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Quand la nature s’associe à la musique et aux marques

Docomo touch wood

Docomo Touchwood Commercial

Rémi Babinet, fondateur et président de BETC, s’est entretenu avec le magazine Stratégies (numéro du 18 avril 2013) à propos des campagnes Évian avec notamment les « bébés Évian » qui ont rencontré un franc succès auprès du public (dans le top 3 des publicités préférées des français) et recueilli de nombreux suffrages auprès des professionnels de la communication. Au cours de cet entretien, Rémi Babinet, appuyé par Fabrice Brovelli et Christophe Caurret, les responsables de la cellule prod TV, insiste sur l’importance de la musique dans les campagnes. Depuis la reprise de « We Will Rock You » de Queen devenu un tube de pub international jusqu’au « Here Comes The Hotstepper » de Ini Kamoze lancé aujourd’hui, l’agence travaille à associer la marque avec les artistes et cherche à créer un lien durable, cohérent et naturel pour créer une association qui va marquer les esprits (et une époque!). Alors, il est évident que la chanson possède un pouvoir immense avec la mélodie, le rythme et cette faculté à s’ancrer dans nos têtes, jusqu’à ce que l’on puisse la fredonner, dans les moments les plus incongrus… Mais qu’en est-il du son? Du design sonore plus précisément. Nous avions pu relever l’exploit de Honda avec la publicité pour la Civic en 2006 et sa « chorale mécanique ». Il y en a eu d’autres depuis mais cet exemple est particulièrement exceptionnel… et fort. La réalisation est ambitieuse, se frotte à la nature pour reproduire un xylophone démesuré et réinterpréter une oeuvre majeure de Bach (« Jesu, Joy Of Man’s Desiring, Cantate No. 147) avec uniquement l’appui d’une matière : le bois. Au delà de la performance audiovisuelle, gigantesque, s’impose une création originale et relevant d’un rapprochement entre l’homme, la nature et… le produit. Car ne soyons pas naïf, il s’agit ici d’une publicité pour un smartphone avec une coque en bois (Docomo TouchWood). Mais qu’importe,  au-delà de l’aspect mercantile, cette initiative est inspirante, singulière et porte des valeurs fortes avec un point d’orgue : l’harmonie. Coup de chapeau à l’agence Drill Inc (et à Morihiro Harano, fondateur et directeur de création dorénavant chez Mori Inc) qui a réalisé ce bijou. Definitely one to watch !

Revolver dégaine sa pop pour Newman

Revolver et la marque Newman

La marque Newman et le groupe français Revolver se sont associés pour mettre au point un clip innovant, permettant de découvrir et commander les vêtements portés par les différents membres du groupe. Ce premier clip interactif mêlant mode, e-shoping et musique permet aux internautes de retrouver l’intégralité du look d’Ambroise Willaume, Christophe Musset et Jérémie Arcache. Il est possible de commander en un clic le vêtement de son choix tout en visionnant le clip. C’est le titre « Still », extrait de leur album « Let Go » sorti en 2012, qui a été choisi pour illustrer cette campagne publicitaire signée BETC. Une façon plutôt originale d’associer la marque et l’artiste, tout en misant sur l’interactivité et le web social, générateur d’audience.

Découvrir l’opération et le clip interactif ici.

Tame Impala va-t-il réveiller BlackBerry?

BlackBerry Z10 spot publicitaire

Rapidement dépassé et rendu obsolète par ses concurrents (Samsung et Apple en première ligne), le fabricant de mobile canadien tente de redresser la barre avec la sortie de son nouveau terminal, le Z10, censé redevenir compétitif sur le marché des smartphones. S’associer au groupe Tame Impala, responsable de l’un des meilleurs albums de 2012 avec « Lonerism », est plutôt judicieux et garant d’une bonne opération pour la marque pouvant s’enorgueillir d’un goût fin pour la chose musicale. Mais il y a un hic, et sans doute pas qu’un… La réalisation et la trame scénaristique du spot publicitaire jouent sur des thèmes déjà éprouvées (quid des réalisations de Michel Gondry du début du millénaire et de la trame narrative du spot publicitaire de la CNP mythique datant de 1993 – avec la valse de Dimitri Chostakovitch – ) et la synchro n’est pas immédiate, dans le sens où l’on obtient pas un mariage évident entre le propos, les images et la musique. Verdict : une bonne occasion d’ouvrir les portes des foyers au groupe de rock psychédélique australien mais une synchro à oublier. Tout de même, souhaitons bonne chance au BlackBerry Z10 qui, paraît-il, enregistre de bons chiffres de vente. Certainement pas grâce à ce spot…

Badoit fait vibrer la royauté avec Django Django

Badoit (spot 2013)

Bonne nouvelle de retour d’une escapade en Andalousie, c’est un des morceaux du premier album de Django Django (« Django Django », sorti en 2012) qui fait office de synchro pour Badoit, la célèbre boisson gazeuse « inventée » par Auguste Badoit à la fin du XVIII ème siècle. Et c’est dans cette optique que le spot publicitaire met la royauté française dans tous ses états avec le riff very sixties du groupe anglais. Une bonne pioche signée BETC Music.

Le nouveau spot Badoit (2013).

La chanson dans son intégralité (« Wor ») signée Django Django.

Dan Deacon et le concert de smartphones

Dan Deacon

Présent dans notre top 10 de l’année 2012 (album « America »), Dan Deacon a façonné une pop bruitiste où l’expérimentation prime sur la tradition songwriting façon 3’30 couplet-refrain. Très denses, les titres sont une manière d’allier la technique instrumentale et le bidouillage tous azimuts. Sans perdre de vue l’intérêt harmonique (« True Trush ») et quelques embardées non sans rappeler les new-yorkais TV On The Radio, c’est  un déluge de son qui nous envahit jusqu’à ce moment de répit, « Pretty Boy », un petit bijou venu de nulle part. Ensuite, l’embardée sonore reprend, avec une effusion de sons synthétiques accompagnant un shoegazing brut et parfois une suite percussive inspirée d’un Philip Glass (« USA III : rail »). Ambitieux, donc. Curieux d’imaginer sa musique en concert (et puis comment un potentiel visuel pourrait s’y intégrer), l’américain a  poussé l’expérimentation plus loin en invitant son public à participer à ses concerts grâce à une application pour Iphone et Android« Dan a besoin de votre aide! Participez au concert! », est-il écrit sur des affiches à l’entrée de la salle. Une fois téléchargée (gratuitement), l’application n’a pas besoin d’être connectée à un réseau Wifi pour fonctionner. Elle permet de synchroniser les smartphones qui l’utilisent, lesquels se transforment alors, dans les mains du public, en lumières, stroboscopes ou instruments de musique. A voir là vidéo (ci-dessous), on a vite compris pourquoi les briquets ont (quasiment) disparu des salles de concert.

The Sound of Brands

Stylus_A world of inspiration

J‘ai récemment été interviewé par le journaliste britannique Mark Tungate à propos des marques et leur univers sonore (rubrique culture et média du magazine Stylus). A travers cet article très intéressant et passionné, plusieurs experts (dont Uli Reese et Steve Keller de iV Group)  s’expriment sur le sujet et viennent confirmer l’impact du « sonore » comme vecteur essentiel de l’identité d’une marque. Voici les morceaux choisis et l’article dans son intégralité à consulter.

About the memorization (parallel with movie « Jaws ») : « For more than half a movie, the shark exists only as a sound, a theme. Not only is music pure emotion – it’s also pure memory, which is highly desirable for brands. » Uli Reese

About the sound strategy : « A sound strategy should echo the philosophy of the brand. For example, automobile brands like Audi or BMW have a signature ‘noise’ – that’s because they’re masculine, insistent. Engines are all about noise. » Nicolas Lordier

About the music : « it’s obvious that classical music evokes luxury and quality, while electronic music is suited to technology and rock equals youth. But you should try to break the mould. If we come up with something that disturbs the client slightly, we’re on the right path. Strange is memorable. » Nicolas Lordier

« There is a trend towards licensing tracks because the belief is that this somehow imparts authenticity or a ‘cool factor’. But brands should realise that it’s always shared equity: you’re attaching your brand to the brand of the artists. Plus you’re essentially ‘renting’ an audio asset that you can never own. » Steve Keller

About the alternative use of sound : « New technologies allow us to use sound, and capture sonic space, in ways we never dreamed possible. Brands should ask themselves five specific that will help them to make more objective choices about sound: Is it congruent? Is it distinct? Is it flexible? Is it memorable? Is it ownable. » Steve Keller

L’article dans son intégralité :  w: Itw N.Lordier_Stylus_The_Sound_of_Brands

Beck revisite Sound and Vision de Bowie

Beck revisite Sound and Vision de Bowie

Ces dernières années, les nouvelles de Beck ont été des participations à divers projets (dont un « IRM » avec Charlotte Gainsbourg réellement dispensable), des remix (Lykke Li et le titre « Get Some ») et bandes originales (« Scott Pilgrim vs The World »). Pas l’ombre d’un nouvel album depuis « Modern Guilt » en 2008, un disque laissant de côté les expérimentations sonores et le travail de concept (« The Information » paru en 2006) et privilégiant l’efficacité de chansons pop tout juste arrangées pour un combo rock traditionnel. Un single sur le label de Jack White (Third Man Records) l’année dernière et quelques fuites de Justin Medal-Johnsen sur Twitter sur des enregistrements « hallucinants », nous laissent deviner que cette année 2013  sera inévitablement marquée par l’auteur de « Loser ».

En attendant, c’est un Beck aventurier que nous retrouvons, partant en forêt pour décrypter le classique « Sound and Vision » de Bowie et en faire une oeuvre nouvelle et atypique. Avec en ligne de mire l’idée d’une réinterprétation qui ne disposerait d’aucune limite (dans l’instrumentation, l’arrangement et la production), le chanteur s’est approprié cette pierre angulaire de la trilogie berlinoise du Thin White Duke en associant 160 musiciens à ce projet fou pour un spectacle à 360° devant une audience conquise. C’est une épopée où Beck, « kind of »  Swan de Phantom of the Paradise, est au centre d’une expérience instrumentale où l’orchestral et la (presque) démesure succèdent à une entrée mystérieuse où le sonore et l’abstrait laissent imaginer l’emprunte et l’inspiration d’un Philip Glass.

L’initiative émane de la marque Lincoln pour un programme multiplateforme (« Hello Again ») qui invite les artistes à réinterpréter des oeuvres classiques pour les transformer en OVNI sonores du 21ème siècle (« this is where past creations inspire new ideas ») . Belle idée de Lincoln qui, en marge d’assoir son implication et son investissement dans l’art (les exemples de ce type sont de plus en plus nombreux, les marques étant de plus en plus présentes aux côtés artistes faisant valoir un engagement dans la créativité), laisse s’échapper une pièce de musique ambitieuse.

Depeche Mode et Volkswagen

Nouvelle association artiste et marque avec Depeche Mode, fleuron de la new wave et de l’électro pop et Volkswagen, fer de lance de l’industrie automobile allemande. Alors que les anglais démarrent la promotion de leur prochain (et très attendu) album, c’est « People Are People », un classique du groupe (tiré de l’album « Master And Servant » sorti en 1984) chanté par Martin Gore et Dave Gahan qui illustre le spot publicitaire, avec différentes interprétations, jusqu’à l’apparition brève de son leader charismatique dans sa Golf. Volkswagen, voiture du peuple, « People Are People », pas nécessaire de faire un dessin.

Le spot Volkswagen Golf : 


« People Are People », chanson originale en intégralité : 

Le cri américain

En pleine réalisation sonore d’un épisode de série animée, voilà qui vient distraire mon esprit avide de curiosités sonores. Aujourd’hui, retrouvons à l’honneur « The Wilhem Scream », une compilation d’extrait de films qui nous présente le cri le plus célèbre de l’histoire du cinéma. Étonnant de voir qu’entre 1953 et 1999, le même cri ait été utilisé sur un nombre assez impressionnant de films (de Disney en passant par Tarentino, Spielberg et Lucas). Est-ce une blague des bruiteurs et designers sonores américains? Ou tout simplement, le son à placer absolument… Sous différentes formes, avec ou sans effets, plus ou moins proche dans le mixage, il s’agit du même cri, toujours ce simulacre de mort, délicieusement ridicule, flirtant avec la voix haut perchée d’un homme ayant renoncé définitivement à sa virilité. Cocasse.

 

Daft Punk au blues pour Yves Saint Laurent

Daft Punk au blues, concrètement ça donne quoi? Prenons les bases, le duo français, fer de lance du mouvement French Touch et grand représentant de la musique éléctronique depuis 1997 avec le fameux « Homework », album qui fit danser toute une génération, à l’aube du changement de millénaire. Ajoutons à cela une (petite) poignée d’albums, B.O et projets parallèles et les Daft deviennent un monument, une référence pour les Justice et toute la sphère Ed Bangers. Quinze ans après, avec maturité et élégance, nos quasis quadras de l’électro se penchent sur le blues d’un certain Junior Kimbrough. Un prétexte : la fashion week. Une occasion : remettre en selle un grand bluesman disparu après une carrière pas réellement couronnée de succès. Un objectif : la fashion week et le défilé Yves Saint Saint Laurent.

Pour tous les aficionados de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo, pas de quoi fouetter un robot chat mais bel et bien un exercice de style puisqu’il s’agit d’un « edit » de l’oeuvre de Junior Kimbrough. Un edit étant un montage de séquences sonores. L’idée étant de créer un mix original (avec quelques libertés de boucles par moment). Vous m’direz, où peut-on reconnaître la patte Daft Punk? Nulle part. Pas de confrontation electro-blues, pas d’alliages d’univers mais une belle occasion de (re)découvrir la musique d’un artiste atypique (et respecté d’un grand nombres d’artistes, dont les Black Keys qui ont publié un album de reprises en son honneur en 2006). Et puis, le blues, les Daft, Saint Laurent, n’y aurait-il pas l’idée d’envahir le catwalk d’un certain mystère casqué de hype? Plutôt cool, Monsieur Slimane.