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Les nouveautés de la semaine #5

Sorti la semaine dernière, le nouvel album de l’un des parrains historiques de la scène rap/hip-hop US, Eminem aka Slim Shady ou l’inverse, est l’occasion de faire le point sur l’influence du bonhomme en ses terres d’un Nouveau Monde qui vire furieusement à l’Ancien depuis 2016. « Kamikaze » renoue avec le Eminem des débuts, plus franc, plus sec, moins dominé par l’idée de rivaliser avec le son du moment. Eminem est bon quand il fait du Eminem, avec ce côté vénère, sombre, où il n’y a guère de place à l’optimisme. Perdu derrière une flopée de featurings sur « Revival », son précédent opus, décrié par le monde du rap américain gorgé d’autotune et de trap music, Marshall Bruce Mathers III (son vrai nom) semble renouer avec une production plus authentique où son flow, toujours diablement impressionnant, peut s’exprimer pleinement (« Greatest » et « Lucky You »). Démonté par la presse « hype » (Les Inrocks au hasard), « Kamikaze » est l’oeuvre du patron. Un patron qui peut s’appuyer sur des chiffres de ventes impressionnants (180 millions d’albums vendus) et une pluie de récompenses. En 2018, après plus de 20 ans de carrière, il trône encore en tête des ventes dans son pays natal et en Angleterre. Et il se permet de rendre hommage aux Beastie Boys avec une pochette directement inspirée du « Licence To III » des Beastie Boys, une autre légende du hip hop de l’Oncle Sam, aujourd’hui disparue (Adam « MCA » Yauch, l’un des trois membres fondateurs étant décédé en 2012)…

Highlights de l’album: « Not Alike », « Greatest », Lucky You » (non disponibles à l’écoute sur Youtube hélas…)

 

Pantone et pochettes d'albums

 
Le pantone? Une variété de pâtes? Une marque de fringues? Négatif. Pour faire bref, le pantone vient du dix-neuvième siècle avec une petite société du même nom qui fabriquaient des nuanciers pour les fabricants de cosmétiques. Des décennies plus tard, le pantone est un principe, un procédé, regroupant les dix couleurs de base du nuancier, celui-ci étant l’outil privilégié des graphistes, chromistes et imprimeurs. Pour la petite anecdote du jour, l’idée du pantone a été développée pour imaginer la recomposition de quelques unes des pochettes de disques les plus mythiques. « Rubber Soul » des Beatles, « Atom Heart Mother » des Pink Floyd ou encore « Nevermind » de Nirvana (le diaporama sur le site compte une trentaines de pochettes) ont été revisitées par le graphiste David Marsh aka Artomattic qui présente ce travail comme une réflexion autour de la perception d’une image et de sa représentation mentale. David a travaillé à partir d’échantillons de couleur qu’il a extrait du nuancier Pantone (dans le logiciel Adobe Illustrator). La pochette, réduite à sa plus simple expression colorimétrique, est « recomposée » avec ces pixels de couleur. Lorsque l’on regarde cette image de près, on ne voit que des carrés de couleur accolés les uns aux autres. Par contre, si l’on s’éloigne notre mémoire fait un travail de recomposition visuelle et vous permet de reconstituer l’image mentale de la pochette. Belle source d’inspiration, il y a plus qu’à espérer que la dématérialisation de la musique n’entraîne pas la chute du « covert art », élément identitaire indispensable à la reconnaissance d’un album (Le Velvet et feu Andy Warhol ne viendraient certainement pas me contredire ;-).
 
Découvrir le travail de David Marsh ici.
 
Le blog de David Marsh.