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Un Voyage à Travers le Son

Jean-Michel Jarre

Après un silence radio de plusieurs années, Jean-Michel Jarre a retrouvé le chemin des studios, avec l’album « Electronica 1 : The Time Machine » prévu pour le 16 octobre 2015 (voir le trailer ici). Le compositeur continue d’explorer la musique électronique collaborant, pour ce nouveau projet, avec un nombre impressionnant d’artistes sur un spectre allant des années 70-80 (Pete Townshend des Who, Vince Clark, John Carpenter, Tangerine Dream…) jusqu’à notre époque, convoquant quelques piliers de l’électro internationale (3D de Massive Attack, Air, Moby, Boyze Noise, M83, Sébastien Tellier…). Il revient sur sa pièce maîtresse,  »Oxygène », album phare de la musique électronique moderne et énorme succès mondial (vendu à plus de 18 millions d’exemplaires) et livre ses souvenirs, la genèse de ses productions live monumentales, son déplacement en Chine et à Houston pour les 150 ans de la ville et les 25 ans de la NASA (pour l’occasion, il a composé le dernier morceau de son album « Rendez Vous » pour être joué dans la navette Challenger). Cette magie éphémère, comme il le souligne, s’ajoute au désir d’explorer de nouvelles manières de créer de la musique, utilisant des instruments de musique atypiques (la harpe laser par exemple) et considérant la forme ludique que peut revêtir celle-ci (la haute dimension du multimédia présente dans ses oeuvres). Le documentaire d’Arte touche un sommet lorsqu’il évoque son père, Maurice Jarre, monstre sacré de la musique de films (sa relation, distante mais respectueuse avec ce géniteur, absent, du fait d’une carrière mirifique à Hollywood), sa rencontre avec Pete Townshend (quel plaisir de le revoir bousculer sa Telecaster, avec cette rythmique si caractéristique, nous ramenant aux grandes années soixante, rageuses, celles des Who et du rock façon mods) ou Gary Numan, précurseur du rock indus et faiseur de tubes synth pop (« Cars », « Me! I Disconnect »). Le compositeur se raconte, au fil du temps, avec Charlotte Rampling, probablement sa Muse, celle de la décennie fondatrice de sa carrière dès l’entame de ce qui allait devenir son oeuvre ultime, « Oxygène ». À visionner jusqu’au 19 octobre prochain sur Arte TV.

 

Lo-Fang – Look Away (2014)

Lo-Fang_Blue Film (2014)

Au grès de déambulations nocturnes sur les plateformes de streaming s’échappent parfois quelques jolis moments de pureté, de grâce et de simplicité qui finissent par tourner en boucle. Aujourd’hui, c’est la musique d’un dénommé Lo-Fang, jeune californien proposant une folk à cheval entre Anthony & The Johnsons ou David Kitt. Mais il est difficile d’être hyper catégorique sur les références… Parfois on jurerait entendre le timbre de Lightburn Murray (The Dears) quand tout à coup d’échappent des rythmes électroniques dubstep parfaitement ancrés dans l’époque (Y voir le fantôme de James Blake?). Sorti fin février sur l’excellent label 4AD, l’album « Blue Film » est très réussi, surprenant parfois et révélant des hits indés, en témoigne le céleste « Look Away ».

Twenty Feet From Stardom (2013)

Twenty-Feet-From-Stardom-Documentaire

Tout juste auréolé de l’Oscar du Meilleur Documentaire, le film « Twenty Feet From Stardom » s’est penché sur le métier de choriste, trop souvent occulté au profit du vedettariat certes évident des acteurs principaux (chanteurs, musiciens…). A travers le portrait de la crème des choristes américaines (dont l’extraordinaire Lisa Fischer, choriste attitrée des Rolling Stones depuis la tournée Voodoo Lounge de 1995), le documentaire s’attache à rétablir une vérité : sans ces voix exceptionnelles, quelques unes des plus grandes chansons rock, soul ou pop ne seraient probablement pas aussi réussies. De Ray Charles aux Stones en passant par Sting ou Bruce Springsteen, tous s’accordent à rendre hommage à ces grandes voix qui, malgré ce don miraculeux, ne parvinrent pas à s’imposer en tant qu’artistes « solos ». Encartée « choristes », peu réussirent à gravir les marches de la célébrité avec leur propre univers, leurs propres chansons… Mais, ce qu’il reste à travers l’histoire mise en scène par Morgan Neville, c’est une décharge émotionnelle d’une incroyable intensité servie par des voix et des personnalités exceptionnelles. En traçant leurs parcours respectifs, Darlene Love, Merri Clayton, Claudia Lennear ou Lisa Fisher délivrent une belle déclaration d’amour à la musique et offrent un plaisir indicible, celui d’un bonheur immédiat qui ravira, à n’en point douter, toutes les sensibilités musicales. Pour l’éternité, ce moment a capella avec Lisa Fischer, dont je ne vous ferai pas l’affront, chères lectrices, chers lecteurs, d’y apporter quelques éclaircissements, restera gravé dans le marbre d’un coeur amoureux. À découvrir absolument, ces « Oscars du premier rôle de la musique » !

Damon Albarn – Lonely Press Play (2014)

Damon Albarn

L‘insatiable Damon Albarn, éminent personnage de la pop music britannique, vient surprendre son monde avec un album solo à paraître le 28 avril  prochain (« Everyday Robots »). Alors que la masse des fans de Blur attendaient un hypothétique nouvel album… 10 ans après un « Think Tank », certes très réussi mais amputé du guitariste et autre tête pensante Graham Coxon, c’est un opus épuré, au tempo lent et rompant radicalement avec les dernières productions de Gorillaz, qui viendra accompagner le passage au printemps.

Sur ce nouvel extrait (« Lonely Press Play »), on retrouve un aperçu de l’inspiration du londonien, entre mélodies et sonorités à la fois plongées dans la ville et dans un espace-temps harmonique que l’on jurerait échappé d’un petit coin de La Havane. Une première étape au grès d’un vent léger que l’on sent venir… doucement.

La cover de la semaine #1

The Rolling Stones

Keith Richards deux séances studio d’Exile On Main Street (1972)

Death In Vegas

Richard Fearless de Death In Vegas dans son home studio

 

Après l’écoute du CD n°2 de l’édition Deluxe de l’indispensable « Exile On Main Street » des Rolling Stones, je tombe sur le morceau « So Divine (Aladdin Story) » en plage 6. Quelques dizaines de secondes après le début de cette rareté des insatiables Glimmer Twins, je reconnais immédiatement l’excellent « Aladdin’s Story » de Death In Vegas sur l’album « Contino Sessions » sorti en 1999. Bien exécutée, avec la nonchalance que l’on connait de Richard Fearless et Tim Holmes quand ils s’éprenaient de savants mélanges de rock, de musique électronique et de toutes sortes de samples récoltées ça et là dans leurs périgrinations nocturnes dans les clubs anglais (notamment sur l’album « Dead Elvis »), la reprise est parfaite pour annoncer un début de soirée sur fauteuil cigare. Donc, voilà la première cover de l’année 2014 mise en lumière (tamisée) !

The Rolling Stones, « So Divine (Aladdin’s Story) »

Death In Vegas, « Aladdin’s Story »

Lassigue Bendthaus – Angie, miniature numérique

 

Uwe Schmidt

Joli coup de coeur en ce début de mois d’octobre avec Lassigue Bendthaus, un des innombrables projets de Uwe Schmidt, un compositeur de musique électronique allemand. Plutôt habile dans la programmation et dans l’esthétique et le côté clinique de sa musique. Sur « Angie, miniature numérique », on entend ces petits sons glitch que l’on a aimé sur l’indispensable « 10 000hz Legend » et ce vocoder quasi indélébile de ce type de production. A découvrir donc d’autant qu’un nouvel album va paraitre ce mois-ci sur son nouveau label AtomTm_Audio_Archive.

Kraftwerk – Pop Art

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Les puristes, fans et « amis » de la musique électronique » vouent un culte à la musique de Kraftwerk. Le groupe allemand, à l’aube des années soixante-dix alors que le rock était en pleine mutation et accueillait à bras ouverts Led Zep, Bowie et T-Rex, a su rapidement se forger une identité musicale atypique, préférant la synthèse sonore, les boîtes à rythmes et les épopées routières (« Autobahn »). Une musique alors qualifiée d’OVNI, jouée par des robots, laissant aucune place au groove et aux guitares. Pionnière, barrée et bardée de clins d’oeil saugrenus (leur étonnante et plutôt amusante fascination pour le vélo et le Tour de France), la musique de ces teutons de laboratoire a ouvert la voie à toute une génération de musiciens désormais élevés au rang de phénomènes dancefloor (Daft Punk au hasard) ou d’explorateurs de synthèse au début des années quatre-vingt (Depeche Mode au hasard -bis-). Pour avoir eu le privilège de les avoir vu en concert au Grand Rex en 2004 avec Florian Schneider (l’un des deux fondateurs avec Ralf Hutter désormais hors du circuit kling klang), je ne peux qu’acquiescer et trépigner d’impatience à l’idée d’assister à la retransmission de Pop Art, un documentaire consacré au phénomène ce samedi 14 septembre à 22h20. Alors, à vos « postes » et vive Arte !

PS : Ohmwork est un hommage à Kraftwerk émanant d’un titre de l’incontournable « Radioactivity » (« Ohm Sweet Ohm »).

Mini site dédié à l’événement : http://creative.arte.tv/fr/kraftwerk

 

Oblivion, le travail de la musique et du design sonore

Oblivion

Pas réellement inoubliable, Oblivion n’en demeure pas moins un honnête film de science-fiction qui ravira les amateurs du genre et comblera les fans de blockbusters « Tom Cruisien ». Aussi, pour les passionnés de musique de films et de design sonore, ce reportage des SoundWorks Collection est particulièrement intéressant, mettant l’accent sur certaines séquences du film où le travail du son est millimétré (intérieur, extérieur, en lien avec l’univers science-fiction et technologique du film) et impressionnant dans l’impact et l’émotion qu’il peut révéler. Pour la petite anecdote, la musique a été co-composée par Anthony Gonzalez (M83) et Joseph Trapanese et c’est la deuxième fois que le réalisateur Joseph Kosinski s’entoure d’une fine lame de la french touch (après Daft Punk sur Tron).

 
 

Le synthétiseur

Michel_Magne

Mis en lumière dans les années 60 avec le célèbre Moog et surexploité dans les années 80 avec la synthpop et la new wave, cette vidéo de 1978 tirée des archives de l’INA et proposée par TF1 nous présente le synthétiseur. Comme le dit Michel Magne (1930-1984), l’instrument peut être « aussi chaud qu’un violoncelle, il suffit d’avoir le coeur pour le jouer et l’âme pour le comprendre ». Le compositeur français nous présente ce monde nouveau (nous sommes à la fin des années 70) avec une passion communicative et relève l’aspect instinctif de la musique synthétique, une musique tournée vers les jeunes et… le rêve. Ces treize minutes « pédagogiques » où l’on entend des sonorités lorgnant vers l’axe floydien des débuts et la fantaisie pop façon Fantomas (ndlr. Michel Magne est le compositeur de la mythique trilogie d’André Hunebelle) nous ramènent à la préhistoire de la musique numérique lorsque la synthèse relevait de l’analogique. Un document exceptionnel à dévorer !

Daily highlights

 

Empire Of The Sun

Nos 3 coups de coeur musicaux de la semaine marquent la collaboration de deux artistes infiniment passionnants (la chanteuse Lykke Li et le réalisateur David Lynch), le retour du duo australien Empire Of The Sun après l’excellent Walking On A Dream sorti en 2008 et enfin, le  premier single du prochain album d’Etienne Daho (« Les Chansons de l’Innocence ») résolument (re) tourné vers le Pop Satori de 1986. Une année 2013 décidément ultra réjouissante!

David Lynch & Lykke Li – I’m Waiting Here 


Empire Of The Sun – Alive


Etienne Daho – Les Chansons De L’Innocence