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TOP 2014 – 2ème partie (de la 1ère à la 5ème place)

 

Ariel Pink - Pom Pom

1. Ariel Pink - Pom Pom (*best album)

Tout juste sorti de la hotte d’Ariel Rosenberg, trublion notoire de l’indie pop californienne, en cette fin d’année 2014, « Pom Pom » est le disque que l’on n’attendait plus. Le choc me rappelle celui de l’album « Swing Lo Magellan » de Dirty Projectors en 2012 (attention, ne pas s’y méprendre, la musique n’est pas dans la même veine mais on peut avancer une démarche commune, désireuse de sortir des sentiers battus, dirons-nous), une sorte de pop décomplexée qui va chercher son ancrage dans la folie d’un Roger Waters en plein remue méninge historique, l’obscurité d’un Black Sabbath ou les vociférations sourdes d’un Jean-Jacques Burnel (The Stranglers). Ajouter à cela, des pop songs parfaites, avec l’envergure de hits (« ) L’OVNI évident de ce top 10 et l’album de l’année, avec le même poids qu’a pu avoir le « Oracular Spectacular » de MGMT quelques années auparavant.

Future Islands - Singles

2. Future Islands – Singles

Difficile de ne pas se laisser happer par le rouleau compresseur Samuel Herring, leader charismatique du groupe de Baltimore, à la voix si caractéristique faisant cohabiter le vol et guttural. Après une performance colossale lors du Letterman Show, on retrouve Future Islands sur un quatrième album parfait, mélangeant rock indépendant rageur et new wave. « Singles » est l’album de l’année, inattendu et rendant justice à la pop, avec des classiques imparables (« Seasons », « A Dream Of You And Me ») et une manière de s’approprier quelques clichés 80’s sans tomber dans le pastiche, chose pas réellement évidente en ces temps de pop à synthés (omniprésente?).

Damon Albarn - Everyday Robots

3. Damon Albarn – Everyday Robots

Qu’attendre de Damon Albarn en 2014? Le compositeur anglais le plus important du moment aligne les projets, du plus bigarré (avec Gorillaz) au plus classique (avec les opéras « Dr Dee » ou « Monkey, Journey To The West ») sans s’éloigner longtemps de l’institution Blur qu’il fait revivre sur scène depuis 5 ans (aucun album n’est pourtant envisagé…). Signant son premier vrai album solo, il marque l’apogée d’une carrière de 25 ans où rien n’est à mettre de côté (à part peut-être une exception que le fan a pris soin de noter…), chaque oeuvre relevant d’un goût subtile pour l’exploration musicale et les collaborations artistiques qui dépassent allègrement les frontières de la britpop.

The War On Drugs - Lost In The Dream

4. The War On Drugs – Lost In The Dream

On ressort bouleversé par leur impressionnant set de La Flèche d’Or le 26 mai dernier. « Lost In The Dream » réussit à nous transporter dans une odyssée où les fantômes de Bob Dylan, Bruce Springsteen et autres fleurons de l’americana. Cette bande son d’une heure convoque lyrisme et moments de bravoure d’une puissance rare (le majestueux « An Ocean In Between The Waves » où l’on jurerait un solo de guitare échappé de la Stratocaster de Mark Knopfler).

Owen Pallett - In Conflict

5. Owen Pallett – In Conflict

Le prodige canadien avait fait ses armes avec Arcade Fire sur le mythique « Funeral » quand le groupe se contentait d’instruments acoustiques, et plus particulièrement des cordes, pour faire décoller ses chansons. Depuis, Owen Pallett trace son chemin, prouve qu’il est un excellent songwriter, avec The Final Fantasy ou sous son propre patronyme avec « In Conflict ». À noter, la présence incongrue mais judicieuse de Brian Eno en personne au synthétiseur principalement mais aussi à la guitare et à la voix.

TOP 2014 – 1ère partie (de la 6ème à la 10ème place)

Todd Terje - It's Album Time

6. Todd Terje – It’s Album Time

Le norvégien est l’anti David Guetta. DJ et musicien émérite et doté d’une belle culture musicale, il parvient à créer une passerelle entre la synth pop d’un Moroder, la disco façon Cerrone et les standards musicaux des meilleures B.O des films des années 70 (avec l’exemple de François de Roubaix). Mais il ne s’arrête pas là… La cohabitation jazz, house, funk et musique latino est parfaitement dosée, évitant les clichés. « It’s Album Time » est un album brillant, prometteur et déjà promis à une belle reconnaissance (plutôt bien parti avec le featuring de Bryan Ferry sur la reprise du classique « Johnny & Mary » de Robert Palmer, cuisinée aux petits oignons, avec classe et distinction).

Wild Beasts - Present Tense

7. Wild Beasts – Present Tense

Six ans après un premier album à la dominante rock indé, Wild Beasts s’inspire de la frange la plus sensible de la new wave (le Depeche Mode de « Construction Time Again ») et sert ses nouvelles chansons sur un plateau gracieux et élégant, comme le sont les onze chansons de « Perfect Tense ». Toujours en symbiose, les voix de Hayden Thorpe (chant, basse) et Tom Fleming (guitare, chant) marque la singularité d’un groupe qui reprend le flambeau d’un Mark Hollis (Talk Talk) disparu des écrans radars de la musique pop.

The Antlers - Familiars

8. The Antlers – Familiars

Lorgnant subtilement vers les mélodies éthérées de Beach House et les envolées d’un Jeff Buckley, The Antlers mise clairement sur le lyrisme porté par la voie cristalline de Peter Silberman. Jusqu’ici, rien de nouveau… Mais ce qui caractérise particulièrement The Antlers, c’est cette association réussie entre indie rock et arrangements jazzy (les trompettes réverbérées amènent une belle atmosphère), amenant une grande profondeur aux chansons du groupe new yorkais. Il n’est pas rare d’atteindre le merveilleux (« Director », « Doppelgänger ») dans un climat cinématographique dépeignant un semblant de lumière à travers une profonde obscurité, jamais menaçante, toujours propice à l’emphase lumineuse, à un moment ou à un autre…

Beck - Morning Phase

9. Beck – Morning Phase 

Beck chasse sur toutes les terres musicales. Avec succès, il faut le dire, dans la très grande majorité des cas. Rock, hip-hop, funk, pop, folk, rien n’est laissé de côté. Épaulé par une sorte de génie, il revient aux fondamentaux folk avec « Morning Phase » et douze titres somptueux. À titre de comparaison, il tient la dragée haute à « Sea Change », voir le dépasse allègrement. Comme les meilleurs cépages, Beck se bonifie avec l’âge, conservant cette faculté à écrire de bonnes chansons et leur apportant les arrangements adéquats (les enregistrement de cordes sont magnifiques). Si cet album est la suite de « Sea Change », que peut-on imaginer d’un deuxième épisode de « Midnite Vultures »?

Sohn - Tremors

10. Sohn – Tremors

Peut-être la meilleure nouvelle de l’année lorsque l’on évoque le cru musique électronique 2014. Bon, avec Caribou, c’est vrai, mais qui échappe à ce top 10… De peu. Avec des balades spatiales servies par une production particulièrement léchée, le jeune londonien creuse le sillon d’une nu soul mélancolique servie par des mélodies ciselées et des textures sonores riches et savamment recherchées. Une belle surprise.

Lassigue Bendthaus – Angie, miniature numérique

 

Uwe Schmidt

Joli coup de coeur en ce début de mois d’octobre avec Lassigue Bendthaus, un des innombrables projets de Uwe Schmidt, un compositeur de musique électronique allemand. Plutôt habile dans la programmation et dans l’esthétique et le côté clinique de sa musique. Sur « Angie, miniature numérique », on entend ces petits sons glitch que l’on a aimé sur l’indispensable « 10 000hz Legend » et ce vocoder quasi indélébile de ce type de production. A découvrir donc d’autant qu’un nouvel album va paraitre ce mois-ci sur son nouveau label AtomTm_Audio_Archive.

Le synthétiseur

Michel_Magne

Mis en lumière dans les années 60 avec le célèbre Moog et surexploité dans les années 80 avec la synthpop et la new wave, cette vidéo de 1978 tirée des archives de l’INA et proposée par TF1 nous présente le synthétiseur. Comme le dit Michel Magne (1930-1984), l’instrument peut être « aussi chaud qu’un violoncelle, il suffit d’avoir le coeur pour le jouer et l’âme pour le comprendre ». Le compositeur français nous présente ce monde nouveau (nous sommes à la fin des années 70) avec une passion communicative et relève l’aspect instinctif de la musique synthétique, une musique tournée vers les jeunes et… le rêve. Ces treize minutes « pédagogiques » où l’on entend des sonorités lorgnant vers l’axe floydien des débuts et la fantaisie pop façon Fantomas (ndlr. Michel Magne est le compositeur de la mythique trilogie d’André Hunebelle) nous ramènent à la préhistoire de la musique numérique lorsque la synthèse relevait de l’analogique. Un document exceptionnel à dévorer !

Daily highlights

 

Empire Of The Sun

Nos 3 coups de coeur musicaux de la semaine marquent la collaboration de deux artistes infiniment passionnants (la chanteuse Lykke Li et le réalisateur David Lynch), le retour du duo australien Empire Of The Sun après l’excellent Walking On A Dream sorti en 2008 et enfin, le  premier single du prochain album d’Etienne Daho (« Les Chansons de l’Innocence ») résolument (re) tourné vers le Pop Satori de 1986. Une année 2013 décidément ultra réjouissante!

David Lynch & Lykke Li – I’m Waiting Here 


Empire Of The Sun – Alive


Etienne Daho – Les Chansons De L’Innocence

 

 

 

Saturday Five Tracks – 01/06/13

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Les « Beautiful Losers » ou perdants magnifiques, ces artistes reconnus par la critique et une poignée de fans mais n’ayant jamais réellement eu accès à la médiatisation. Il est important de noter qu’en marge des classements des meilleures ventes, des rotations radiophoniques intensives ou des millions de vues sur Youtube, ces challengers ont eu une importance cruciale dans la britpop, ce genre musical largement associé aux années 90, que nous mettons en lumière aujourd’hui.

Track 1 : The Boo Radleys – Blue Room In Archway (1998)

The Boo Radleys - Kingsize (1998)

The Boo Radleys – Kingsize (1998)

Track 2 : James – She’s A Star (1997)

James - Whiplash (1997)

James – Whiplash (1997)

Track 3 : Ocean Colour Scene – The Day We Caught The Train (1996)

Ocean Colour Scene - Moseley Shoals (1996)

Ocean Colour Scene – Moseley Shoals (1996)

 

Track 4 : Teenage Fanclub- Your Love is The Place Where I Come From (1997)

Teenage Fanclub - Songs From Northern Britain (1997)

Teenage Fanclub – Songs From Northern Britain (1997)

 

Track 5 : Super Furry Animals – Northern Lites (1999)

Super Furry Animals - Guerilla (1999)

Super Furry Animals – Guerilla (1999)

 

 

Saturday Five Tracks – 06/04/13

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Que du neuf en ce samedi grisonnant d’espoir de fin d’hiver avec Youth Lagoon et sa pop planante rappelant les disparus MGMT, Phosphorescent et le songwriting parfait de « Song Zula », les quasi vétérans Strokes en mutation électro pop très réussie (notamment sur le « Chances » présenté ci-dessous), le petit nouveau (mais déjà bien présent dans certaines musique de publicité) Hanni El Khatib et sa pop sucrée et enfin, pour clore ce Saturday Five Tracks, un premier extrait des très attendus papes de l’électro classique Aufgang.

Track 1 : Phosphorescent – Song For Zula (2013)

Phosphorescent - Muchacho (2013)

Phosphorescent – Muchacho (2013)

 

Track 2 : The Strokes – Chances (2013)

The Strokes - Comedown Machine (2013)

The Strokes – Comedown Machine (2013)

Track 3 : Hanni El Khatib – Penny (2013)

Hanny El Khatib - Penny (2013)

Hanny El Khatib – Penny (2013)

Track 4 : Youth Lagoon – Mute (2013)

Youth Lagoon - Wondrous Bughouse (2013)

Youth Lagoon – Wondrous Bughouse (2013)

Track 5 : Aufgang – Kyrie (2013)

Aufgang - Kyrie (2013)

Aufgang – Kyrie (2013)

 

 

 

 

 

On coupe le son?

… Enfin pas vraiment. On va plutôt revoir le son de nos écrans publicitaires. Jusqu’à aujourd’hui, le volume sonore des publicités faisait l’objet d’un contrôle strict par un décret du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) datant du 27 mars 1992 (n°92-28) et d’une loi datant du 30 septembre 1986 et réaménagée en 2009 (article 27):
Le décret de 1992: 
« Le niveau sonore des séquences publicitaires ainsi que des écrans qui les précèdent et qui les suivent ne doit pas excéder, s’agissant notamment du traitement de la dynamique sonore, le niveau sonore moyen du reste du programme »
La loi de 1986 (réaménagée en 2009) : 
« Le maintien à un niveau sonore constant des séquences publicitaires ainsi que des écrans qui les précèdent et qui les suivent »
Des études plus poussées et une progression des plaintes en 2010 (134 au lieu de 124 en 2009) ont révélé qu’il ne s’agissait pas de maîtriser le volume sonore mais l’intensité sonore. En effet, le téléspectateur n’est pas le maître du son avec sa télécommande, la télévision numérique possède ses normes qui induise un travail de compression dynamique réalisé en studio, d’où l’impression d’une hausse du volume sonore (voir illustration ci-dessous). La réalité se situe dans la dynamique et l’amplitude du son. Dans une délibération visant à « Améliorer le confort d’écoute des téléspectateurs, limiter progressivement les variations d’intensité sonore entre programmes et messages publicitaires », le CSA a fixé à – 23 LUFS (selon une échelle définie par l’Union Européenne de Radiodiffusion) le seuil de tolérance. Les premiers résultats du procédé et de l’efficacité de cette norme pourront être relevés en 2013.

 

En attendant, ne blâmons pas les chaînes de télévision (qui n’y sont pour rien) et prodiguons pédagogie et respect du téléspectateur à l’ensemble des acteurs de la publicité.

 

Les habitudes de consommation de la musique

Compte tenu des mutations technologiques liées à l’avènement du numérique, on aurait pu croire enterrés les bonnes vieilles chaînes hi-fi ou autres supports représentants la génération de nos parents comme l’infatigable autoradio lecteur CD Blaupunkt (78% des français ont pour habitude d’écouter de la musique dans la voiture) ou le vieux poste monophonique qui trône dans au sommet d’un meuble de cuisine. Il n’en est point. Les supports dits « traditionnels » sont encore largement plébiscités par les français qui sont une majorité à déclarer les utiliser lors de l’écoute de musique. En revanche, c’est les 12-24 ans, à l’affût des nouveautés technologiques, qui ont complètement intégrés les outils numériques de diffusion musicale comme le lecteur MP3 ou le téléphone portable et se retrouvent être des trend-setters types pour les marques ayant pour activités la téléphonie mobile, les baladeurs numériques ou le matériel informatique (près de 75% d’entre eux en font un usage régulier). D’après l’étude menée par le cabinet Forrester Media*, il est également intéressant de noter le peu d’impact des sites de musique en ligne (Myspace, Facebook, Last FM…) qui représentent moins de 20% dans les habitudes de consommation de la musique (tendance identique observée chez nos voisins anglais et allemands). Ce constat parvient à montrer l’importance d’une écoute musicale dépendante de l’outil informatique et dans des conditions plus évoluées que les haut-parleurs sommaires intégrés d’origine sur nos ordinateurs (voir les résultats précis de l’étude ci-dessous).
 
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*Forrester Media, Marketing & Social Computing Study 2010 avec la collaboration d’Ipsos-Mori, juin-juillet 2010.

 

De la musique équitable

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ortant à peine d’une lecture éclairante sur l’industrie de la musique (« Sans Contrefaçons » de Pascal Nègre, aux Editions Fayard ) qui n’échappe pas, certes, à une certaine forme de plaidoyer pour la variété française, je reste dans le questionnement sur la survie de ce secteur bien mal en point. Le plus inquiétant, c’est le peu de solutions qu’apporte le responsable d’Universal France. Après tout, c’est lui qui s’en est le mieux sorti dans cette crise du disque (la major a gagné des parts des marché, au détriment de sa concurrence). On attend forcément des idées neuves, un « new deal », pas des chiffres, des opé marketing ou des stratégies commerciales qui vont juste servir à colmater la brèche. Pascal Nègre se dit ouvert d’esprit, dénicheur de talents. C’est un excellent chef d’entreprise, je ne peux le nier et il a sans doute un sacré flair. Il a lancé Khaled et quelques blockbusters des années quatre-vingt dix… hum hum. Mais l’indé, celui qui vend moins de 40 000 disques, celui qui n’est pas rentable, l’artiste « smicard » comme il dit. Que devient-il après s’être fait virer de la major numéro un? Au delà du side effect psychologique, comment va-t-il s’y prendre pour convaincre une autre maison de disque de l’engager? Paraît-il que Coldplay fait vivre EMI et amène les capitaux nécessaires à la production de nos chers indés smicards. Les gros financent les petits. Sur le papier, on croirait presque à une société idéale, un eldorado. Candide a existé uniquement dans l’esprit de Voltaire et ce précepte doit s’échapper de l’esprit naïf du baby rocker ou du rappeur qui met ses tripes sur la cage d’escalier de son immeuble. C’est rude, on l’entend partout, alors, par l’intermédiaire de l’association Fairplaylist, Gilles Mordant (et il en faut… du mordant) se confiait à Vox Pop pour évoquer la notion de musique équitable. Sans se positionner comme le superman de l’industrie du disque, il propose de simplifier les échanges et donner un peu d’air à un réseau et à une filière qui étouffent. Il est vrai que l’interview ne permet pas encore d’avoir des éléments concrets et réellement salvateurs, en revanche, l’initiative a le mérite d’exister. L’heure est à la réflexion, au débat d’idées et à la jeunesse. Je ne crois pas que nos chers énarques et leur Hadopi de surface puissent comprendre, bien trop empêtrés dans leur discours, leurs parapheurs, entre deux siestes à l’assemblée. A bon entendeur et bonne chance à Fairplaylist !

L’interview de Gilles Mordant chez Vox Pop à télécharger (première partie) Economie_pop_disque_musique__quit  et
(deuxième partie)
Economie_pop_disque_musique__quit2