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La pop classieuse selon Kevin Parker

Kevin Parker

Habitué des mixtapes avec ses « modcasts », le label Modular vient de divulguer celle de Kevin Parker, le leader des excellents Tame Impala. Pas surprenant de voir se côtoyer les Gainsbourg, Beck, Can, Air ou autres éminences grises de la pop. Comme on aime particulièrement le groupe et qu’on s’impatiente de leur prochain concert parisien (ndlr. A l’Olympia le 28 juin), voici donc les quelques racines musicales de Mister Parker.

La fabrication d’un tube disco

 

Telex

Nous sommes à la fin des années soixante-dix, le punk et la musique disco, bien que très logiquement opposés, cohabitent dans l’underground du rock et sur les pistes de danse. Alors que les Cerrone, Donna Summer, Abba (et j’en passe) s’imposent dans les charts, le groupe belge Telex sort « Moscow Diskow » (1978), le tube disco qui leur ouvre les portes d’une forte notoriété  à l’étranger. Sur le même schéma que Kraftwerk, ils utilisent exclusivement des synthétiseurs et des boîtes à rythmes pour élaborer leur musique. A l’époque, on imagine bien la stupéfaction du public face à ces étranges personnages et ses sonorités futuristes… Laborantins du son et de la synthèse, Marc Moulin et Dan Lacksman nous expliquent comment ils ont fabriqué cette « synthpop » atypique et loufoque, depuis leur studio où les machines à synthèse modulaire pullulent…

Shuggie Otis – Inspiration Information (réédition, 2013)

Shuggie Otis

Sorti initialement en 1974, l’album « Inspiration Information » de Shuggie Otis est une exceptionnelle découverte, un vrai diamant de rhythm and blues et de soul music. Cette oeuvre signée Shuggie Otis est restée longtemps dans l’ombre de personnages importants comme Marvin Gaye ou Curtys Mayfield. Peut-être est-il arrivé sur le tard… bien qu’immensément talentueux et précoce (Shuggie Otis avait 21 ans lors de la sortie de cet album). Véritable référence pour certains artistes plus contemporains comme Jamiroquai qui propulsa l’acid jazz en haut des charts dans les années quatre-vingt dix, Otis compte à son actif un certain nombre de légendes. Sa rencontre avec Jimi Hendrix, son refus de jouer avec les Stones ou Bowie, sa relation particulière avec Johnny Otis, son illustre père (ndlr. éminent musicien et compositeur de rhythm and blues ayant inspiré le Ike And Tina Turner Show dans les années 50) avec qui il a partagé des scènes lorsqu’il était très jeune. La réédition de « Inspiration Information » est l’occasion de remettre les pendules à l’heure et basculer vers l’excellence de ces treize titres (plus quatre chansons bonus) et notamment ce « Aht Uh Mi Hed », morceau parfait de soul music qui regroupe tous les ingrédients d’un classique, ici trop nombreux pour les énumérer. Préférons l’écoute et la communion, en silence…

Thom Yorke de retour aux sources?

Thom Yorke

Après quelques escapades plus ou moins réussies dans l’electronica, Thom Yorke semblerait revenir aux fondamentaux, c’est à dire l’écriture de chansons, chose qu’il a laissé de côté pendant près de  dix ans (excepté peut-être « In Rainbows » sorti en 2007) préférant les expérimentations tous azimuts et les Dj sets improvisés. Évidemment, cette petite anecdote saura ravir les fans de la première heure, ceux de « The Bends » ou « OK Computer ». Juste mais pas réellement investi dans l’exercice, le leader de Radiohead exécute une version très simple de « Karma Police », au piano, pendant l’émission de Jonathan Ross sur ITV. Même s’il semble très hypothétique de retrouver Thom Yorke dans le plus simple appareil musical sur un album complet, on se prend à rêver d’un Harvest (ndlr. album mythique de Neil Young) où il dévoilerait l’étendue de son génie de songwriter. Mais la technologie semble le passionner davantage… Nevermind, just listen.

The Doors – L.A Woman (Paul Oakenfold Remix)

Paul Oakenfold

Paul Oakenfold

Rien de tel qu’un bon bâton de dynamite pour terminer la journée ! Après avoir écumé, avec plus ou moins des bonnes surprises (à découvrir samedi dans le prochain Saturday Five Tracks), quelques nouveautés présentée sur l’inévitable plateforme Qobuz, je suis tombé sur ce remix particulièrement génial de Paul Oakenfold. Vieux de la vieille du Djing anglais et producteur des remontés Happy Mondays, Oakenfold a replacé L.A Woman des Doors au centre du dancefloor façon Hacienda pour garnir la B.O de l’inclassable série Californication. On adore !

Dan Deacon et le concert de smartphones

Dan Deacon

Présent dans notre top 10 de l’année 2012 (album « America »), Dan Deacon a façonné une pop bruitiste où l’expérimentation prime sur la tradition songwriting façon 3’30 couplet-refrain. Très denses, les titres sont une manière d’allier la technique instrumentale et le bidouillage tous azimuts. Sans perdre de vue l’intérêt harmonique (« True Trush ») et quelques embardées non sans rappeler les new-yorkais TV On The Radio, c’est  un déluge de son qui nous envahit jusqu’à ce moment de répit, « Pretty Boy », un petit bijou venu de nulle part. Ensuite, l’embardée sonore reprend, avec une effusion de sons synthétiques accompagnant un shoegazing brut et parfois une suite percussive inspirée d’un Philip Glass (« USA III : rail »). Ambitieux, donc. Curieux d’imaginer sa musique en concert (et puis comment un potentiel visuel pourrait s’y intégrer), l’américain a  poussé l’expérimentation plus loin en invitant son public à participer à ses concerts grâce à une application pour Iphone et Android« Dan a besoin de votre aide! Participez au concert! », est-il écrit sur des affiches à l’entrée de la salle. Une fois téléchargée (gratuitement), l’application n’a pas besoin d’être connectée à un réseau Wifi pour fonctionner. Elle permet de synchroniser les smartphones qui l’utilisent, lesquels se transforment alors, dans les mains du public, en lumières, stroboscopes ou instruments de musique. A voir là vidéo (ci-dessous), on a vite compris pourquoi les briquets ont (quasiment) disparu des salles de concert.

Wall of synthétiseurs

S‘il devait rester un musicien français, compositeur et big expert de la musique électronique, Jean-Michel Jarre se poserait là, de toute évidence, comme l’une des étoiles françaises du genre.  Car le fils de Maurice Jarre, ses 80 millions de disques vendus et ses tournées excentriques sont avant tout un hommage aux synthétiseurs, le support fétiche de celui qui a crée « Oxygene », son album le plus marquant et novateur. Justement, c’est l’évocation de ce disque qui va servir de point de départ à la « démonstration » passionnée du compositeur et son entourage synthétique, sa caverne d’Ali Baba faite de touches, de potards, de modularité, d’arpégiateurs, de white noise et de flight cases que l’on jurerait empruntés à la Nasa ou au Space Oddity imaginé par David Bowie. C’est plutôt surprenant d’évoquer de telles machines à l’heure où le digital, le tactile et les tablettes (bien après les instruments midi et les plugins virtuels) font figure de norme chez les jeunes (et moins jeunes) musiciens électroniques. Néanmoins, c’est avec un plaisir non dissimulé, probablement lié à ma rencontre de l’analogique avec les Korg MS et les Moog notamment, que je glisse ce moment de culture et d’évasion avec Jean-Michel Jarre, passant d’un ancêtre à un autre et dévoilant tout un pan de son musée « electronico-analogique ». A nous la préhistoire !

Jean-Michel Jarre présentant ses synthétiseurs, ceux qui ont oeuvré sur « Oxygene » 



Jean-Michel Jarre – « Oxygene (Part 1) – (« Oxygene », 1977)


Spencer – Fun Fun Fun

Arte Creative est une formidable source d’inspiration, de découvertes et une bonne façon de se maintenir en veille d’une actualité toujours plus créative, innovante et éloignée des propositions (bien souvent) aseptisées des médias traditionnels. Aujourd’hui, c’est Yusuke Oya, agissant sous le pseudo de  Spencer, qui a les faveurs de notre blog. Ce musicien japonais vit à Berlin et sa vidéo de « Fun Fun Fun » (un délicieux morceau entre pop, musique électronique planante et dub) est un vrai petit bijou.
Spencer (Yusuke Oya), à découvrir ici.

Arte et Spank Rock

 

Bon, ce n’est pas à proprement parler une collaboration entre Arte et Spank Rock ni un documentaire en prévision sur l’un des groupes de hip-hop américain les plus intéressants de ces dix dernières années. A vrai dire, c’est la chaîne qui présente son mois de janvier 2012. Super créative avec un style et un ton qui détonent dans le PAF (ndlr. paysage audiovisuel français), Arte nous propose sa dernière campagne avec un montage plutôt cool d’images d’archives TV, de films et un clin d’oeil à l’excellent Persepolis de Marjane Satrapi , le tout avec le non moins fantastique « Bump » de Spank Rock issu de leur premier album (« YoYoYoYoYo » sorti en 2006). C’est un des moments forts de mes mix, alors pour commencer la semaine, let’s spank rock with Arte !

 

 

Il y a 20 ans, Freddie Mercury nous quittait

 
Et dire que j’allais oublier l’essentiel en ce 24 novembre 2011. Il y a 20 ans, Freddie Mercury nous quittait. Il s’agit d’un jour spécial, un moment de recueillement, une émotion que je parviens difficilement à dissimuler. Freddie Mercury, alors que j’avais douze ans, m’ouvrit cette passion pour le chant et la musique. Je me revois encore l’imiter, avec maladresse, devant la glace, rêvant un jour d’atteindre cette maîtrise et cette force dans l’interprétation, et ces chansons pop baroques, aussi grandes qu’un sommet inaccessible. Cette rhapsodie du bohémien, première plage de ce « Greatest Hits I », me fit l’effet d’une splendeur immaculée, une pièce de théâtre sortie de nulle part… Interminable, ce drame passionnel se concluait finalement par un rock ébouriffant et l’acceptation d’un « Nothing really matters » qui finit par achever le gamin de douze ans que j’étais. J’étais secoué, irradié. Ces instants allaient se révéler être le premier acte d’une pièce infinie. La plongée dans l’oeuvre complète de Queen finit par me convaincre de réunir des gens, faire de la musique et tenter une version de « Killer Queen », certes pas mémorable, mais décidément le reflet d’une époque bénie où les rendez-vous hebdomadaires se faisaient dans le sous-sol de la médiathèque communale. Tout était permis mais à la fois, tout semblait lointain. Découvrir son rêve, le partager et imaginer le meilleur, aller plus loin que l’imitation de son idole, côtoyer la scène et donner le maximum, exorciser ces quelques démons adolescents, ces problématiques d’une jeunesse tranquille, près de la mer, dont l’insouciance pouvait laisser songeur. Y croire !  Le principal, cette croyance, celle que l’on a en soit, celle qui nous fait, le temps d’une chanson, avancer vers une destination inconnue, un couplet, un refrain, parfois un pont… C’est le principe d’écrire, de composer, cette idée du non-calcul, cette immédiateté salvatrice qui découvre le coeur et livre l’âme. C’est rare (et cela doit le rester) mais en ce 24 novembre 2011, j’ai envie de revivre, ne serait-ce qu’en l’espace d’une chanson, ces années où mon mur était recouvert de posters, de celui qui m’a donné le La. On ne m’y reprendra plus, c’est promis.