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C’est pas le genre de la maison mais… LSD (Sia, Diplo, Labrinth) #1

Nouvelle rubrique qui va traiter de sons peu évoqués dans ces colonnes. Pour ouvrir le bal futuro-psychédélique initié par la chanteuse américaine au chandelier SIA, le chanteur anglais Labrinth et le producteur Diplo (Major Lazer), il fallait un titre catchy. On pouvait certainement compter sur ces pointures de la pop mondiale qui, sous la forme d’un supergroupe nommé LSD (leurs initiales… facile en fait), planchent sur un premier album qui allient à la perfection les sonorités du moment : chanson pop efficace, melting pot d’instruments traditionnels (guitare, basse et batterie façon rythmique soul) et effets bien dans notre époque (autotune, effets vocaux…), un ensemble que l’on retrouve dans le single « Thunderclouds » qui n’est pas sans rappeler la production du dernier album du plus provençal des groupes français M83 (« Junk ») sorti en 2016 ou celui de Miley Cyrus avec ses dead petz supervisé par les deux géniaux dingues Wayne Coyne (The Flaming Lips) et Ariel Pink. Alors, LSD? Pas le genre de la maison mais… on y goûte volontiers.

 

Un Voyage à Travers le Son

Jean-Michel Jarre

Après un silence radio de plusieurs années, Jean-Michel Jarre a retrouvé le chemin des studios, avec l’album « Electronica 1 : The Time Machine » prévu pour le 16 octobre 2015 (voir le trailer ici). Le compositeur continue d’explorer la musique électronique collaborant, pour ce nouveau projet, avec un nombre impressionnant d’artistes sur un spectre allant des années 70-80 (Pete Townshend des Who, Vince Clark, John Carpenter, Tangerine Dream…) jusqu’à notre époque, convoquant quelques piliers de l’électro internationale (3D de Massive Attack, Air, Moby, Boyze Noise, M83, Sébastien Tellier…). Il revient sur sa pièce maîtresse, « Oxygène », album phare de la musique électronique moderne et énorme succès mondial (vendu à plus de 18 millions d’exemplaires) et livre ses souvenirs, la genèse de ses productions live monumentales, son déplacement en Chine et à Houston pour les 150 ans de la ville et les 25 ans de la NASA (pour l’occasion, il a composé le dernier morceau de son album « Rendez Vous » pour être joué dans la navette Challenger). Cette magie éphémère, comme il le souligne, s’ajoute au désir d’explorer de nouvelles manières de créer de la musique, utilisant des instruments de musique atypiques (la harpe laser par exemple) et considérant la forme ludique que peut revêtir celle-ci (la haute dimension du multimédia présente dans ses oeuvres). Le documentaire d’Arte touche un sommet lorsqu’il évoque son père, Maurice Jarre, monstre sacré de la musique de films (sa relation, distante mais respectueuse avec ce géniteur, absent, du fait d’une carrière mirifique à Hollywood), sa rencontre avec Pete Townshend (quel plaisir de le revoir bousculer sa Telecaster, avec cette rythmique si caractéristique, nous ramenant aux grandes années soixante, rageuses, celles des Who et du rock façon mods) ou Gary Numan, précurseur du rock indus et faiseur de tubes synth pop (« Cars », « Me! I Disconnect »). Le compositeur se raconte, au fil du temps, avec Charlotte Rampling, probablement sa Muse, celle de la décennie fondatrice de sa carrière dès l’entame de ce qui allait devenir son oeuvre ultime, « Oxygène ». À visionner jusqu’au 19 octobre prochain sur Arte TV.

 

The Killers – Shot At The Night (2013)

The Killers - Shot At The Night (2013)

Galvanisé par ses récents succès internationaux (l’album « Hurry Up We’re Dreaming » et la musique du film « Oblivion »), Anthony Gonzalez aka M83 s’est retrouvé propulsé dans la sphère des producteurs du moment (au côté de Pharell Williams, Mark Ronson…) et vient de réaliser le premier single d’un prochain Best Of des Killers, le groupe survitaminé de Brandon Flowers, émissaire rock’n’paillettes de Las Vegas. La première écoute de « Shot At The Night » nous ramène à leur troisième album aux sonorités new wave (le surprenant mais réussi »Day And Age ») mais on reste assez sceptique sur l’impact de la chanson bien que l’on ne doute pas de la personnalité et de l’efficacité des textures sonores chères à la french production d’Anthony Gonzalez. Rendez-vous pour le prochain single…

Oblivion, le travail de la musique et du design sonore

Oblivion

Pas réellement inoubliable, Oblivion n’en demeure pas moins un honnête film de science-fiction qui ravira les amateurs du genre et comblera les fans de blockbusters « Tom Cruisien ». Aussi, pour les passionnés de musique de films et de design sonore, ce reportage des SoundWorks Collection est particulièrement intéressant, mettant l’accent sur certaines séquences du film où le travail du son est millimétré (intérieur, extérieur, en lien avec l’univers science-fiction et technologique du film) et impressionnant dans l’impact et l’émotion qu’il peut révéler. Pour la petite anecdote, la musique a été co-composée par Anthony Gonzalez (M83) et Joseph Trapanese et c’est la deuxième fois que le réalisateur Joseph Kosinski s’entoure d’une fine lame de la french touch (après Daft Punk sur Tron).

 
 

Rone – Tohu Bohu (2012)

La french touch n’est pas toujours là où on l’attend. La musique électronique française faisant actuellement l’objet d’une exposition au Musée des Arts Décoratifs (focalisée sur l’axe graphique), il est intéressant de constater que les écuries Ed Banger ou Record Makers ne sont pas les uniques dénicheurs de beats ravageurs, de plages ambiantes ou de barbus gourous. Grand amateur de la sphère Nathan Fake, Boards Of Canada ou M83, les confins de la toile m’ont guidé vers Rone, un musicien électronique français qui sévit depuis quelques années sur le label Infiné. Adoubé par les plus grands (Massive Attack en tête), il s’est installé « logiquement » à Berlin, berceau de la techno minimale, pour concevoir « Tohu Bohu », un album cotonneux et aérien. Rone ne juge que par la synthèse et la progressivité de ses mélodies, inspirées et jamais éloignés d’un paradis perdu (« Tempelhof », « Parade »). La musique de Rone renvoie au rêve, à un espoir relativisé par l’évidente domination de la machine, un schéma sonore qui nous renvoie directement au cinéma d’Andrew Niccol (« Bienvenue à Gattaca ») ou à la folie palpable d’un Lars Von Trier (« Melancholia »). Mais nous sommes déjà loin, très loin dans le temps, et avant d’explorer les tréfonds de nos esprits chercheurs, laissons Rone s’emparer une quarantaine de minutes de l’espace sonore…

Extrait, « Parade »de l’album « Tohu Bohu » (Infine 2012)

M83 – Live @Somerset House Music Festival

 
Couronnant l’impressionnant succès de M83, à la fois sur scène et en vente d’albums (« Midnight City »), Anthony Gonzalez, leader de ce renouveau de la french touch, a filmé un moment d’effusion scénique à Londres, caméra à la main, montrant l’impressionnante dynamique que génère la pop électro du groupe. Est-ce que cet extrait est un prélude à une prochaine vidéo retraçant leur tournée? Réponse très bientôt.


Top 10 de la rédaction, 2011 (part4)

Cousin éloigné de Nicolas Jaar, James Blake partage le goût du minimalisme dans la musique, surfant volontiers vers l’éther et la prédominance d’une pureté sonore, pas forcément évidente pour le commun des mortels et Nikos Aliagas. Mais qu’importe (nevermind the shitbags), l’essentiel est là, une introspection teintée de dubstep qui côtoie les sphères d’un Mark Hollis, au sommet d’un « Laughing Stock » immanquable. Pour la beauté et la sincérité du geste, il vient se placer en 4ème position de ce top 10. A l’opposée, le frenchie qui monte, Anthony Gonzalez et son M83 qui ose un double album ambitieux (« Hurry Up, We’re Dreaming »), épique, où l’histoire rencontre la perfection sonore, à travers des arrangements qui piochent dans les années 80 et dans des contrées sonores où la pop synthétique est l’apanage d’un XXIème siècle, transition entre l’ancien et le nouveau monde. Sensible, risqué et conquérant (certains titres présentés dans cet album pourraient bien damer le pion à MGMT), M83 accroche le bronze et cette 3ème place stratégique.

– James Blake – (album éponyme)

 

 

 

– M83 – Hurry Up, We’re Dreaming.