu au silence ou à l’explosion. Au choix.

Samaris

Samaris @Gamla Bíó 

Peu enclin à bouger et préférant observer un moment de repos dans cette ancienne salle de cinéma au charme typique, nous attendons  Samaris et son imagerie singulière. Ce combo étrange combine une sorte d’electronica et de musique down tempo nous ramenant vers Björk (le chant est un marqueur évident) sans pour autant retrouver l’exceptionnelle force émotionnelle résidant dans la voix de la légende islandaise. Les instrumentaux sont plutôt bien ficelés et les sons intéressant mais on parvient difficilement à s’accrocher à quelque chose. Chose plutôt curieuse, la clarinettiste au jeu difficilement discernable n’apporte pas grand chose… Un bon potentiel néanmoins pour un groupe qui a déjà obtenu quelques récompenses locales.

Jagwar Ma

Jagwar Ma @Reykjavik Art Museum

Ou comment envoyer la sauce rock sans batterie? À l’évidence, la formule trio guitare voix, basse et machines fonctionne à merveille. Les australiens ressortent clairement la veille recette de leurs aînés (The Music, BRMC…) mais parviennent à insuffler ce qu’il faut de neuf pour ne pas tomber dans la redite. Du neuf, oui, avec cette sauce dancefloor qu’apprécierait sans doute Shaun Ryder en bon patron de l’amphet rock et des happy mondays. Serait-ce la formule d’un rock futuriste où le sacro saint basse batterie guitare chant serait définitivement relayé au rang d’objet de musée ou de relique préhistorique ? N’allons pas trop vite en besogne. Jagwar Ma a clairement identifié un potentiel et a probablement saisi quelque chose qui échappe sans doute à la scène rock actuelle. L’envie de tuer le père, de définitivement clore le chapitre 70´s en s’appropriant une nouvelle façon de traiter ses chansons. Minuit et quelques, on finit ce second jour de festival avec déjà l’envie d’en découdre demain. Big programmation en vue !

Iceland Airwaves Festival, Mercredi 30 octobre

Iceland

Iceland Airwaves Festival 2013

La 15ème édition de l’Iceland Airwaves Festival s’annonce sous les meilleurs auspices avec un temps froid, certes (nous sommes à 300 kilomètres du Groenland, rappelons-le), mais dépourvu de tout branle-bas de combat climatique. Pas de tempête, ni de déluge en prévision, nous commençons à arpenter les rues Reykjavik, la petite capitale insulaire de 120 000 âmes, en découvrant ça et là, la qualité de vie de l’Islandais qui vit en osmose avec la musique. Les magasins de disques sont légion et offrent au mélomane une caverne d’Ali Baba où les rangées de vinyles s’étendent et où l’espace donne l’opportunité aux musiciens d’offrir de belles prestations acoustiques dans un cadre juste parfait (festival off-venue). Nous aurons l’occasion de tomber sous le charme de Hanna Lees, une jeune américaine qui chante à la manière d’Alela Diane, avec sa guitare acoustique entourée de vêtements, pantoufles et pulls islandais (les fameux !). Le folk s’imbibe dans le magasin &PO pendant que l’on imagine déjà l’effervescence gagnant progressivement la ville. Les artistes gagnent les rues, du petit bar du coin jusqu’à la salle prestigieuse, en passant par la boutique de fringues hipster. D’ailleurs, il n’est pas rare de les croiser dans la rue, avec leur guitare en bandoulière, allant à leur prochain gig, toujours à la recherche d’un nouveau public. Notre programme est bouclé, entre artistes internationaux et pépites locales mais il est plutôt réjouissant de savoir que nous pouvons tomber à tout moment sur un nouveau talent qui sera peut-être le Sigur Rós de demain… Première sensation forte prévue au programme, Agent Fresco et son rock alternatif combinant pop songs efficaces et métal décoiffant. Une excellente entrée en matière dans le « lourd » de la programmation du Airwaves. À cinq minutes à pied, nous rejoignons le Harpa Center, l’immense centre culturel islandais avec son architecture contemporaine impressionnante. Nous retrouvons Bloodgroup, une sorte d’OVNI pas vraiment abouti, mélangeant une sorte d’emo rock et de trip-hop façon Archive. Pas réellement convaincant, nous quittons les lieux avant de retrouver l’immense Emiliana Torrini, une des fiertés de la nation avec Björk, et sa voix envoutante. Depuis plus de dix ans, elle parcourt le monde avec des chansons gracieuses qui sont parvenues à lui apporter une notoriété mondiale, répandant ainsi la bonne parole insulaire. Belle entrée en matière avant d’attaquer le deuxième jour où les concerts démarrent très tôt, un peu partout… A demain pour la daily review !

Brandt, Brauer, Frick, Live @ Point Ephémère (Paris), vendredi 15 mars 2013

Brandt, Brauer, Frick, concert au Point Ephémère

Rencontrés juste avant leur prestation au Point Ephémère (Paris), les allemands de Brandt, Brauer, Frick ont réellement embrasé la petite scène jouxtant le canal Saint-Martin en ce vendredi verglacé parisien. Avec leur musique électronique atypique et leur agilité à enchaîner les rythmes big beat, le trio clame haut et fort son admiration pour la scène house nineties de Détroit et les embardées psychédéliques made in Manchester. Mais les réduire à ces deux mouvements serait trop réducteur. Avec la foi d’une maîtrise instrumentale pointue (piano, percussions…), ils offrent un apport savant de sonorités acoustiques et rendent ainsi leur projet très vivant et surtout différenciant de la scène électronique actuelle. Affairés en permanence à triturer les sons ou à enchaîner les rythmiques martiales (avec une vraie batterie sur tous les morceaux et un batteur au click), sans aucun temps mort, ils donnent une dimension supplémentaire à leurs titres avec Om’Mas Keith (producteur et musicien américain déjà présent en guest sur leur nouvel album « Miami ») au chant, au clavier et à la basse qui les accompagne sur toute leur tournée européenne. L’ambiance est celle d’une teuf confinée à un espace clôt où le public, bien que conquis, peine néanmoins à bouger, se contentant de scruter la scène et l’enthousiasme du groupe, hyperactif et concentré derrière ses instruments et ses machines. Pour ceux qui, comme moi, ont écouté « Miami » avant d’aller au concert, on constatera un certain décalage entre l’enregistrement et sa retranscription scénique, évidemment tournée vers un arrangement techno plus traditionnel mais réellement sophistiqué et parsemé de petites trouvailles sonores et vocales (l’apport d’Om’Mas Keith donne du relief et humanise les morceaux). Peut-être qu’un set parsemé de pauses planantes (« Miami Theme » ou « Miami Drift », visiblement pas jouées ce soir-là) auraient servies à relancer l’attention, par moment engluée dans une rythmique omniprésente et parfois trop récurrente. Mais a priori, ce soir-là, c’était du 150 à l’heure sur l’autobahn, n’en déplaise aux limitations de vitesse, inexistantes par-delà du Rhin.