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Les classiques de la semaine (et qui tuent) #2

David Bowie, presque 3 ans après sa disparition (déjà…), revient avec le coffret « Loving The Alien » regroupant sa période discographique de 1983 à 1988. Une petite réécoute de l’album « Let’s Dance », seul album incontournable de la décennie eighties du Thin White Duke avec le génial « Scary Monsters » sorti en 80, est donc lancée sans perte mais avec fracas, considérant un volume acceptable pour apprécier le travail calibré « funky hits » du maestro Nile Rodgers à la production. Hormis le hit « Let’s Dance » qui installe Bowie dans les stades, les clubs et lui assure une retraite dorée, « China Girl » écrit avec Iggy (qui dispose également de sa version) et « Modern Love » qui ouvre l’album, on retrouve ce titre, « Criminal World », échappé de la discographie du groupe Metro, en guise de réjouissance. Tout y est succulent, de la ligne de basse de Carmine Rojas, ossature en mode patron XXL, en passant par la voix de Bowie, enjôleuse, susurrant les couplets comme s’il se confiait sur la préparation d’un plan diabolique, jusqu’à l’apparition de Stevie Ray Vaughan en majesté, serial killer de la guitare, qui exécute sa partie bluesy sous amphétamine et fait s’envoler le morceau. Paraît-il que le loustic serait resté 2 heures en studio pour enregistrer la totalité des solos de l’album… Le monstre !  Alors, faut-il revoir son appréciation sur cette soit-disant décennie sèche du grand David? Le Major Tom avait-il déserté le terrain de l’inspiration? Les 2-3 albums qui ont suivi ne représente aucun réel intérêt, en revanche, « Let’s Dance » se tient admirablement bien avec ses 8 pièces d’expression. On aime, on réécoute, en boucle !

 

 

Roxy Music – The Complete Studio Recordings 1972-1982

 
 

Passer à côté de Roxy Music dans les seventies, c’est comme si vous omettiez de rendre visite au Paris des cabarets lors d’une déambulation nocturne dans la capitale. Clinquante, glamour, riche et fouillée, la musique du groupe est une pierre angulaire d’un rock qui revêt ses plus beaux atours (Bowie, T-Rex, Queen, Sparks pour cet attrait de la mise en scène, du spectacle débridé et des costumes outranciers). Je ne suis pas un « archiviste » de Bryan Ferry and co mais, conscient de de l’impact de la musique du groupe (Roxy Music fut un des premiers groupes à travailler son artwork avec la mise en scène d’égéries féminines comme Jerry Hall, mannequin et -ex de Mick Jagger, sur « Siren » ou Amanda Lear sur « For Your Pleasure »), pionnière dans une certaine mesure (l’apport des premières explorations sonores de Brian Eno dans la première période, le free sax d’Andy Mc Kay, le son de guitare de Phil Manzanera), je reviens sur la décennie des anglais par l’intermédiaire de ce superbe coffret rassemblant les huit albums (en dix années de carrière !) et un double avec des B-Sides et des mix alternatifs. Première impression, outre cette familiarité avec l’oeuvre de Bowie, on sent un goût prononcé pour l’expérimentation (« For Your Pleasure », dans mon top 3 de leur discographie) qui côtoie l’emphase (« Country Life ») et une certaine forme d’aristocratie patinée de manières d’esthètes, intellectuelles et avant-gardistes. Car Roxy Music est tout sauf un groupe hésitant, leurs chansons sont riches d’arrangements variées et le sens de la composition est aigu, parfois presque théâtral (on frôle la musique progressive, alors représentée par Genesis et King Crimson, sur la Face B de « Country Life »), avec un grand sens de l’anti-conventionnel et de l’expérimentation (l’immense « Sentimental Fool » sur « Sirens »). C’est également surprenant de voir à quel point ils ont pu avoir de l’influence sur la scène musicale actuelle (Anthony And The Johnsons par exemple, si l’on se réfère à l’album « Sirens », top 3 également ou Chris Isaak si l’on approche « Flesh + Blood). Avec « Manifesto », le groupe suit de près les pérégrinations berlinoises de Bowie en réussissant le tour de force d’être encore plus consistant en matière de son et plus accessibles dans la construction des titres. Cet album de 1979 est aussi l’occasion de souligner le travail impressionnant de Gary Tibbs à la basse dont la présence au sein du groupe ne dura que le temps de cet album et de « Flesh + Blood », avant-dernier opus réussi tourné vers les années 80 et lorgnant vers le Talk Talk de « It’s My Life »qui sorti quatre ans plus tôt. « Avalon », qui marqua le chant du cygne des Ferry, Manzanera et Mackay, restera comme l’album du single éponyme. Moins pertinent, il scellera définitivement la carrière du crooner Bryan Ferry. Alors? On se jette sur ce fabuleux coffret (58 euros pour 8 titres, c’est mieux que du vilain mp3 mal compressé, non?).