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Le synthétiseur

Michel_Magne

Mis en lumière dans les années 60 avec le célèbre Moog et surexploité dans les années 80 avec la synthpop et la new wave, cette vidéo de 1978 tirée des archives de l’INA et proposée par TF1 nous présente le synthétiseur. Comme le dit Michel Magne (1930-1984), l’instrument peut être « aussi chaud qu’un violoncelle, il suffit d’avoir le coeur pour le jouer et l’âme pour le comprendre ». Le compositeur français nous présente ce monde nouveau (nous sommes à la fin des années 70) avec une passion communicative et relève l’aspect instinctif de la musique synthétique, une musique tournée vers les jeunes et… le rêve. Ces treize minutes « pédagogiques » où l’on entend des sonorités lorgnant vers l’axe floydien des débuts et la fantaisie pop façon Fantomas (ndlr. Michel Magne est le compositeur de la mythique trilogie d’André Hunebelle) nous ramènent à la préhistoire de la musique numérique lorsque la synthèse relevait de l’analogique. Un document exceptionnel à dévorer !

La fabrication d’un tube disco

 

Telex

Nous sommes à la fin des années soixante-dix, le punk et la musique disco, bien que très logiquement opposés, cohabitent dans l’underground du rock et sur les pistes de danse. Alors que les Cerrone, Donna Summer, Abba (et j’en passe) s’imposent dans les charts, le groupe belge Telex sort « Moscow Diskow » (1978), le tube disco qui leur ouvre les portes d’une forte notoriété  à l’étranger. Sur le même schéma que Kraftwerk, ils utilisent exclusivement des synthétiseurs et des boîtes à rythmes pour élaborer leur musique. A l’époque, on imagine bien la stupéfaction du public face à ces étranges personnages et ses sonorités futuristes… Laborantins du son et de la synthèse, Marc Moulin et Dan Lacksman nous expliquent comment ils ont fabriqué cette « synthpop » atypique et loufoque, depuis leur studio où les machines à synthèse modulaire pullulent…

Le disque vinyle continue de voir ses ventes progresser

Le disque vinyle continue de voir ses ventes progresser

Nous sommes encore loin des ventes du support physique roi (bientôt déchu?), le fameux Compact Disc, représentant deux décennies (les années 80 et 90) d’une industrie alors prospère et bardée de strass, paillettes et autres extravagances. Les majors, dans leur cocon protecteur, étaient encore loin de s’imaginer la grande débâcle des années 00 qui vit s’amonceler les plans sociaux et proliférer la sinistrose. Ce vingt-et-unième, responsable de l’avènement du Mp3 et de la dématérialisation progressive de la musique, marque néanmoins un retour, certes mesuré, du support mythique : Le disque vinyle. Car bien que très faiblement représenté sur l’ensemble du marché (il représente 1,3% de parts de marché), le disque microsillon retient l’attention des DJs, des collectionneurs et des mélomanes, soucieux de la qualité du son et d’une certaine façon d’appréhender la musique (a way of life?), oeuvre totale mariant le son et l’image (avec l’identité graphique représentée par la pochette). Alors puisque l’on savoure cette nouvelle, immédiatement nous vient à l’esprit le travail de Jack White par l’intermédiaire de son label « Third Man Records » visant à promouvoir le support et ses qualités (rééditions spéciales, 45t, bonus, séries limitées…). Alors écoutons ce « I’m Shaking » du maestro et espérons que ce ne soit qu’un début  !

Peugeot Design Lab pour Pleyel

Découvert mardi 20 novembre lors de la soirée des Arts And Business Club dédiée consacrée au design, le nouveau piano Pleyel est un bouleversement dans le design de l’instrument roi et son utilisation. Les règles de fabrication ont été bousculées et Peugeot Design Lab a sur relever un challenge particulièrement corsé, à savoir respecter l’exigence des puristes du son et apporter une touche d’avant-garde au design du piano dont les derniers brevets ont été déposé en… 1906.
Futuriste, épuré et lorgnant vers un Phantom Of The Paradise du XXIIème siècle, ma première réaction fut mitigée, imaginant difficilement l’objet dans le contexte d’un orchestre, sur scène, côtoyant le classicisme et le bois vernis d’un violoncelle. Ensuite, j’ai dû laisser cet excès de « traditionalisme » de côté et revoir mon jugement. Considérant l’aspect innovant et l’ingénierie des équipes qui ont contribué à briser les codes de l’instrument à cordes frappées instaurant une esthétique racée et une ergonomie  pour le moins novatrice. La vraie surprise vient du rendu sonore, l’exigence majeure de Pleyel : un son subtil, coloré, puissant dans les graves et scintillant dans les aigus, harmonisé sur le timbre. Et conserver le toucher initial.
Revisiter le piano, s’engager dans l’avenir et imaginer un nouveau rapport artiste/public, c’est aussi l’immense innovation émanant des studios de Peugeot Design Lab. En effet, pour la première fois dans l’histoire, le public voit l’artiste jouer depuis n’importe quel angle de vue. Cela met en valeur les mains du pianiste et crée une interaction plus grande avec le public. En outre, le mécanisme abaissé n’entrave plus la projection sonore qui devient par conséquent immédiate. Approuvé par des pianistes de renom, ce piano pourrait bien trouver sa place sur scène et s’échapper de la simple idée de concept.

Synthétiseur joystick pour geek


L
égèreté, geekerie et synthèse sont les maîtres mots d’un vendredi ensoleillé. Pourvu que cela dure mais n’y comptons pas trop tout de même… Pianocade plaira à tous les gamers et les affranchis du bulbe chiptuné. Mais pas seulement, les musiciens amateurs de synthétiseurs monophoniques (oui, vous savez ce bon vieux Korg MS10 à faire réviser…) et obsessionnels de l’Objet y trouveront un intérêt certain. Mélanger nostalgie de la borne d’arcade et sonorités à la Mario Bros, cette petite pièce originale et ingénieuse le fait, avec en plus, la possibilité de la synchroniser en midi… Démonstration.

De la musique dans le stéthoscope

A la question « Un bac de recyclage peut-il flatter autre chose que notre conscience écologique et citoyenne ? », la troupe Décor Sonore répond oui avec sa dernière création, Urbaphonix. Et c’est à nos oreilles qu’elle s’adresse. Cet ensemble de musiciens / performers / acrobates (car oui, il y a parfois de la cascade), dirigé par Michel Risse, transforme en effet tout ce qui lui passe par la main en instrument de musique improvisé. Et quel meilleur terrain d’expérimentation que notre environnement urbain quotidien ? Sous les doigts agiles de nos hôtes, et grâce à des petites merveilles technologiques évoquées il y a quelques temps dans ces pages, les roues de vélo deviennent des harpes, les fermetures éclair permettent de scratcher comme sur une bonne vieille MKII, puis l’instant d’après se muent en cuicas, le portail de l’immeuble sonne comme un vibraphone et le garde-corps du balcon de la voisine du premier, dont les géraniums n’en demandaient pas tant, se transforme en une basse au son saturé qui ferait pâlir de honte le plus hardcore des métalleux. Muets tels des mimes, l’oreille toujours tendue à la recherche de nouvelles surfaces à faire vibrer, les membres de Décor Sonore ne font que passer, donnant à l’assemblée qui les accompagne pour un temps, et aux badauds qui ont la chance de croiser leur chemin,  en  une étonnante illustration du précepte de John Cage : « Si un son vous dérange, écoutez le. » … Et de s’en aller comme il sont venus, sans un bruit, rendant à leurs instruments d’un instant leur fonction première, et laissant la rue retrouver son calme. Nos oreilles, elles, résonnent en revanche toujours de leurs facéties musicales.

Le musée des sons menacés

 

Et si nous devions anticiper la disparition des sons, une espèce à sauvegarder autant que les images, toujours propices à réveiller en nous une émotion, un souvenir, une forme de mélancolie ou de nostalgie liées à l’enfance, à l’adolescence ou je ne sais quel parcours si propre à chacun d’entre nous. L’idée du Museum of Endangered Sounds ou Musée des Sons Menacés vient de l’esprit conservateur (pas le mouvement politique, hein!) et archiviste de Brendan Chilcutt, un geek plutôt éclairé, déterminé à ne pas laisser mourir certains sonorités légendaires.
Ce musée, représenté par une plateforme, met à disposition des sons risquant de disparaître. Ce sont des sons encore récents mais qui n’existent plus au quotidien depuis quelques temps: celui du logiciel Windows qui se met en route sur un PC des années 90, celui du jeu Tetris, avec les cubes qui s’emboîtent, sur Game Boy, ou le son d’un téléphone à cadra avec son disque rotatif et sa butée de métal. Notre Brendan se donne jusqu’en 2015 pour répertorier un maximum de sons en danger. En attendant, tout en suivant sa fouille méticuleuse, terminons par une interrogation de l’auteur :
«Quand le monde entier aura adopté des appareils aux interfaces tactiles lisses et silencieuses, vers quoi nous tournerons-nous pour entendre le son de doigts tapant un clavier Qwerty?»
 
Découvrir le Musée des Sons menacés ici.


Mogees, le microphone multi-surface

Imaginé par Bruno Zamborlin, le Mogees est un microphone pas comme les autres, il permet de transformer n’importe quelle surface en un instrument de musique sous forme d’un « tableau interactif ». Vous pouvez l’attacher à un arbre, à un miroir, sur du verre ou même un ballon pour obtenir une sonorité ou une texture bien définie (par exemple, sur un tronc d’arbre, le son émis est plus profond et creux, tandis que sur une fenêtre, il est plus aigu et retentit différemment). Les changements sonores se font en fonction des gestes, des mouvements de doigts et du toucher. En ce qui me concerne, en tant que batteur de voiture (oui le tableau de bord…) ou de table (à peu près les deux seuls domaines où j’exerce la percussion), c’est une absolue révolution et un pur bonheur ! Une question. Quand sera-t-il disponible à la vente?

En savoir plus sur Mogees ici (techniques et caractéristiques).

Mogees – Gesture recognition with contact-microphones from bruno zamborlin on Vimeo.

La Maison Sonore

Toujours aussi pertinent, le site Arte Creative nous a livré un très chouette film d’animation,« La Maison Sonore », réalisé par Jonatan Schwenk. L’idée part de la recherche d’une mélodie qui changerait la vie des habitants, en proie aux bruits quotidiens, ici exacerbés et rendus agressifs. Cette mélodie viendra d’un accordéon, des notes simples venant rompre avec une monotonie et un environnement sonore pollué par les inévitables témoins de nos mouvements quotidiens. Une façon poétique d’envisager un week-end paisible où la musique viendrait couvrir la pression d’une semaine épuisante.

 

Découvrir l’artiste Jonatan Schwenk ici.

Les traces sonores de Teufelsberg

Colline artificielle avec une histoire hors du commun (elle a été érigée par les Alliés après la Seconde Guerre Mondiale avec les gravats de Berlin pendant les vingt années de reconstruction de la ville), la station Teufelsberg (« la montagne du diable ») vient de faire l’objet d’une expérience inédite, à savoir un travail d’enregistrement de sons pour capter l’extraordinaire réverbération du lieu. Réalisée par un certain Richard Devine avec un simple enregistreur stéréo (Zoom H4), il dit s’être servi de différents matériaux comme le verre ou le bois. L’impact de ces matériaux offrent une réverbération naturelle, longue, profonde qui ne manque pas de nous évoquer le sound design de films d’anticipation où le néant côtoie le mystérieux. Décidément, Berlin n’en finit pas d’être le miroir parfait, le laboratoire dirais-je, d’une culture mystique, inspirante et ouvrant délibérément ses bras à l’art contemporain transcendé par l’Histoire.

Découvrir l’histoire de la station Teufelsberg ici.

Ecouter les extraits d’enregistrements de Richard Devine :