Les nouveautés de la semaine #1

Ariel Pink_Dedicated to Bobby Jameson

Attendu comme le messie par tout un public friand de fresques pop baroques, Ariel Pink revient enfin 3 ans après l’album de l’année 2014 (« Pom Pom »). « Another Weekend », en guise d’amuse bouche, tient toutes ses promesses et livre une continuité digne de son parfait prédécesseur. Le nouvel album est disponible sur toutes les plateformes d’écoute en ligne et, bien entendu, en Cds et les vinyles pour les plus mélomanes et nostalgiques d’entre vous.

DontBlameMeWeek#4

rapper's delight_the sugarhill gang

Bien avant « The Message » de Grandmaster Flash, considéré comme une des oeuvres tutélaires du rap US, c’est « Rapper’s Delight » qui allait donner une impulsion au hip hop dans l’industrie musicale. Big tune, isn’t it? The Sugarhill Gang n’a pas été cherché bien loin pour construire son instru : un peu de disco, et pas n’importe laquelle, celle de Nile Rodgers et Bernard Edwards du groupe Chic que l’on a mis en lumière il y a juste 48 heures. Parfait pour rester dans le mood !

DontBlameMeweek#3

Cerrone_GiveMeLove

Continuons à surfer sur le sommet de la disco avec le french godfather Cerrone. Batteur de formation, on reconnait son style entre mille : breaks de batterie, caisse claire mate, effluves synthétiques, la répétition infinie du sexy « Give me love, give me love that you’ve got »… tout est absolument génial sur ce titre. « Give Me Love » est un autre pilier de toute soirée qui se respecte. À bon entendeur !

PS : la version de 7 minutes offre une intro de percussions parfaite pour enflammer le dancefloor.

DontBlameMeWeek#2

Chic-Dimitri-From-Paris-I-want-your-love

On poursuit cette semaine « dancefloor » avec un remix considérablement génial d’un morceau au groove tellurique. Et si je vous dis Nile Rodgers? Chic? Avec l’appui de Dimitri From Paris pour un remix d’enfer, ce classique reste tout simplement un point culminant de la night.

DontBlameMeWeek#1

 

Bruno Mars-Locked Out To Heaven

Il y a des titres que l’on n’écouterait probablement pas chez soi mais qui ont une place privilégiée, à un moment précis. Sans être révolutionnaire, « Locked Out To Heaven » n’en demeure pas moins un morceau d’une redoutable efficacité pour tout dancefloor qui se respecte. Sans arriver à titiller son maître (ndlr. Michael Jackson), Bruno Mars et ses acolytes auteurs et producteurs (ils sont généralement nombreux sur ce type de production) font le job à merveille. À croire que Sting est venu filer un coup de main…

Top albums 2015

Sufjan Stevens_Carrie & Lowell

1. SUFJAN STEVENS – Carrie & Lowell

Le numéro 1 presque évident car tant attendu… et surtout tellement réussi. Après quelques détours dans une pop ambitieuse jonchée de sonorités électro tous azimuts (« The Age of Adz ») et chez le Père Noël (deux coffrets de chansons de Noël), Sufjan Stevens revient sur le trône qu’il occupe depuis maintenant dix ans, celui de la chanson folk épurée, à la mélodie belle à pleurer.

 

Tobias Jesso Jr_Goon

2. TOBIAS JESSO JR – Goon

Perdu pour l’humanité, Tobias Jesso Jr. se sentait condamné au rôle de beautiful loser… Mais c’était sans compter sur l’inespéré « Goon », un album à la beauté désarmante, servi par des chansons au songwriting délicat, interprétées au piano, que l’on croit directement empruntées à John Lennon, Harry Nilsson ou au jeune Elton John du début des années soixante-dix (les rimes en « onnes » n’ont pas été calculées ;).

 

The Tallest Man On Earth_Dark Bird Is Home

3. THE TALLEST MAN ON EARTH – Dark Bird Is Home

Injustement absents des top albums de 2015 d’une grande majorité des médias spécialisés, Jens Kristian Matsson (aka The Tallest Man On Earth) et son nouvel album « Dark Bird Is Home » étaient pourtant une des meilleures nouvelles de cette année. Cette folk remplie d’une énergie et d’un ensoleillement propice à l’évasion ont comblé une grande partie de mon été. Petit trésor caché, je demeure heureux qu’il n’apparaisse pas partout dans les classements finalement…

 

Tame Impala_Currents

4. TAME IMPALA – Currents

A contrario du numéro 3 de mon top, Tame Impala a crée l’adhésion de la majorité, une sorte de plebiscite quasi total. Justifié, oui, sans doute, Kevin Parker ayant un talent fou pour le songwriting et une capacité à arranger et à créer un univers sonore fort et caractéristique. Quasiment seul au commande de « Currents », l’australien livre une dizaine de chansons psyché pop, abandonnant la guitare pour laisser une grande place aux synthétiseurs planants. « Let It Happen » est probablement une des meilleurs titres de l’année, tous styles confondus.

 

Slaves_Are We Satisfied?

5. SLAVES – Are You Satisfied?

THE truc rock de l’année 2015, celui que l’on attendait plus depuis les Arctic Monkeys en Angleterre (en disette niveau rock ces dernières années). Bon, vous m’direz, le rock pur et dur c’est plus trop la came de 2015. Qu’importe, pour avoir vu ces lads dans une petite salle parisienne (la Maroquinerie au mois de novembre dernier), c’est l’album vengeur que je recommande à quiconque qui, au-delà de savoir pogoter, veut lever le poing sur des songs décapantes et musclées et perdre des calories.

 

Queen_A Night At The Odeon

6. QUEEN – A Night At The Odeon

Certes, l’enregistrement date de 1974, à l’aube de Noël d’ailleurs… Mais ce témoignage unique de l’un des fleurons du rock anglais mérite une attention particulière. C’est juste l’apogée d’une oeuvre impossible à reproduire, celle de Queen, avec ce son inimitable et ce gigantisme glam pleinement assumé. Pour la petite histoire, cette nuit à l’Odéon marqua les premiers pas de l’oeuvre ultime du groupe : « Bohemian Rhapsody », nommée plus grande chanson de l’histoire musicale anglaise. Pour un fan, c’est le must.

 

Blur_The Magic Whip

7. BLUR – The Magic Whip

Certainement pas le meilleur album de Blur depuis sa création mais un retour digne, avec des chansons témoins d’une époque où le groupe faisait figure d’empereur de la pop (« Lonesome Street » ou « Go Out » lazy à souhait ou le Song 2 bis « I Broadcast »). Le reste sonne très Damon Albarn en solo mais cette petite mixture est un régal (j’avoue, aller, une forme de subjectivité à l’égard d’un groupe qui a bercé mon adolescence).

 

They Might Be Giants_Why

8. THEY MIGHT BE GIANTS – Why?

Les mecs étaient responsables du générique de la série Malcolm. Des quinquas de la pop indé US ont réalisé l’album foutraque et farfelu de l’année qui nous ramène directement aux nineties de Weezer, Cake et à quelques délires en chemise à carreaux, chaussettes et tongs… Allons savoir ! L’album « Why? » est collection de chansons rigolotes. On a l’impression d’une sorte de gros assortiment de bonbons Régal’ad où l’on pioche en toute décontraction, avec la gourmandise d’un enfant de sept ans.

 

Miley Cyrus_Miley Cyrus & Her Dead Petz

9. MILEY CYRUS – Miley Cyrus & Her Dead Petz

La surprise, même pas honteuse, de ce classement. À l’évocation du nom Miley Cyrus dans un top album, mélomanes et esthètes peuvent crier au scandale (à juste titre peut-être). L’ (immaculée) conception Disney n’est plus vraiment l’idole des gamines de 8 ans. Hannah Montana a grandit, s’est affirmée, voulant damer le pion à ses copines Beyoncé, Madonna ou Lady Gaga avec des tenues à la limite du ridicule. En réalité, on s’en fout, en 2015, Cyrus a sorti un truc assez dingo, avec l’aide de Wayne Coyne et la team Flaming Lips et… c’est diablement bon, loin des clichés r’n’b qui font honte à la musique, une pop colorée avec une dose d’arrangements foutraques. Ses « dead petz » forment un concept album surprenant, d’excellente facture. Le truc, c’est qu’il n’est pas disponible, ni en streaming, ni en téléchargement, ni en CD, ni en vinyle… juste gratuit sur Soundcloud. Miley, aller, je t’ajoute sur Facebook.

 

William Sheller_Stylus

10. WILLIAM SHELLER – Stylus

L’élégante mélancolie à son sommet. Sheller, comme les deux Michel, Polnareff et Berger, vient chanter des balades qui foutent le bourdon, au piano, avec une émotion à rester chez soi à observer la pluie. Depuis « Un Homme Heureux », j’ai ce délicieux plaisir de guetter le rare Sheller et ses chansons. Là, à l’écoute de « Bus Stop », troisième plage de son nouvel album, « Stylus », je me dis que le mec vole bien au-dessus de la chanson française actuelle… Pour flirter avec le génie mélodique d’un Mc Cartney.

Célébrons Elliott Smith

Elliott Smith_Jason Lytle

Disparu au sommet de sa « gloire », un bien grand mot considérant l’artiste, tant il était discret dans un music business alors florissant mais arrivant en fin de règne (Napster et le vilain Mp3 paré pour détourner le consommateur du format de l’époque, ce bon vieux CD), Elliott Smith laisse néanmoins une trace forte dans l’histoire du rock indépendant. Nous étions en 2003, l’américain restait sur un dernier album, « Figure 8 » sorti en 2000, peut-être son meilleur (avec « XO », difficile de trancher), d’une beauté telle qu’il était difficile d’imaginer une fin, encore moins un néant à venir… Certes, depuis, Sufjan Stevens est passé par là, reprenant le flambeau de ce songwriting écorché, toujours au plus près de la mélodie parfaite. Aujourd’hui, malgré le manque, demeurent quelques initiatives. Judicieuses, dirais-je… Celle de Yann Debiak était de réunir Jason Lytle, tête pensante et chanteur multi instrumentiste de Grandaddy (en train d’enregistrer un nouvel album soit dit en passant) et Troy Von Balthazar, avec l’impulsion d’un orchestre de chambre (The Color Bars Experience), autour des chansons de « Figure 8 », pour un concert exceptionnelle au studio 105 de la Maison de la Radio. Ce matin, dans le TGV m’amenant à Strasbourg, j’ai (enfin) pu écouter l’heure et demie de ce concert grâce à l’excellente émission « Label Pop » de Vincent Théval disponible en podcast sur l’appli France Musique. Un beau moment, respectueux de l’oeuvre d’Eliott Smith, magnifié par l’apport des cordes donnant une dimension supplémentaire aux chansons. À écouter. Religieusement.

New Order – Music Complete (2015)

New Order_Music Complete

D‘évidence, la sortie d’un nouvel album de New Order, même dix ans après un dernier effort plutôt superflu (« Waiting For The Siren’s Call »), s’avère être un événement. Les anciens locataires (et propriétaires…ruinés) de feu la Hacienda, lieu culte de l’époque Factory, continuent d’entretenir la flamme d’une époque révolue mais toujours aussi en prise avec la vibe du moment.  À en croire les dernières productions pop du moment, les années 80 n’ont jamais été aussi vives, célébrant (parfois à outrance et « pour faire comme ») les synthès et les boîtes à rythme. Malgré l’absence de l’un de ses membres fondateurs (le tempêtueux Peter Hook parti en 2006), les deux rescapés de la première époque (Bernard Sumner et Stephen Morris, respectivement chanteur-guitariste et batteur), et plus loin encore, de Joy Division, restent fidèle à la recette maison. Servie comme à l’accoutumée, on retrouve les ingrédients synth pop basiques mais parfaitement indispensables : de bonnes chansons pop avec une garniture synthétique toujours efficace (« Singularity », « Tutti Frutti », « Academic »). Contrairement à « Get Ready », leur dernier excellent cru de 2001, « Music Complete » lorgne vers un NO à cheval entre « Power, Corruption & Lies », « Brotherhood » et le side-project de Sumner, Bad Lieutenant, sorti en 2009. Un vrai panorama du savoir-faire des mancuniens finalement (avec « People On The High Line » ce bonus discoïde assez réussi en cinquième plage). Hormis quelques titres plutôt anecdotiques (« Stray Dog » malgré la présence d’Iggy Pop au micro, « Unlearn This Hatred »), avec quarante arrière dans les pattes, Sumner and co continuent d’écrire de bonnes chansons et entretiennent la dynamique d’un style qu’ils ont contribué à créer. Toujours en marge des monstres de la décennie à la chromie incontrôlée (Depeche Mode, Cure, Tears For Fears qui cartonnaient à chaque single…), la dramaturgie et les hit singles en moins,  ils gravent un peu plus leur nom dans l’histoire de la pop moderne, avec ce supplément d’âme qu’ont su reconnaître leurs suiveurs (et talentueux invités) sur l’album (Brandon Flowers des Killers et La Roux). À noter, l’excellente édition double vinyle transparent tirée à 500 exemplaires que votre serviteur s’est procuré. Cool mais gimmick. Mais cool.

Un Voyage à Travers le Son

Jean-Michel Jarre

Après un silence radio de plusieurs années, Jean-Michel Jarre a retrouvé le chemin des studios, avec l’album « Electronica 1 : The Time Machine » prévu pour le 16 octobre 2015 (voir le trailer ici). Le compositeur continue d’explorer la musique électronique collaborant, pour ce nouveau projet, avec un nombre impressionnant d’artistes sur un spectre allant des années 70-80 (Pete Townshend des Who, Vince Clark, John Carpenter, Tangerine Dream…) jusqu’à notre époque, convoquant quelques piliers de l’électro internationale (3D de Massive Attack, Air, Moby, Boyze Noise, M83, Sébastien Tellier…). Il revient sur sa pièce maîtresse, « Oxygène », album phare de la musique électronique moderne et énorme succès mondial (vendu à plus de 18 millions d’exemplaires) et livre ses souvenirs, la genèse de ses productions live monumentales, son déplacement en Chine et à Houston pour les 150 ans de la ville et les 25 ans de la NASA (pour l’occasion, il a composé le dernier morceau de son album « Rendez Vous » pour être joué dans la navette Challenger). Cette magie éphémère, comme il le souligne, s’ajoute au désir d’explorer de nouvelles manières de créer de la musique, utilisant des instruments de musique atypiques (la harpe laser par exemple) et considérant la forme ludique que peut revêtir celle-ci (la haute dimension du multimédia présente dans ses oeuvres). Le documentaire d’Arte touche un sommet lorsqu’il évoque son père, Maurice Jarre, monstre sacré de la musique de films (sa relation, distante mais respectueuse avec ce géniteur, absent, du fait d’une carrière mirifique à Hollywood), sa rencontre avec Pete Townshend (quel plaisir de le revoir bousculer sa Telecaster, avec cette rythmique si caractéristique, nous ramenant aux grandes années soixante, rageuses, celles des Who et du rock façon mods) ou Gary Numan, précurseur du rock indus et faiseur de tubes synth pop (« Cars », « Me! I Disconnect »). Le compositeur se raconte, au fil du temps, avec Charlotte Rampling, probablement sa Muse, celle de la décennie fondatrice de sa carrière dès l’entame de ce qui allait devenir son oeuvre ultime, « Oxygène ». À visionner jusqu’au 19 octobre prochain sur Arte TV.

 

Are You Talkin’ To Me?

Taxi Driver

Un des classiques de Martin Scorsese à qui l’on doit quelques chefs d’oeuvre du cinéma américain (il serait trop long de tous les citer ici), dont l’incontournable Taxi Driver où l’on voit Travis Bickle, interprété par un Robert De Niro en état de grâce, côtoyant la grandeur et la décadence new-yorkaises, jusqu’à perdre définitivement le contrôle et sombrer dans la folie. C’est cette folie que l’on retrouve dans ce montage sonore extrêmement dense où l’on parvient à saisir l’ambiance du film, lourde et oppressante. Avec, en toile de fond, cette mélodie sifflée qu’il m’arrive de reproduire dans les transports en commun, légère mais inquiétante, chevauchée par un déluge de sons concrets (bruits de revolver, portes de voiture…) et cette note d’infra basse tenue, comme pour appuyer le drame qui est en train de se dérouler sous nos yeux (sous nos oreilles, dois-je dire?). La montée en puissance est comparable à l’état dans lequel va évoluer le personnage de Travis Binckle, pris en étau entre sa raison, ses sentiments et l’implacable violence de la ville. Réalisé par Pable Fernandez Eyre, un directeur artistique barcelonais, cet essai vient parfaitement compléter le slogan mythique « Are You Talkin’ To Me », inlassablement repris par une, deux, trois générations… Car, dans moins d’un an, arrivera l’âge canonique, les quarante ans de cette pellicule mythique.