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Le disque vinyle fait de nouveau parler de lui

Le vinyle

La musique physique n’a pas dit son dernier mot… Enfin, on n’est pas près de voir disparaître les disques et tout ce qui peut nous rappeler que le toucher, l’odeur et la pochette accompagnent l’écoute de nos albums préférés. Pour autant, nous restons connectés au monde numérique et conscients du potentiel formidable de la musique dématérialisée. Partage, facilité de toucher son public, nouvelles formes de distribution, autonomie du créateur, bref, une façon de démocratiser la création de l’oeuvre et son parcours dans les méandres des supports fétiches de ce début de vingt et unième siècle (smartphones, tablettes, laptops…). Mais comme je le disais, il reste des raisons d’espérer que l’un ne chassera pas l’autre définitivement. On revient régulièrement dans ces colonnes sur le vinyle, objet de culte devenu au fil du temps l’ami des mélomanes, des DJ… et bientôt d’un public plus large, désireux de retrouver certaines sensations disparues voir de découvrir la chaleur d’un son inimitable et le charme d’un support légendaire (n’a-t-on pas vu naître l’écrasante majorité des chefs d’oeuvre sous l’ère du vinyle?). Cette semaine, la plateforme de vente en ligne Amazon a publié une infographie sur la progression des ventes de 33 tours depuis 2004. Toujours considéré comme un marché de niche (0,4% en valeur), il parvient néanmoins à satisfaire les puristes et à attirer les fans, prêts à investir plus de vingt euros dans l’objet mythique (quid du « Random Access Memories » de Daft Punk qui a récemment battu des records de vente sur le support). Des signes encourageants mais de là à revenir dans le jeu… Long is the road…

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Shuggie Otis – Inspiration Information (réédition, 2013)

Shuggie Otis

Sorti initialement en 1974, l’album « Inspiration Information » de Shuggie Otis est une exceptionnelle découverte, un vrai diamant de rhythm and blues et de soul music. Cette oeuvre signée Shuggie Otis est restée longtemps dans l’ombre de personnages importants comme Marvin Gaye ou Curtys Mayfield. Peut-être est-il arrivé sur le tard… bien qu’immensément talentueux et précoce (Shuggie Otis avait 21 ans lors de la sortie de cet album). Véritable référence pour certains artistes plus contemporains comme Jamiroquai qui propulsa l’acid jazz en haut des charts dans les années quatre-vingt dix, Otis compte à son actif un certain nombre de légendes. Sa rencontre avec Jimi Hendrix, son refus de jouer avec les Stones ou Bowie, sa relation particulière avec Johnny Otis, son illustre père (ndlr. éminent musicien et compositeur de rhythm and blues ayant inspiré le Ike And Tina Turner Show dans les années 50) avec qui il a partagé des scènes lorsqu’il était très jeune. La réédition de « Inspiration Information » est l’occasion de remettre les pendules à l’heure et basculer vers l’excellence de ces treize titres (plus quatre chansons bonus) et notamment ce « Aht Uh Mi Hed », morceau parfait de soul music qui regroupe tous les ingrédients d’un classique, ici trop nombreux pour les énumérer. Préférons l’écoute et la communion, en silence…

Le son en 3D

 

Le son en 3D

Depuis Avatar, sans doute meilleure preuve d’une 3D « intelligente », les films en 3 dimensions font légion et s’accaparent même certaines vieilleries mythiques du cinéma américain des années 90 (quid de Jurassic Park ressorti cette année pour l’occasion). Pour on contre? Telle n’est pas la question aujourd’hui, ni demain d’ailleurs, une réponse plus approfondie serait plus adaptée tenant compte de différentes considérations, tant artistiques que mercantiles (hum…).

Pour l’heure, intéressons nous au son en 3D et à cette expérience particulièrement bluffante.  Dans cet extrait en anglais intitulé « Virtual Barber Shop », on se retrouve complètement immergé dans un salon de coiffure où l’on peut suivre les mouvements des personnages, sentir les ciseaux se rapprocher de nos oreilles, le rasoir vibrer prêt de nos tempes ou encore percevoir les sons environnants. Peut-être une nouvelle façon d’appréhender le média audio visuel et ainsi développer notre rapport au sensoriel. Présenté depuis quelques années maintenant, le son en 3D ne parvient pas encore à se faire une place auprès du grand public (le procédé étant complexe et les systèmes de diffusion pas encore adaptés) et demeure une affaire d’experts. Néanmoins, profitons de cette expérience (avec un casque audio pour maximiser l’effet) et anticipons une petite coupe de printemps.

Boards Of Canada, retour imminent d’un essentiel

Boards Of Canada - Tomorrow's Harvest (2013)

Après huit ans d’absence discographique, Boards Of Canada annonce son retour avec une certain sens du mystère puisque la maison de disque (ndlr. Warp Records) a mis en place une sorte de parcours (très) alambiqué autour d’un puzzle renfermant des informations autour de « Tomorrow’s Harvest », la boîte de Pandore tant attendue. Evidemment, après tant d’attente et d’interrogations autour du duo écossais, on peut légitimement se poser la question d’une éventuelle déconnexion de l’électro made in 2013.  A bien des niveaux les tendances ont révélé un son plus corsé où le couple beat & bass n’a jamais été aussi dense (principe du side chaining très prisé de la french touch) ou un dubstep home-made usé à la corde, parfois brillant (Nicolas Jaar) mais très souvent inintéressant (les suiveurs se reconnaitront…). Mais Boards Of Canada n’a jamais dérogé à la règle. Une musique électronique singulière, n’appartenant à aucune chapelle et ne répondant à aucune logique commerciale ou de tendance de clubs. « Geoggadi », leur troisième album et probablement meilleur à ce jour (sorti en 2002), évoquait un voyage hors des sentiers battus pour je ne sais quelle destination inconnue. D’un autre temps, ou anticipant l’apocalypse « tranquille », BOC semble rester sur son fil rouge en ne dévoilant que quelques bribes de leur prochaine récolte, une vidéo et un site web touts droits sortis de La Chose de Carpenter. Rien d’encore identifiable mais beaucoup d’espoir identifié. En attendant, bloquons sur « Music Is Math », un des  titres phares de « Geoggadi ».

Quand la nature s’associe à la musique et aux marques

Docomo touch wood

Docomo Touchwood Commercial

Rémi Babinet, fondateur et président de BETC, s’est entretenu avec le magazine Stratégies (numéro du 18 avril 2013) à propos des campagnes Évian avec notamment les « bébés Évian » qui ont rencontré un franc succès auprès du public (dans le top 3 des publicités préférées des français) et recueilli de nombreux suffrages auprès des professionnels de la communication. Au cours de cet entretien, Rémi Babinet, appuyé par Fabrice Brovelli et Christophe Caurret, les responsables de la cellule prod TV, insiste sur l’importance de la musique dans les campagnes. Depuis la reprise de « We Will Rock You » de Queen devenu un tube de pub international jusqu’au « Here Comes The Hotstepper » de Ini Kamoze lancé aujourd’hui, l’agence travaille à associer la marque avec les artistes et cherche à créer un lien durable, cohérent et naturel pour créer une association qui va marquer les esprits (et une époque!). Alors, il est évident que la chanson possède un pouvoir immense avec la mélodie, le rythme et cette faculté à s’ancrer dans nos têtes, jusqu’à ce que l’on puisse la fredonner, dans les moments les plus incongrus… Mais qu’en est-il du son? Du design sonore plus précisément. Nous avions pu relever l’exploit de Honda avec la publicité pour la Civic en 2006 et sa « chorale mécanique ». Il y en a eu d’autres depuis mais cet exemple est particulièrement exceptionnel… et fort. La réalisation est ambitieuse, se frotte à la nature pour reproduire un xylophone démesuré et réinterpréter une oeuvre majeure de Bach (« Jesu, Joy Of Man’s Desiring, Cantate No. 147) avec uniquement l’appui d’une matière : le bois. Au delà de la performance audiovisuelle, gigantesque, s’impose une création originale et relevant d’un rapprochement entre l’homme, la nature et… le produit. Car ne soyons pas naïf, il s’agit ici d’une publicité pour un smartphone avec une coque en bois (Docomo TouchWood). Mais qu’importe,  au-delà de l’aspect mercantile, cette initiative est inspirante, singulière et porte des valeurs fortes avec un point d’orgue : l’harmonie. Coup de chapeau à l’agence Drill Inc (et à Morihiro Harano, fondateur et directeur de création dorénavant chez Mori Inc) qui a réalisé ce bijou. Definitely one to watch !

Revolver dégaine sa pop pour Newman

Revolver et la marque Newman

La marque Newman et le groupe français Revolver se sont associés pour mettre au point un clip innovant, permettant de découvrir et commander les vêtements portés par les différents membres du groupe. Ce premier clip interactif mêlant mode, e-shoping et musique permet aux internautes de retrouver l’intégralité du look d’Ambroise Willaume, Christophe Musset et Jérémie Arcache. Il est possible de commander en un clic le vêtement de son choix tout en visionnant le clip. C’est le titre « Still », extrait de leur album « Let Go » sorti en 2012, qui a été choisi pour illustrer cette campagne publicitaire signée BETC. Une façon plutôt originale d’associer la marque et l’artiste, tout en misant sur l’interactivité et le web social, générateur d’audience.

Découvrir l’opération et le clip interactif ici.

Le disque vinyle continue de voir ses ventes progresser

Le disque vinyle continue de voir ses ventes progresser

Nous sommes encore loin des ventes du support physique roi (bientôt déchu?), le fameux Compact Disc, représentant deux décennies (les années 80 et 90) d’une industrie alors prospère et bardée de strass, paillettes et autres extravagances. Les majors, dans leur cocon protecteur, étaient encore loin de s’imaginer la grande débâcle des années 00 qui vit s’amonceler les plans sociaux et proliférer la sinistrose. Ce vingt-et-unième, responsable de l’avènement du Mp3 et de la dématérialisation progressive de la musique, marque néanmoins un retour, certes mesuré, du support mythique : Le disque vinyle. Car bien que très faiblement représenté sur l’ensemble du marché (il représente 1,3% de parts de marché), le disque microsillon retient l’attention des DJs, des collectionneurs et des mélomanes, soucieux de la qualité du son et d’une certaine façon d’appréhender la musique (a way of life?), oeuvre totale mariant le son et l’image (avec l’identité graphique représentée par la pochette). Alors puisque l’on savoure cette nouvelle, immédiatement nous vient à l’esprit le travail de Jack White par l’intermédiaire de son label « Third Man Records » visant à promouvoir le support et ses qualités (rééditions spéciales, 45t, bonus, séries limitées…). Alors écoutons ce « I’m Shaking » du maestro et espérons que ce ne soit qu’un début  !

The Doors – L.A Woman (Paul Oakenfold Remix)

Paul Oakenfold

Paul Oakenfold

Rien de tel qu’un bon bâton de dynamite pour terminer la journée ! Après avoir écumé, avec plus ou moins des bonnes surprises (à découvrir samedi dans le prochain Saturday Five Tracks), quelques nouveautés présentée sur l’inévitable plateforme Qobuz, je suis tombé sur ce remix particulièrement génial de Paul Oakenfold. Vieux de la vieille du Djing anglais et producteur des remontés Happy Mondays, Oakenfold a replacé L.A Woman des Doors au centre du dancefloor façon Hacienda pour garnir la B.O de l’inclassable série Californication. On adore !

Mp3 d'occasion?

MP3_logo

Il n’y a pas si longtemps, Bruce Willis s’insurgeait contre le service de musique en ligne Itunes et menaçait Apple d’un procès. La raison? L’acteur s’était aperçu qu’il ne pourrait léguer sa bibliothèque de musique en Mp3 à ses filles car les fichiers ne sont pas « transmissibles ». Acheter un fichier dématérialisé sur iTunes n’accorde pas un droit de propriété mais uniquement un droit d’écoute (ou de visionnage quand il s’agit d’une vidéo). «La présente licence qui vous est concédée par le concédant pour l’application sous Licence est limitée à une licence non transférable aux fins d’utiliser l’application sous licence sur tout produit de marque Apple tournant sur iOS». 

Alors que John Mc Lane s’apprête à rempiler sur les écrans pour un Die Hard 5 qui risque, à défaut de réellement présenter un intérêt cinématographique, de faire rire ceux qui ont vécu les années quatre-vingt dix avec la fratrie Stallone, Schwarzenegger, Willis et Vandamme, la question du Mp3 se pose en d’autres termes. En effet, le site ReDigi, crée aux Etats-Unis en août 2011, propose un service de mise en vente de Mp3 d’occasion prétextant le fait que l’utilisateur peut vouloir se séparer d’une partie de sa bibliothèque musicale (lassitude, encombrement de disque dur…). Mais, car il y a un mais, si l’on tient compte de ce que nous avons constaté précédemment, à savoir la non propriété d’un fichier Mp3 et l’unique licence d’utilisation de celui-ci, comment ce service peut-il légalement exister? Être le lien entre deux parties, un vendeur et un potentiel acheteur pour un bien immatériel dont la propriété n’est pas accordée, les majors et l’industrie culturelle plus globalement ne l’entendent pas de cette oreille.

Encore un flou artistique qui demeure, les principaux acteurs (musique, cinéma, édition et jeu vidéo) de cette interminable bataille de la dématérialisation ne parviennent à trouver un consensus  entre l’accessibilité et la praticité de l’échange de l’oeuvre et la juste rémunération de ceux qui la font, les artistes et ceux qui la défendent, l’industrie de la musique. Les débats sont ouverts, les discussions engagées mais jusque là, pas de réelles avancées bénéficiant à l’ensemble de la filière et au consommateur de produits culturels. Le « tout à dispo » et le gratuit sur Internet sont appréhendés depuis très longtemps par l’internaute qui a été mis au pied du mur face à une proposition de musique dématérialisée, dénaturée (si l’on prend en compte les caractéristiques du fichier Mp3, format compressé minorant les qualités intrinsèques de la musique) mais gratuite. Le métier, n’ayant pas compris à temps les enjeux du numérique, peine à sortir de ce marasme et compte sur quelques lois inutiles et couteuses (Hadopi pour ne pas la nommer) pour retrouver un peu d’air. A vrai dire, si l’on donnait de nouveau de la valeur à la musique, si l’on retrouvait plaisir et sensations (en réhabilitant la hi-fi, en imaginant de nouveaux rapports de sensorialité, d’interactivité avec des dispositifs digitaux innovants, en réinventant des offres d’équipements pour les foyers par exemple) et si l’on privilégiait la qualité à la quantité (retrouver la notion d’écoute d’une oeuvre complète avec l’idée d’un album représentant un concept ou une tranche de vie artistique), peut-être que le public reprendrait le réflexe d’achat et par conséquent, le soutien à l’oeuvre et aux artistes serait assuré. De la pédagogie, des idées nouvelles, de vraies réflexions et surtout une connaissance du public et de ses comportements sur la toile semblent essentielles pour retrouver un juste équilibre bénéficiant à tous.