Tous les articles tagués albums

6 Articles

Top albums 2015

Sufjan Stevens_Carrie & Lowell

1. SUFJAN STEVENS – Carrie & Lowell

Le numéro 1 presque évident car tant attendu… et surtout tellement réussi. Après quelques détours dans une pop ambitieuse jonchée de sonorités électro tous azimuts (« The Age of Adz ») et chez le Père Noël (deux coffrets de chansons de Noël), Sufjan Stevens revient sur le trône qu’il occupe depuis maintenant dix ans, celui de la chanson folk épurée, à la mélodie belle à pleurer.

 

Tobias Jesso Jr_Goon

2. TOBIAS JESSO JR – Goon

Perdu pour l’humanité, Tobias Jesso Jr. se sentait condamné au rôle de beautiful loser… Mais c’était sans compter sur l’inespéré « Goon », un album à la beauté désarmante, servi par des chansons au songwriting délicat, interprétées au piano, que l’on croit directement empruntées à John Lennon, Harry Nilsson ou au jeune Elton John du début des années soixante-dix (les rimes en « onnes » n’ont pas été calculées ;).

 

The Tallest Man On Earth_Dark Bird Is Home

3. THE TALLEST MAN ON EARTH – Dark Bird Is Home

Injustement absents des top albums de 2015 d’une grande majorité des médias spécialisés, Jens Kristian Matsson (aka The Tallest Man On Earth) et son nouvel album « Dark Bird Is Home » étaient pourtant une des meilleures nouvelles de cette année. Cette folk remplie d’une énergie et d’un ensoleillement propice à l’évasion ont comblé une grande partie de mon été. Petit trésor caché, je demeure heureux qu’il n’apparaisse pas partout dans les classements finalement…

 

Tame Impala_Currents

4. TAME IMPALA – Currents

A contrario du numéro 3 de mon top, Tame Impala a crée l’adhésion de la majorité, une sorte de plebiscite quasi total. Justifié, oui, sans doute, Kevin Parker ayant un talent fou pour le songwriting et une capacité à arranger et à créer un univers sonore fort et caractéristique. Quasiment seul au commande de « Currents », l’australien livre une dizaine de chansons psyché pop, abandonnant la guitare pour laisser une grande place aux synthétiseurs planants. « Let It Happen » est probablement une des meilleurs titres de l’année, tous styles confondus.

 

Slaves_Are We Satisfied?

5. SLAVES – Are You Satisfied?

THE truc rock de l’année 2015, celui que l’on attendait plus depuis les Arctic Monkeys en Angleterre (en disette niveau rock ces dernières années). Bon, vous m’direz, le rock pur et dur c’est plus trop la came de 2015. Qu’importe, pour avoir vu ces lads dans une petite salle parisienne (la Maroquinerie au mois de novembre dernier), c’est l’album vengeur que je recommande à quiconque qui, au-delà de savoir pogoter, veut lever le poing sur des songs décapantes et musclées et perdre des calories.

 

Queen_A Night At The Odeon

6. QUEEN – A Night At The Odeon

Certes, l’enregistrement date de 1974, à l’aube de Noël d’ailleurs… Mais ce témoignage unique de l’un des fleurons du rock anglais mérite une attention particulière. C’est juste l’apogée d’une oeuvre impossible à reproduire, celle de Queen, avec ce son inimitable et ce gigantisme glam pleinement assumé. Pour la petite histoire, cette nuit à l’Odéon marqua les premiers pas de l’oeuvre ultime du groupe : « Bohemian Rhapsody », nommée plus grande chanson de l’histoire musicale anglaise. Pour un fan, c’est le must.

 

Blur_The Magic Whip

7. BLUR – The Magic Whip

Certainement pas le meilleur album de Blur depuis sa création mais un retour digne, avec des chansons témoins d’une époque où le groupe faisait figure d’empereur de la pop (« Lonesome Street » ou « Go Out » lazy à souhait ou le Song 2 bis « I Broadcast »). Le reste sonne très Damon Albarn en solo mais cette petite mixture est un régal (j’avoue, aller, une forme de subjectivité à l’égard d’un groupe qui a bercé mon adolescence).

 

They Might Be Giants_Why

8. THEY MIGHT BE GIANTS – Why?

Les mecs étaient responsables du générique de la série Malcolm. Des quinquas de la pop indé US ont réalisé l’album foutraque et farfelu de l’année qui nous ramène directement aux nineties de Weezer, Cake et à quelques délires en chemise à carreaux, chaussettes et tongs… Allons savoir ! L’album « Why? » est collection de chansons rigolotes. On a l’impression d’une sorte de gros assortiment de bonbons Régal’ad où l’on pioche en toute décontraction, avec la gourmandise d’un enfant de sept ans.

 

Miley Cyrus_Miley Cyrus & Her Dead Petz

9. MILEY CYRUS – Miley Cyrus & Her Dead Petz

La surprise, même pas honteuse, de ce classement. À l’évocation du nom Miley Cyrus dans un top album, mélomanes et esthètes peuvent crier au scandale (à juste titre peut-être). L’ (immaculée) conception Disney n’est plus vraiment l’idole des gamines de 8 ans. Hannah Montana a grandit, s’est affirmée, voulant damer le pion à ses copines Beyoncé, Madonna ou Lady Gaga avec des tenues à la limite du ridicule. En réalité, on s’en fout, en 2015, Cyrus a sorti un truc assez dingo, avec l’aide de Wayne Coyne et la team Flaming Lips et… c’est diablement bon, loin des clichés r’n’b qui font honte à la musique, une pop colorée avec une dose d’arrangements foutraques. Ses « dead petz » forment un concept album surprenant, d’excellente facture. Le truc, c’est qu’il n’est pas disponible, ni en streaming, ni en téléchargement, ni en CD, ni en vinyle… juste gratuit sur Soundcloud. Miley, aller, je t’ajoute sur Facebook.

 

William Sheller_Stylus

10. WILLIAM SHELLER – Stylus

L’élégante mélancolie à son sommet. Sheller, comme les deux Michel, Polnareff et Berger, vient chanter des balades qui foutent le bourdon, au piano, avec une émotion à rester chez soi à observer la pluie. Depuis « Un Homme Heureux », j’ai ce délicieux plaisir de guetter le rare Sheller et ses chansons. Là, à l’écoute de « Bus Stop », troisième plage de son nouvel album, « Stylus », je me dis que le mec vole bien au-dessus de la chanson française actuelle… Pour flirter avec le génie mélodique d’un Mc Cartney.

TOP 2014 – 1ère partie (de la 6ème à la 10ème place)

Todd Terje - It's Album Time

6. Todd Terje – It’s Album Time

Le norvégien est l’anti David Guetta. DJ et musicien émérite et doté d’une belle culture musicale, il parvient à créer une passerelle entre la synth pop d’un Moroder, la disco façon Cerrone et les standards musicaux des meilleures B.O des films des années 70 (avec l’exemple de François de Roubaix). Mais il ne s’arrête pas là… La cohabitation jazz, house, funk et musique latino est parfaitement dosée, évitant les clichés. « It’s Album Time » est un album brillant, prometteur et déjà promis à une belle reconnaissance (plutôt bien parti avec le featuring de Bryan Ferry sur la reprise du classique « Johnny & Mary » de Robert Palmer, cuisinée aux petits oignons, avec classe et distinction).

Wild Beasts - Present Tense

7. Wild Beasts – Present Tense

Six ans après un premier album à la dominante rock indé, Wild Beasts s’inspire de la frange la plus sensible de la new wave (le Depeche Mode de « Construction Time Again ») et sert ses nouvelles chansons sur un plateau gracieux et élégant, comme le sont les onze chansons de « Perfect Tense ». Toujours en symbiose, les voix de Hayden Thorpe (chant, basse) et Tom Fleming (guitare, chant) marque la singularité d’un groupe qui reprend le flambeau d’un Mark Hollis (Talk Talk) disparu des écrans radars de la musique pop.

The Antlers - Familiars

8. The Antlers – Familiars

Lorgnant subtilement vers les mélodies éthérées de Beach House et les envolées d’un Jeff Buckley, The Antlers mise clairement sur le lyrisme porté par la voie cristalline de Peter Silberman. Jusqu’ici, rien de nouveau… Mais ce qui caractérise particulièrement The Antlers, c’est cette association réussie entre indie rock et arrangements jazzy (les trompettes réverbérées amènent une belle atmosphère), amenant une grande profondeur aux chansons du groupe new yorkais. Il n’est pas rare d’atteindre le merveilleux (« Director », « Doppelgänger ») dans un climat cinématographique dépeignant un semblant de lumière à travers une profonde obscurité, jamais menaçante, toujours propice à l’emphase lumineuse, à un moment ou à un autre…

Beck - Morning Phase

9. Beck – Morning Phase 

Beck chasse sur toutes les terres musicales. Avec succès, il faut le dire, dans la très grande majorité des cas. Rock, hip-hop, funk, pop, folk, rien n’est laissé de côté. Épaulé par une sorte de génie, il revient aux fondamentaux folk avec « Morning Phase » et douze titres somptueux. À titre de comparaison, il tient la dragée haute à « Sea Change », voir le dépasse allègrement. Comme les meilleurs cépages, Beck se bonifie avec l’âge, conservant cette faculté à écrire de bonnes chansons et leur apportant les arrangements adéquats (les enregistrement de cordes sont magnifiques). Si cet album est la suite de « Sea Change », que peut-on imaginer d’un deuxième épisode de « Midnite Vultures »?

Sohn - Tremors

10. Sohn – Tremors

Peut-être la meilleure nouvelle de l’année lorsque l’on évoque le cru musique électronique 2014. Bon, avec Caribou, c’est vrai, mais qui échappe à ce top 10… De peu. Avec des balades spatiales servies par une production particulièrement léchée, le jeune londonien creuse le sillon d’une nu soul mélancolique servie par des mélodies ciselées et des textures sonores riches et savamment recherchées. Une belle surprise.

Saturday Five Tracks – 09/02/13

Track 1 : The Villagers – Earthly Pleasure

Villagers_earthly pleasure_awayland

The Villagers, c’est l’histoire d’un mec doué, Conor J. O’Brien, capable de reprendre le flambeau d’un autre Conor (Oberts de Bright Eyes) et écrire des chansons splendides, superbement orchestrées, suffisamment puissantes pour décoller de son siège et crier au génie. « Earthly Pleasure » est un grand moment de ce deuxième album de toute beauté. J’ai hésité avec « The Waves » qui m’évoque ça et là Paul Simon ou Peter Gabriel… Anyway, se jeter absolument sur ce top ten 2013 annoncé.

The Villagers, Awayland (2013)
Album à découvrir en intégralité sur Itunes ou chez votre disquaire préféré.

Track 2 : Jim James – A New Life

Jim James_a new life

Dans la pure tradition du songwriting à faire pleurer dans les chaumières, Jim James a clairement choisi son camp : l’écorchure Lennonienne et le lyrisme à la Burt Bacharach. Echappé de My Morning Jacket, secret indé du rock américain régulièrement cité dans la presse, le chanteur guitariste s’offre un album solo de très grande qualité et nous régale avec « A New Life ».

Jim James, Regions Of Light And Sound Of God (2013)
Album à découvrir en intégralité sur Itunes ou chez votre disquaire préféré.

Track 3 : Delphic – Baiyla

Delphic-baiya

Plaisir un peu coupable, ce « Baiya » pioche dans à peu près tout (Tears For Fears, Muse…)  mais réussit à combiner une électro pop de bonne facture, « very trendy » et très bien produite. Delphic est un groupe malin, sachant adapter les eighties au 21ème siècle, avec la science du refrain suffisamment calibré pour qu’il ne puisse plus s’échapper de notre cortex.

Delphic, Collections (2013)
Album à découvrir en intégralité sur Itunes ou chez votre disquaire préféré.

Track 4 : The Asphodells – Beglammered

The asphodells

Andrew Weatherall et Timothy J Fairplay officient sous le nom de groupe The Asphodells. On connait bien le premier, l’anglais ayant participé à l’émergence de la house music en Angleterre au début des années quatre-vingt dix, notamment avec The Sabres Of Paradise, pilier de l’acid house. C’est également lui qui a fait exploser Primal Scream en produisant le fameux « Loaded », titre house rock phare de tout une génération. Le DJ a donc un sacré background et s’attaque à 2013 avec un « Ruled By Passion, Destroyed By Lust » avec Timothy J Fairplay. L’album sent la TR 808 à notre plus grand bonheur, lance effluves sonores de synthés, bruit blanc et retrouve les resucées d’un Death In Vegas trop rare pour que l’on soit suffisamment rassasié. Titre à découvrir : « Beglammered ».

The Asphodells, Ruled By Passion, Destroyed By Lust (2013)
Album à découvrir en intégralité sur Itunes ou chez votre disquaire préféré.

Track 5 : Jake Bugg – Broken

Jake-Bugg-album-cover3

A peine 19 ans et déjà un maturité impressionnante, à tous les niveaux, dans l’écriture de chansons, dans la voix, dans la verve… Justement, il semblerait que Jake Bugg soit près à prendre la relève de Richard Ashcroft, un des leaders de la britpop qui marqua les années quatre vingt-dix. Cela semble loin mais soyons lucides, on ne s’est jamais autant servis de nos pairs pour créer. Old school, me dit-on? Complètement. Mais superbe, en témoigne ce magnifique « Broken ».

Jake Bugg, Album éponyme (2012)
Album à découvrir en intégralité sur Itunes ou chez votre disquaire préféré.

Combinaisons de pochettes d'albums

 
Commençons la semaine avec cette combinaison insolite de pochettes d’albums signée Christian Marclay, un musicien, compositeur et artiste plasticien suisse. Bien avant le phénomène sleeveface lancé il y a quelques années (et bien avant Internet également), avec une mise en scène autour d’une pochette de vinyle, Marclay nous proposait son assemblage d’artworks pour recréer une scène ou en imaginer une suite… Drôle et particulièrement savoureuse, cette découverte vient en marquer une autre, celle d’un artiste absolument incontournable dans le domaine de l’audiovisuel dont nous parlerons très bientôt dans ces colonnes.

Top 10 de la rédaction, 2011 (part1)

 
Comme tout magazine, webzine ou blog qui se respecte, il est l’heure de faire les comptes, de répertorier les coups de coeur d’une année musicale riche en découvertes, confirmations et surprises. En ce lendemain de Noël, nous publions le n°10 et le n°9 de ce top 10 qui se découvrira progressivement jusqu’au dévoilement du meilleur album de l’année, le 31 décembre prochain.
n°9 – Miles Kane  – Colour Of The Trap
 

n°10 – Metronomy  – The English Riviera 
 
 

Nicolas Jaar

Le top 5 des albums de l’année, quasi systématique, complètement subjectif mais véritablement important pour engager le débat et recenser les coups de coeur d’une année musicale plutôt riche. Pour 2011, on va miser sur l’éclectisme, à savoir, l’incongru, le songwriting et l’éternel revival pop eighties. Je ne vais pas dévoiler ces pépites deux semaines avant la date fatidique du 31 décembre, derniers instants d’une année chauffée à blanc, entre printemps arabe, crise et catastrophes naturelles. En revanche, je vais donner un nom, celui de Nicolas Jaar, un artiste de la scène électronique qui a réussi à me procurer les mêmes sensations que lorsque j’ai chopé le virus Burial, il y a deux ans. La place qu’il va occuper dans le classement? Rendez-vous le 31 décembre ici même, le matin de l’enterrement de 2011…