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Les nouveautés de la semaine #11

Ce n’est pas vraiment une nouveauté mais, en ce matin glacial et vivifiant, ce morceau des Dead South sonne particulièrement neuf (et chaleureux). Certes, c’est de la country, un genre musical qui a bien vécu entre les années 20 et les années 90 où l’on pouvait la croiser avec le… punk. Alors qui est ce combo tout droit sorti des 4 filles du Docteur March? On sait juste, de source Wikipédia, qu’ils sont canadiens, qu’ils sont cinq et que le banjo tient une bonne place dans l’orchestre. Avec leur premier album « Good Company » sorti en 2014, ils ont crée l’adhésion sur Youtube avec « In Hell I’ll Be In Good Company » où le nombre de « vues » avoisine les 80 millions. Une belle communauté de mormons, n’est-ce pas? Ça fleure bon l’Amérique du terroir et les chorégraphies au coin du feu.

 

Les nouveautés de la semaine #7

La première fois que j’ai entendu la voix de Tom Baxter, c’était il y a pile 10 ans, avec l’album « Skybound ». Pour être honnête, à l’époque, je n’ai pas trop insisté, probablement concentré sur autre chose. Et puis là, en fouinant sur Deezer, je tombe sur « The Other Side Of Blue » avec sa couverture bleue. Sans grande conviction au départ, j’y ai pourtant découvert 12 perles de musique folk, au minimalisme absolu (une voix et une guitare ou une voix et un piano) avec une tendance à la mélancolie contagieuse. Rien de dépressif, juste du beau, des chansons simples, certes qui ne vont pas révolutionner le songwriting (on a déjà fait le tour en terme de progression d’accords) mais qui font du bien et qui donnent parfois la chair de poule (« Cold », « The Other Side Of Blue »). À l’heure où l’on mixe et remixe les genres musicaux à grands renforts de prod ampoulées, ces intimes confidences de Tom Baxter arrivent à point nommé pour l’arrivée (tardive) de l’automne.

 

 

Les nouveautés de la semaine #2

nick_mulvey_wake up now

Une nouveauté à écouter d’urgence ! Nick Mulvey avait réussi un joli tour de force avec « First Mind », son premier opus sorti 3 ans auparavant. Un artiste folk britannique dont on attendait la livraison. « Wake Up Now » est sorti ces jours-ci et il vaut le détour. Plus fourni en arrangements, il n’en conserve pas moins les ingrédients initials : des bonnes chansons et des mélodies en émotion (un peu comme Fink d’ailleurs).

Lo-Fang – Look Away (2014)

Lo-Fang_Blue Film (2014)

Au grès de déambulations nocturnes sur les plateformes de streaming s’échappent parfois quelques jolis moments de pureté, de grâce et de simplicité qui finissent par tourner en boucle. Aujourd’hui, c’est la musique d’un dénommé Lo-Fang, jeune californien proposant une folk à cheval entre Anthony & The Johnsons ou David Kitt. Mais il est difficile d’être hyper catégorique sur les références… Parfois on jurerait entendre le timbre de Lightburn Murray (The Dears) quand tout à coup d’échappent des rythmes électroniques dubstep parfaitement ancrés dans l’époque (Y voir le fantôme de James Blake?). Sorti fin février sur l’excellent label 4AD, l’album « Blue Film » est très réussi, surprenant parfois et révélant des hits indés, en témoigne le céleste « Look Away ».

Saturday Five Tracks – 11/05/13

Fly

Un Saturday Five Tracks enfin de retour après quatre semaines d’absence, c’est le songwriting que nous mettons à l’honneur, comme pour oublier un temps la rapidité de nos sociétés, cette course contre la montre avec comme point de mire la maîtrise du temps. Alors, c’est un brassage sur plusieurs décennie avec quelques pépites allant de Nick Drake, héros maudit de la folk britannique  jusqu’au délicat Antony & The Johnsons en passant par Matching Mole, projet de l’ex-Soft Machine et indispensable Robert Wyatt. De la beauté et un regard profond vers l’horizon, débarrassé du bouillonnant et parfois incontrôlable quotidien.

Track 1 : King Creosote & Jon Hopkins – Bats In The Attic (2011)

King Creosote & Jon Hopkins - Diamond Mine (2011)

King Creosote & Jon Hopkins – Diamond Mine (2011)

 

Track 2 : Nick Drake – From The Morning (1972)

Nick Drake - Pink Moon (1972)

Nick Drake – Pink Moon (1972)

Track 3 : Micah P. Hinson – Take Off That Dress For Me (2010)

Micah P. Hinson - And The Pioneer Saboteurs (2010)

Micah P. Hinson – And The Pioneer Saboteurs (2010)

Track 4 : Antony & The Johnsons – Man Is The Baby (2005)

Anthony And The Johnsons - I  Am A Bird Now (2005)

Anthony And The Johnsons – I Am A Bird Now (2005)

 

Track 5 : Matching Mole – O’Caroline (2013)

Matching Mole (1972)

Matching Mole (1972)

 

 

 

 

 

 

Erevan Tusk – By The Larches (2013)

Erevan Tusk, By The Larches

Nous avions évoqué l’excellent groupe français dans ces colonnes il n’y a pas si longtemps, rendant ainsi hommage à la musique soignée de ce combo rock folk qui continue de convaincre, sur scène et sur album (« Fortify Your Innocence » paru l’année dernière). Actuellement en train de plancher sur leur second opus, Erevan Tusk a un programme chargé en perspective, entre une tournée française printanière et quelques interviews promo, ils viennent tout juste de dévoiler le clip de « By The Larches », un des morceaux de bravoure de l’album, non sans rappeler la luminosité de l’album « Green » de R.E.M et les harmonies vocales de Brian Wilson and co. Réalisé par Raphaëlle Tinland du duo Parallel, c’est des images sensibles et émouvantes qui évoquent avec grâce le passage du temps et le lien entre deux générations.

Erevan Tusk sera en concert le 25 février au Point Ephémère (Paris) et en tournée en France. « Fortify Your Innocence » est toujours disponible sur Itunes ou chez votre disquaire.

Neil Young, l'industrie du disque et le son



Dans une longue interview, menée par Hugo Cassavetti pour Télérama (édition du 16 au 22 juin), Neil Young revient sur sa carrière sur et sur son dernier album, « Americana », un album constitué de chansons traditionnelles folk. The Loner, comme on le surnomme, est aussi un artiste engagé et une véritable mémoire de la musique folk et rock’n’roll qu’il a contribué à enrichir, d' »Harvest » (le fer de lance) en passant par « After The Gold Rush », probablement les deux incontournables de sa discographie (cela restant bien entendu très subjectif…). Buffalo Springfield, CSNY (Crosby, Stills, Nash and Young), le Crazy Horse, autant d’étapes de son parcours dans la musique contemporaine qui lui ont donné une légitimité pour critiquer une partie du système, cette industrie de la musique qui a oublié l’essentiel dans sa douloureuse mutation : la qualité du son. A la question « Quelle est la pire chose qui soit arrivée au rock’n’roll? La drogue ou l’argent? », Neil Young répond d’une manière sincère évoquant le passé dans l’idée de faire progresser le futur :

« L’argent. Parce qu’avec l’argent vient le pouvoir. Celui de changer les choses pour le meilleur ou pour le pire. Et l’industrie du disque ne s’en est malheureusement pas servie pour préserver la musique, la qualité du son. Elle n’a eu aucune vision. Plutôt que de chercher à sauver sa raison d’être, elle a laissé la qualité du produit se détériorer. A la qualité, elle a préféré la merde. La technologie a toujours su évoluer, progresser, sauf pour le son proposé aux consommateurs. On leur a fait croire que le CD était supérieur au vinyle, alors qu’il s’agissait d’un mensonge. Les gamins n’ont plus de référence. Ils n’ont connu que le CD*. J’ai plein de copains qui pensent devenir sourds parce qu’ils n’entendent plus la musique comme avant. Mais elle n’est juste plus là ! C’est l’oreille des jeunes générations qui est en danger. »
 
* Et que dire du Mp3…??


Damon Albarn – Apple Carts (live on Later with Jools Holland), Mardi 2 mai 2012

 
En bon aficionado que je suis, comment passer à côté de la prestation de Damon Albarn chez Jools Holland? De manière générale, les prestations réservées par les artistes invités sur le plateau de Jools Holland sont plutôt réjouissantes et d’une qualité sonore vraiment bonne (on se souvient notamment du passage de Bon Iver et Mumford And Sons). Alors, qu’en est-il de notre ex-ambassadeur préféré (avec Noel Gallagher) de la brit pop? Et bien, c’est accompagné d’une guitare acoustique que Damon Albarn nous propose « Apple Carts », une chanson folk extraite de « Dr Dee », son prochain opus concept, où il vient marquer une rupture net avec Gorillaz. Ici, pas de musique électronique, pas de samples ni d’invités prestigieux, juste un ensemble de cordes, un mellotron et des choeurs. Sur l’instant, nous sommes plongés dans un conte, une histoire que l’on pourrait imaginer dans un contexte médiéval. C’est beau, sobre et augure d’un album passionnant.