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Depeche Mode – Delta Machine (2013)

Depeche Mode - Delta Machine (2013)

Décidément, un mois de mars propice au retour des plus grands. Après Bowie et son « The Next Day » réjouissant, c’est Depeche Mode qui refait surface avec « Delta Machine », un nouvel album assez différent des précédents et poursuivant une conquête sonore amorcée avec « Sound Of The Universe » en 2009. Car le trio de Basildon a réellement misé sur la production et le travail du son, allant rivaliser avec certaines atmosphères minimalistes d’Alva Noto (« Welcome To My World) troublantes et probablement déconcertantes pour le fan habitué aux chansons plus immédiates du groupe. La radicalité des instrumentaux révèle un penchant assumé pour l’électro minimale, flirtant avec la glitch (courant musical venant à traiter les sonorités de défaillance d’un appareil informatique ou l’usage délibéré des défauts de matière) et fouinant du côté de la musique indus (l’intro de « Soothe My Soul »). Pour autant, cette recherche du côté de l’éther ne vient pas masquer ce qui fait l’essentiel du matériel de Depeche Mode depuis sa création : des excellentes chansons. Dans une grande majorité, les titres sont réussis et observent un soin à la mélodie. Les arpégiateurs, les infra basses, les effluves synthétiques raides ne viennent pas masquer les nappes amenant l’espace mélodique pour un Dave Gahan en très grande forme (« Angel » ou l’immense « Should Be Higher » emmenant la voix de ce dernier dans une tessiture jusqu’ici insoupçonnée). La guitare de Martin Gore, bien qu’assez discrète tout au long de l’album, est d’autant plus importante qu’elle arrive à des moments inattendus (« Broken » et sa fin post rock) ou marquant un hommage (« Slow » et son blues mutant). Le lanscinant « Child Inside » rappelle franchement le deuxième album solo de Martin Gore (« Counterfeit 2 ») dans son rythme spatial et sa conduite sur mer d’huile. Pour ceux qui attendent l’improbable « Enjoy The Silence (bis) », il faudra passer son chemin, « Delta Machine » étant bien plus que cela. Fruit du cerveau d’un groupe ambitieux, soucieux de l’évolution des tendances musicales et des techniques de création, ce nouvel album est bluffant, par cette association de cultures, par ce soin à la production (signée Ben Hillier, l’indispensable quatrième homme des anglais), par cette vision tournée vers un post modernisme déroutant et apocalyptique (« Goodbye ») ramenant le blues d’un Junior Kimbrough sur les terres du Prométhée de Ridley Scott.

Depeche Mode et Volkswagen

Nouvelle association artiste et marque avec Depeche Mode, fleuron de la new wave et de l’électro pop et Volkswagen, fer de lance de l’industrie automobile allemande. Alors que les anglais démarrent la promotion de leur prochain (et très attendu) album, c’est « People Are People », un classique du groupe (tiré de l’album « Master And Servant » sorti en 1984) chanté par Martin Gore et Dave Gahan qui illustre le spot publicitaire, avec différentes interprétations, jusqu’à l’apparition brève de son leader charismatique dans sa Golf. Volkswagen, voiture du peuple, « People Are People », pas nécessaire de faire un dessin.

Le spot Volkswagen Golf : 


« People Are People », chanson originale en intégralité : 

Dior, entre classicisme et rock'n'roll


 
J‘ai découvert la dernière synchro pub de Dior en allant voir l’excellent Moonrise Kingdom de Wes Anderson, un cinéaste précieux et toujours très attendu. Bien entendu, les quelques minutes de bandes annonces sont toujours relevées avec l’oeil et l’oreille du musicien et du communicant. Car les potentielles synchro y résonnent magistralement… et en 5.1. Après avoir vibré avec Cartier et sa splendide Odyssée, c’est Dior qui retrouve le terrain des fastes royales dans l’enceinte majestueuse du Château de Versailles. Le dernier film de la marque s’est offert « Enjoy The Silence » de Depeche Mode et c’est, de notre point de vue, un ratage en terme de synchro. La synchro, c’est l’émotion, le rapport entre l’image et la musique, une question aussi de valeurs partagées et de sentiments entre une marque et un artiste. Dior aime le rock, c’est un fait. Après The Gossip, c’est Depeche Mode, un poids lourd de la new wave qui vient s’approprier maladroitement le cadre prestigieux de Versailles, comme si la synchro était une question de mallette à fric pour choper le tube interplanétaire qui fera (forcément) mouche. Mélanger la pop synthétique et le classicisme architectural d’un Louis Le Vau ou d’un Jules Hardouin-Mansart peut s’avérer être un défi excitant, avant-gardiste et loufoque (voir l’exposition de Jeff Koons dans les allées du Château de Versailles en 2008) mais est-ce réellement un bienfait pour la marque de luxe? Dans ce cas précis, difficile d’être emballé par le choix de Dior, visiblement plus préoccupé par l’impact que par le sens.