Tous les articles tagués 1983

3 Articles

Les classiques de la semaine (et qui tuent) #2

David Bowie, presque 3 ans après sa disparition (déjà…), revient avec le coffret « Loving The Alien » regroupant sa période discographique de 1983 à 1988. Une petite réécoute de l’album « Let’s Dance », seul album incontournable de la décennie eighties du Thin White Duke avec le génial « Scary Monsters » sorti en 80, est donc lancée sans perte mais avec fracas, considérant un volume acceptable pour apprécier le travail calibré « funky hits » du maestro Nile Rodgers à la production. Hormis le hit « Let’s Dance » qui installe Bowie dans les stades, les clubs et lui assure une retraite dorée, « China Girl » écrit avec Iggy (qui dispose également de sa version) et « Modern Love » qui ouvre l’album, on retrouve ce titre, « Criminal World », échappé de la discographie du groupe Metro, en guise de réjouissance. Tout y est succulent, de la ligne de basse de Carmine Rojas, ossature en mode patron XXL, en passant par la voix de Bowie, enjôleuse, susurrant les couplets comme s’il se confiait sur la préparation d’un plan diabolique, jusqu’à l’apparition de Stevie Ray Vaughan en majesté, serial killer de la guitare, qui exécute sa partie bluesy sous amphétamine et fait s’envoler le morceau. Paraît-il que le loustic serait resté 2 heures en studio pour enregistrer la totalité des solos de l’album… Le monstre !  Alors, faut-il revoir son appréciation sur cette soit-disant décennie sèche du grand David? Le Major Tom avait-il déserté le terrain de l’inspiration? Les 2-3 albums qui ont suivi ne représente aucun réel intérêt, en revanche, « Let’s Dance » se tient admirablement bien avec ses 8 pièces d’expression. On aime, on réécoute, en boucle !

 

 

Deutsche Elektronische Musik 2 (2013)

Deutsche Elektronische Musik 2

Mettant en scène la crème de la musique krautrock (« rock du chou », genre musical consacrant les musiques électroniques et rock expérimental allemand), le deuxième volet de Deutsche Elektronische Musik regroupe une bonne poignée de quelques incontournables du genre (Can, Amon Düül II, Neu! ou Faust) qui ont su « s’internationaliser » mais également quelques raretés insoupçonnées et parfois délirantes (le psychédélisme d’A.R Machines tout droit sorti du « Majestic Request » des Stones) ou tout simplement ancré dans l’opéra rock façon « Tommy » des Who avec Gila et son « Sunday Dance » parfaitement british. Retranchés de part et d’autre du mur de Berlin (nous sommes entre 1971 et 1983) mais à dominante occidentales, la plupart de ses productions surfent à contre courant des tendances du moment, en Angleterre avec le glam rock, le heavy et plus tard le punk, voir précèdent certaines nouvelles sonorités qui feront légion dans les pays anglo-saxons au cours des années 80 (pop synthétique, new-wave). A posteriori, on se rend compte de l’impact de ces artistes sur un grand nombre de sorties de ces dernières années (Michael Hoening avec « Sun And Moon » et ce parallèle avec la french touch et notamment Sébastien Tellier, Can avec « Halleluwah » sur Radiohead et plus particulièrement Thom Yorke ou D.A.F. sur la James Murphy ou Liars…) et cette compilation, bien que pas forcément nouvelle pour un amateur du genre, saura dresser un panorama complet de la musique teutonne au cours de cette décennie légendaire de l’histoire du rock. Un incontournable donc, sorti tout droit de l’excellent label londonien Soul Jazz Records.

Can – Halleluwah (1971)

Michael Rother – Karussell (1977)

The Chameleons, trésor caché du rock


D
écouverts sur ma plateforme préférée (Qobuz, à force de la nommer, je vais finir par être accusé d’un prosélytisme « Steve Jobsien » ou pire d’être un agent infiltré de la plateforme musicale haute définition), The Chameleons ou l’art de la pratique post punk. Nous sommes au début des années 80 en Angleterre, Joy Division a ouvert la voix à ceux qui rêvaient d’un punk plus « intello » et moins destroy, les Smiths envisagent le romantisme dans le rock saupoudré d’une rebellion envers le pouvoir Thatcherien et les Cure font cohabiter étrangeté et prémices du gothique. J’y retrouve également quelques éléments qui m’évoquent les premiers albums de Midnight Oil (dans l’état d’esprit et le son), autre découverte fatale de mon adolescence (merci au paternel et à sa collection de Cds, que j’ai dépassé depuis quelques temps maintenant). Adoubés par John Peel en personne, j’ai eu du mal à sélectionner un titre représentatif de leur (courte) discographie. Cela dit, « A View From A Hill » constitue un vrai joyau de songwriting enrobé d’une atmosphère délicieusement embrumée et d’une beauté saisissante. Et puis, c’est le dernier morceau de l’album « Script Of The Bridge »(1983) considéré, à très juste titre, comme un indispensable. A découvrir de toute urgence !