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Les nouveautés de la semaine #6

Tout commence par l’intermédiaire d’un conseil de Mister Deezer. Ce qui n’est pas le cas habituellement, on peut le préciser… Car les « flows » ou suggestions des plateformes de streaming rendent fainéants, soyons honnêtes. Chez Ohmwork, on préfère nettement fouiner chez les disquaires, lire la presse spécialisée ou se faire guider par un ami connaisseur qui fréquente assidument les Soundcloud, Bandcamp et consorts à la recherche de la dernière pépite prog rock. Non, faut pas abuser quand même…  Peu importe, en 2018, tous les moyens sont bons pour choper le gros son, la rareté ou le prochain truc « in ». L’envie d’appuyer sur « play » dépend parfois du visuel de la pochette. J’ai craqué pour l’artwork floral de Maribou State qui me rappelait subitement celui de Phoenix pour son « Bankrupt » sorti en 2013. Dites-le avec des fleurs, quoi… Musicalement, on est dans une forme d’électro assez versatile, flirtant avec le jazz, la musique downtempo tout en restant, dans la construction, très pop. C’est le morceau « Turnmills » et son riff de basse entêtant qui m’a fait tomber dans la marmite des anglais. Amis de l’éclectisme subtil et « chill », vous allez vous régaler avec ce « Kingdom Of Colors » !

 
 

 

Chassol – Indiamore (2013)

Chassol

Comment définir ce projet musical? Déjà, un indice : une signature sur Tricatel, le label de l’iconoclaste et fin limier de la pop, Bertrand Burgalat. D’ores et déjà, un OVNI, puis une fusion des genres mise en oeuvre par un claviériste talentueux : Christophe Chassol. Evoluant dans un paysage indien où les voix s’entremêlent avec les cordes (le sitar), les tablas et des percussions évoquant aussi un jazz façon Stax (« XIXth Century ») ou très proche du « Politics » de Sébastien Tellier (« Odissi, Pt. III Farewell » avec la section rythmique parfaite emmenée par le batteur génial Lawrence Clais), Chassol s’aventure dans les terres d’une musique sacrée, tel un chantre de la symbiose occident/orient, à la manière d’un George Harrison du troisième millénaire. Cela pourrait s’arrêter aux clins d’oeil d’un musicien tout juste prêt à puiser dans la matrice orientale, mais « Indiamore » est bien plus qu’un simple hommage. A travers vingt-deux titres, c’est un véritable storytelling, une plongée dans un univers où le paysage sonore est le fil rouge d’une narration passionnée évitant tous les clichés du genre. Donc on chasse l’évidence pour se retrancher derrière la photographie de Calcutta et de Bénarès (d’où sont tirées des ambiances sonores locales, des sons de ville, des samples…) à la rencontre des talents locaux. Une belle découverte autour d’un concept, celui d’un musicien désireux d’une expérience de vie et avide de rencontres. Hare Krishna !