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De la musique équitable

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S
ortant à peine d’une lecture éclairante sur l’industrie de la musique (« Sans Contrefaçons » de Pascal Nègre, aux Editions Fayard ) qui n’échappe pas, certes, à une certaine forme de plaidoyer pour la variété française, je reste dans le questionnement sur la survie de ce secteur bien mal en point. Le plus inquiétant, c’est le peu de solutions qu’apporte le responsable d’Universal France. Après tout, c’est lui qui s’en est le mieux sorti dans cette crise du disque (la major a gagné des parts des marché, au détriment de sa concurrence). On attend forcément des idées neuves, un « new deal », pas des chiffres, des opé marketing ou des stratégies commerciales qui vont juste servir à colmater la brèche. Pascal Nègre se dit ouvert d’esprit, dénicheur de talents. C’est un excellent chef d’entreprise, je ne peux le nier et il a sans doute un sacré flair. Il a lancé Khaled et quelques blockbusters des années quatre-vingt dix… hum hum. Mais l’indé, celui qui vend moins de 40 000 disques, celui qui n’est pas rentable, l’artiste « smicard » comme il dit. Que devient-il après s’être fait virer de la major numéro un? Au delà du side effect psychologique, comment va-t-il s’y prendre pour convaincre une autre maison de disque de l’engager? Paraît-il que Coldplay fait vivre EMI et amène les capitaux nécessaires à la production de nos chers indés smicards. Les gros financent les petits. Sur le papier, on croirait presque à une société idéale, un eldorado. Candide a existé uniquement dans l’esprit de Voltaire et ce précepte doit s’échapper de l’esprit naïf du baby rocker ou du rappeur qui met ses tripes sur la cage d’escalier de son immeuble. C’est rude, on l’entend partout, alors, par l’intermédiaire de l’association Fairplaylist, Gilles Mordant (et il en faut… du mordant) se confiait à Vox Pop pour évoquer la notion de musique équitable. Sans se positionner comme le superman de l’industrie du disque, il propose de simplifier les échanges et donner un peu d’air à un réseau et à une filière qui étouffent. Il est vrai que l’interview ne permet pas encore d’avoir des éléments concrets et réellement salvateurs, en revanche, l’initiative a le mérite d’exister. L’heure est à la réflexion, au débat d’idées et à la jeunesse. Je ne crois pas que nos chers énarques et leur Hadopi de surface puissent comprendre, bien trop empêtrés dans leur discours, leurs parapheurs, entre deux siestes à l’assemblée. A bon entendeur et bonne chance à Fairplaylist !

L’interview de Gilles Mordant chez Vox Pop à télécharger (première partie) Economie_pop_disque_musique__quit  et
(deuxième partie)
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Billet d'humeur : Les franglais ou ces chanteurs français qui chantent en anglais

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Les artistes français qui choisissent de chanter en anglais le font naturellement car imprégnés d’une culture pop ou rock anglo-saxonne. Sans se poser de questions, il marmonnent quelques mots en yaourt (version « simplifiée » de l’anglais) et cherchent la mélodie juste, celle qui sonne, qui glisse comme un longboard sur une vague biarotte. Souvent, ils essaient de trouver un sens, une philosophie, une anecdote et donnent aux textes un véritable relief. Car ils respectent la langue. Ils l’admirent. Cette langue qui les rapprochent des Dylan, Cohen, Lennon et autres fleurons de la poésie rock anglo-saxonne. Alors, devant la question quasi systématique du journaliste « Pourquoi chantez-vous en anglais? », ils sont désemparés. Ils esquissent un semblant de sourire, jaune, et désabusé. Pourquoi devraient-ils se justifier d’un choix purement artistique?  Artistique et personnel. Le professionnel dira : « Les enfants, si vous chantez en anglais, on va avoir du mal à vous placer en radio ». Satané quota dépassé. A quoi bon? A l’heure de l’élargissement de l’Europe, on nous fait croire qu’il s’agit de protéger le patrimoine. Protectionnisme de m***. Cette maudite exception culturelle nous perdra, je vous le dis. Exception culturelle mon c.. (désolé). Cette impression de vivre dans un pays qui s’épanche sur son histoire, ses monuments et son (pas si) glorieux passé, m’insupporte à un point… Elle me rappelle Brice Hortefeux. J’en deviendrais presque roux. Dieu (s’il existe) m’en préserve. Pour en revenir à ces franglais (quelle sale expression d’ailleurs), ceux qui embêtent la bien-pensance nationale, eux, ils s’en foutent, se torchent avec les discours passéistes de l’élite et de leurs p*** de quotas. La France, cette France étriquée  qui ignore l’avenir et s’imbibe d’incohérences, elle me fait suer pour ne pas dire autre chose et pour éviter une grossièreté de plus. Non, je n’idéalise pas Diam’s et sa France à elle bien que je la trouve empreinte de rage et d’espoir. Mes propos sont ceux d’un européen qui porte un regard sur l’extérieur, la Suède, la Belgique, l’Allemagne, ces pays qui ont compris ce que signifie l’ouverture sur l’autre. Les gamins parlent deux ou trois langues naturellement. Ils chantent en anglais. Pas de gêne, pas de pourquoi, pas de comment. La justification se traduit par l’amour, l’inspiration et leur démarche purement artistique. Alors au diable les quotas ! Il reste l’espoir. Paraîtrait-il que les choses sont en train d’évoluer. J’en parle demain, promis !

Les Bronzés en musique

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Impossible à dissocier du film, cette chanson (en écoute plus bas) a marqué une génération, peut-être même deux. « Just Because Of You », le tube des Bronzés font du ski, n’est pas chanté par un obscure chanteur anglo-saxon ni par un Patrick Juvet des Carpates mais par un simple chanteur, Jean-Denis Perez qui réclame justice afin de faire valoir ses droits en tant qu’interprète (notre homme avait intenté une action en justice en 2003 qui vient de rentre un verdict positif pour Jean-Denis). Ecrit et composé par notre Pierre Bachelet national à qui je consacrerai un article un jour ou l’autre, il s’avère que cette simple participation au micro pourrait rapporter 800 000 euros à Perez, en guise de dédommagement, de quoi s’acheter un chalet à Courchevel et skier toute l’année.

Les festivals en soldes

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Les soldes ont démarré hier, la folie a vraiment pu commencer, 200 000 personnes aux Halles à Paris et
toute cette cohue s’empressant de tout acheter moins cher, crise oblige.

La musique en soldes? Et bien oui, 4 Cds pour 20 euros dans les Virgin stores, pour une sélection éclectique est plutôt bien fournie et surtout, avec une bonne avance, des ristournes sur les billets des principaux festivals européens : Main Square Festival à Arras, Rock en Seine, La Route du rock à Saint-Malo, Les Vieilles Charues à Carhaix, Bilbao BBK… Entre 15 et 30% moins cher si vous achetez dès maintenant vos places. Pour exemple, le pass 3 jours pour la prochaine édition de Rock en Seine est à 79 au lieu de 99 euros (vous avez jusqu’à demain soit le 8 janvier pour dénicher l’affaire). Plutôt intéressant. Pour Arras qui détient le record du prix fort, le pass 3 jours « passe » de 135 à 99 euros.

Que cache cette vague de ristourne alors que l’affluence dans les festivals n’a jamais été aussi forte? Lancer le buzz bien en amont? Remercier les fidèles et les festivaliers hardcore? Tout simplement revenir à des tarifs plus abordables et plus proches de la réalité économique?

Réponse et résultats : septembre 2010.

Musique et neurones

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Si vous êtes de celles ou ceux qui ne peuvent se déplacer sans baladeur mp3, Iphone ou autres système sonore mobile, ces quelques lignes risquent de vous conforter dans cette addiction à la musique façon nomade.
D’après une enquête sérieuse menée par Sciences et Avenir, écouter de la musique serait un atout pour développer notre Q.I. Je m’explique. La musique jouerait un rôle d’accélérateur intellectuel par l’intermédiaire de la tonalité et du tempo et le style n’y est pour rien. Rock, rap, classique, jazz, musiques électroniques sont tous sur la même longueur de Q.I. Mieux, la musique « active » rendrait les effets stimulants encore plus probants. Une équipe de l’université de de Long Island (Etats-Unis) a fait suivre des cours de musique à 4 enfants de 6 ans alors que 57 autres en étaient privés. Dix mois plus tard, les musiciens en herbe affichaient des capacités de lecture supérieures à celles du groupe témoin. On parle d’imagerie cérébrale, de connexions neuronales facilitées… Une fois de plus, la musique, l’émotion, l’intellect… Un pouvoir magique !

9,99 euros

Le courrier des lecteurs des magazines peut se révéler être un lieu d’échange, de débat ou la réponse à un sujet d’actualité. En ce moment, sur toutes les lèvres, c’est la loi « Création et Internet », plus connu sous le nom de Hadopi, qui s’impose dans les conversations. Acteurs de la musique et du cinéma, dirigeants politiques, consommateurs, tous se mobilisent pour trouver un remède au téléchargement illégal ou dans une moindre mesure, un consensus pour limiter les dégâts d’un phénomène planétaire et inéluctable. Pas évident. Cette semaine, dans Télérama, un certain M. Guyot répond à Marc Thonon (ndlr. Président du label musical Atmosphériques) avec un point de vue plutôt éclairé sur les supports musicaux actuellement disponibles. Mp3 vs CD, la bataille continue.9_99euros

Le son a été désactivé

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Dans le feuilleton « Comment faire pour sortir piratage de la musique? », Youtube expérimente un gentil message d’accueil du type : « Avertissement : cette vidéo comporte une piste audio dont les détenteurs des droits d’auteur interdisent la reproduction. Le son a été désactivé.”

Pour éviter de se placer en porte à faux par rapports aux majors, le site de partage de vidéos online va restreindre l’accès libre à certains contenus. Depuis quelques semaines, Youtube compte des milliers de vidéos privées de son… On craint une émancipation de ce phénomène sur d’autres plateformes de partage.

Le désarroi dans lequel se trouve l’industrie du disque se confirme.  Pour pallier au manque d’idées modernes et créatives et en attendant les prochaines lois Internet et création, le flou continue de se propager sur la toile. Et je coupe le son. Philippe Katerine avait lui prévu de le remonter…

Brett Deckers : Highly Excellent

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Pour les besoins d’un court métrage de Dan Brooks et Mose Hayward (« Brett Deckers : Highly Excellent »), auteurs et scénaristes américains, nous avons composé deux musiques sur le thème de la mégalomanie totale. Déjantée, borderline, tendancieuse, cette comédie s’appuie sur un monologue croustillant et une mise en scène délicieusement barrée. Mention spéciale à Jordi Soriano, excellent dans le rôle de Brett Deckers.
La vidéo ici

Brett Deckers : Highly Excellent / thème

Lover, Moneymaker / thème

Sondage sur le design sonore / Designer Interactifs

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Xavier Collet, designer sonore et membre des designers interactifs nous a dévoilé il y a peu les résultats d’un sondage sur le design sonore. Très intéressants, ces résultats ne sont pas extrêmement optimistes pour notre métier, encore trop discret dans la sphère interactive, mais nous avons des raisons d’espérer.  Nous lui laissons la parole et le remercions pour le travail effectué.

« Vous avez été 310 à répondre au sondage sur le design sonore, le premier du genre, qui a permis de dresser un premier panorama de la vision de la discipline et de son apport dans la création interactive. Plusieurs constats : malgré le fait que la plupart d’entre nous estiment qu’un design sonore interactif adapté peut enrichir de diverses manières un site internet, son emploi reste très marginal et sa perception laisse encore à désirer. Par exemple, si 88% d’entre nous pensent que le son peut apporter une meilleure efficacité dans la mise en valeur d’une marque ou d’un produit et 97% un plus fort impact émotionnel, nous sommes 40% à garder une impression médiocre des sites sonorisés que nous avons visités et 62% à penser que la réalisation sonore sur le Web fait l’objet d’une faible attention. Ce constat contradictoire illustre assez bien le fait que, si culturellement l’apport potentiel du son est avéré pour la plupart d’entre nous, sentiment souvent issu de notre propre expérience de spectateur (au cinéma, dans la publicité, dans l’art etc…), les réflexions et les pratiques sonores ne se sont pas (encore) généralisées au Web.
 
Les raisons invoquées sont souvent l’omniprésence du texte, qui cohabiterait mal avec le son, ou des problèmes d’ordre technique (bande passante, plugin etc…) ou d’équipement des foyers pour la diffusion de son depuis l’ordinateur. Mais à l’ère de la 3D dans le navigateur, des mondes connectés, du jeu en ligne, de l’utilisation massive de service comme YouTube, de la pénétration de Flash qui tutoie les 100%, certains préjugés sur le son dans la création interactive sont peut-être sur le point d’être remis en question. »

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Travis rocks !

Les écossais de Travis de retour au rock. Back to basics? On peut le dire. Proche de leur premier album (« Good Feeling » sorti en 1997), « Ode To J Smith » est la nouvelle cuvée 2008 qui annonce d’emblée la couleur, du rock’n’roll, point trop de ballades et une dose d’humour comme peut en témoigner le vidéoclip de « Something Anything », premier single de la bande à Fran Healy. On adore.