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Lo-Fang – Look Away (2014)

Lo-Fang_Blue Film (2014)

Au grès de déambulations nocturnes sur les plateformes de streaming s’échappent parfois quelques jolis moments de pureté, de grâce et de simplicité qui finissent par tourner en boucle. Aujourd’hui, c’est la musique d’un dénommé Lo-Fang, jeune californien proposant une folk à cheval entre Anthony & The Johnsons ou David Kitt. Mais il est difficile d’être hyper catégorique sur les références… Parfois on jurerait entendre le timbre de Lightburn Murray (The Dears) quand tout à coup d’échappent des rythmes électroniques dubstep parfaitement ancrés dans l’époque (Y voir le fantôme de James Blake?). Sorti fin février sur l’excellent label 4AD, l’album « Blue Film » est très réussi, surprenant parfois et révélant des hits indés, en témoigne le céleste « Look Away ».

Tiyan – Doctor Danger (2014)

Tiyan

Quelques semaines avant la sortie de son nouvel E.P, Tiyan lance « Doctor Danger », un premier single pop aussi efficace que soigné, dans ses arrangements et dans sa production. Objet d’une expérience anatomique pour le moins loufoque, mis (presque) à nu et sous l’emprise d’un docteur tenant ici sa vengeance (on soupçonnerait presque une sortie parfaitement calée avec la journée de la femme… 8 mars 2014), l’impassible Tiyan parvient à créer l’adhésion par une simplicité mélodique et une combinaison parfaitement équilibrée entre chanson et traitement synthétique aux petits oignons. Vite, la suite !

Ah, j’allais oublier, la vidéo a été réalisée par Claustr&Phobia, un duo de réalisatrices qui monte…

 
 

 

Boards Of Canada, retour imminent d’un essentiel

Boards Of Canada - Tomorrow's Harvest (2013)

Après huit ans d’absence discographique, Boards Of Canada annonce son retour avec une certain sens du mystère puisque la maison de disque (ndlr. Warp Records) a mis en place une sorte de parcours (très) alambiqué autour d’un puzzle renfermant des informations autour de « Tomorrow’s Harvest », la boîte de Pandore tant attendue. Evidemment, après tant d’attente et d’interrogations autour du duo écossais, on peut légitimement se poser la question d’une éventuelle déconnexion de l’électro made in 2013.  A bien des niveaux les tendances ont révélé un son plus corsé où le couple beat & bass n’a jamais été aussi dense (principe du side chaining très prisé de la french touch) ou un dubstep home-made usé à la corde, parfois brillant (Nicolas Jaar) mais très souvent inintéressant (les suiveurs se reconnaitront…). Mais Boards Of Canada n’a jamais dérogé à la règle. Une musique électronique singulière, n’appartenant à aucune chapelle et ne répondant à aucune logique commerciale ou de tendance de clubs. « Geoggadi », leur troisième album et probablement meilleur à ce jour (sorti en 2002), évoquait un voyage hors des sentiers battus pour je ne sais quelle destination inconnue. D’un autre temps, ou anticipant l’apocalypse « tranquille », BOC semble rester sur son fil rouge en ne dévoilant que quelques bribes de leur prochaine récolte, une vidéo et un site web touts droits sortis de La Chose de Carpenter. Rien d’encore identifiable mais beaucoup d’espoir identifié. En attendant, bloquons sur « Music Is Math », un des  titres phares de « Geoggadi ».

Saturday Five Tracks – 06/04/13

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Que du neuf en ce samedi grisonnant d’espoir de fin d’hiver avec Youth Lagoon et sa pop planante rappelant les disparus MGMT, Phosphorescent et le songwriting parfait de « Song Zula », les quasi vétérans Strokes en mutation électro pop très réussie (notamment sur le « Chances » présenté ci-dessous), le petit nouveau (mais déjà bien présent dans certaines musique de publicité) Hanni El Khatib et sa pop sucrée et enfin, pour clore ce Saturday Five Tracks, un premier extrait des très attendus papes de l’électro classique Aufgang.

Track 1 : Phosphorescent – Song For Zula (2013)

Phosphorescent - Muchacho (2013)

Phosphorescent – Muchacho (2013)

 

Track 2 : The Strokes – Chances (2013)

The Strokes - Comedown Machine (2013)

The Strokes – Comedown Machine (2013)

Track 3 : Hanni El Khatib – Penny (2013)

Hanny El Khatib - Penny (2013)

Hanny El Khatib – Penny (2013)

Track 4 : Youth Lagoon – Mute (2013)

Youth Lagoon - Wondrous Bughouse (2013)

Youth Lagoon – Wondrous Bughouse (2013)

Track 5 : Aufgang – Kyrie (2013)

Aufgang - Kyrie (2013)

Aufgang – Kyrie (2013)

 

 

 

 

 

Depeche Mode – Delta Machine (2013)

Depeche Mode - Delta Machine (2013)

Décidément, un mois de mars propice au retour des plus grands. Après Bowie et son « The Next Day » réjouissant, c’est Depeche Mode qui refait surface avec « Delta Machine », un nouvel album assez différent des précédents et poursuivant une conquête sonore amorcée avec « Sound Of The Universe » en 2009. Car le trio de Basildon a réellement misé sur la production et le travail du son, allant rivaliser avec certaines atmosphères minimalistes d’Alva Noto (« Welcome To My World) troublantes et probablement déconcertantes pour le fan habitué aux chansons plus immédiates du groupe. La radicalité des instrumentaux révèle un penchant assumé pour l’électro minimale, flirtant avec la glitch (courant musical venant à traiter les sonorités de défaillance d’un appareil informatique ou l’usage délibéré des défauts de matière) et fouinant du côté de la musique indus (l’intro de « Soothe My Soul »). Pour autant, cette recherche du côté de l’éther ne vient pas masquer ce qui fait l’essentiel du matériel de Depeche Mode depuis sa création : des excellentes chansons. Dans une grande majorité, les titres sont réussis et observent un soin à la mélodie. Les arpégiateurs, les infra basses, les effluves synthétiques raides ne viennent pas masquer les nappes amenant l’espace mélodique pour un Dave Gahan en très grande forme (« Angel » ou l’immense « Should Be Higher » emmenant la voix de ce dernier dans une tessiture jusqu’ici insoupçonnée). La guitare de Martin Gore, bien qu’assez discrète tout au long de l’album, est d’autant plus importante qu’elle arrive à des moments inattendus (« Broken » et sa fin post rock) ou marquant un hommage (« Slow » et son blues mutant). Le lanscinant « Child Inside » rappelle franchement le deuxième album solo de Martin Gore (« Counterfeit 2″) dans son rythme spatial et sa conduite sur mer d’huile. Pour ceux qui attendent l’improbable « Enjoy The Silence (bis) », il faudra passer son chemin, « Delta Machine » étant bien plus que cela. Fruit du cerveau d’un groupe ambitieux, soucieux de l’évolution des tendances musicales et des techniques de création, ce nouvel album est bluffant, par cette association de cultures, par ce soin à la production (signée Ben Hillier, l’indispensable quatrième homme des anglais), par cette vision tournée vers un post modernisme déroutant et apocalyptique (« Goodbye ») ramenant le blues d’un Junior Kimbrough sur les terres du Prométhée de Ridley Scott.

Rone – Tohu Bohu (2012)

La french touch n’est pas toujours là où on l’attend. La musique électronique française faisant actuellement l’objet d’une exposition au Musée des Arts Décoratifs (focalisée sur l’axe graphique), il est intéressant de constater que les écuries Ed Banger ou Record Makers ne sont pas les uniques dénicheurs de beats ravageurs, de plages ambiantes ou de barbus gourous. Grand amateur de la sphère Nathan Fake, Boards Of Canada ou M83, les confins de la toile m’ont guidé vers Rone, un musicien électronique français qui sévit depuis quelques années sur le label Infiné. Adoubé par les plus grands (Massive Attack en tête), il s’est installé « logiquement » à Berlin, berceau de la techno minimale, pour concevoir « Tohu Bohu », un album cotonneux et aérien. Rone ne juge que par la synthèse et la progressivité de ses mélodies, inspirées et jamais éloignés d’un paradis perdu (« Tempelhof », « Parade »). La musique de Rone renvoie au rêve, à un espoir relativisé par l’évidente domination de la machine, un schéma sonore qui nous renvoie directement au cinéma d’Andrew Niccol (« Bienvenue à Gattaca ») ou à la folie palpable d’un Lars Von Trier (« Melancholia »). Mais nous sommes déjà loin, très loin dans le temps, et avant d’explorer les tréfonds de nos esprits chercheurs, laissons Rone s’emparer une quarantaine de minutes de l’espace sonore…

Extrait, « Parade »de l’album « Tohu Bohu » (Infine 2012)

Daft Punk au blues pour Yves Saint Laurent

Daft Punk au blues, concrètement ça donne quoi? Prenons les bases, le duo français, fer de lance du mouvement French Touch et grand représentant de la musique éléctronique depuis 1997 avec le fameux « Homework », album qui fit danser toute une génération, à l’aube du changement de millénaire. Ajoutons à cela une (petite) poignée d’albums, B.O et projets parallèles et les Daft deviennent un monument, une référence pour les Justice et toute la sphère Ed Bangers. Quinze ans après, avec maturité et élégance, nos quasis quadras de l’électro se penchent sur le blues d’un certain Junior Kimbrough. Un prétexte : la fashion week. Une occasion : remettre en selle un grand bluesman disparu après une carrière pas réellement couronnée de succès. Un objectif : la fashion week et le défilé Yves Saint Saint Laurent.

Pour tous les aficionados de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo, pas de quoi fouetter un robot chat mais bel et bien un exercice de style puisqu’il s’agit d’un « edit » de l’oeuvre de Junior Kimbrough. Un edit étant un montage de séquences sonores. L’idée étant de créer un mix original (avec quelques libertés de boucles par moment). Vous m’direz, où peut-on reconnaître la patte Daft Punk? Nulle part. Pas de confrontation electro-blues, pas d’alliages d’univers mais une belle occasion de (re)découvrir la musique d’un artiste atypique (et respecté d’un grand nombres d’artistes, dont les Black Keys qui ont publié un album de reprises en son honneur en 2006). Et puis, le blues, les Daft, Saint Laurent, n’y aurait-il pas l’idée d’envahir le catwalk d’un certain mystère casqué de hype? Plutôt cool, Monsieur Slimane.

Miaoux Miaoux – Light Of The North

Aux premiers abords, si l’on se concentre sur l’appellation de ce groupe écossais, la première réaction est un petite sourire évoquant un arrière goût de moquerie. Le coup du Miaoux Miaoux, c’est justement ce petit ressort comique qui m’a attiré vers cette musique électronique hyper fraîche, rappelant par endroit la mouvance Postal Service, le side project de Ben Gibbard, moitié des excellents Death Cab For Cutie ou quelques notes house nineties (Armand Van Helden). D’emblée, c’est « Sweep Clean » qui a provoqué l’éclair, indéfinissable d’intensité, mais indispensable pour poursuivre l’écoute de l’album (« Light Of The North ») sur notre player hi-fi préféré que je cite volontiers (oui, Qobuz, la prochaine révolution du streaming, nécessaire à la sauvegarde de l’écoute musicale de qualité). Alors, justement, à une époque où l’ultra zapping envahit notre quotidien, il faut un certain nombre d’ingrédients pour savoir apprécier, dans la durée, ce délicat mélange de pop et d’électro. Les ingrédients sont cette synthèse, minimale, délicieusement saupoudrée d’arpégiateurs (« Stop The Clocks »), ces basses épaisses (« Autopilot ») et ce qu’il faut de mélodie (« Better For Now ») pour définitivement décider d’en parler, le plus simplement possible, dans ces humbles colonnes, toujours ouvertes à l’embarquement space pop.


Christine & The Queens @ Moxie Party – Mercredi 30 mai

L‘arrivée au Bus Palladium fut des plus agréables, le son très années 80 avec ce qu’il faut de « trendy feelings » et deux boissons offertes par notre hôte :  l’agence de création digitale Moxie et ses partenaires (Buzzparadize et Deezer). Arrivée en masse, une population jeune et plutôt encline au divertissement, 18-35 ans, avec une forte envie de faire de l’événement un after work percutant et synthétique. Oui, synthétique, et d’ailleurs, l’électro pop de Christine & The Queens nous rappelle que le side chaining (une forte compression des basses et de la rythmique qui amène ce son « fat » comme disent les d’jeuns) est l’évidence de toute soirée dancefloor qui se respecte. Dire que Christine, diablement esseulée sur scène, a fait un super show serait une manière d’oublier qu’on aime la musique avant tout pour décoller « outta space ». La chanteuse a fait ce qu’elle a pu, bravant les affres de la rigidité imposée par le laptop et la bande sonore calibrée. Evidemment, elle a quelque chose, une arme redoutable, ce grain de folie et un univers assez personnel qu’on a du mal à identifier. Pas vraiment La Roux, pas vraiment Florence et ses machines, elle mélange fifties, dans l’allure, et résonances Uffie sans le bricolage et le glitter. Suivront les sets DJ de Lily Wood and The Prick, Total Warr et I Am Un Chien dont nous verrons qu’une partie, l’heure passant et les obligations matinales se rapprochant. Bonne première, Moxie !