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Are You Talkin’ To Me?

Taxi Driver

Un des classiques de Martin Scorsese à qui l’on doit quelques chefs d’oeuvre du cinéma américain (il serait trop long de tous les citer ici), dont l’incontournable Taxi Driver où l’on voit Travis Bickle, interprété par un Robert De Niro en état de grâce, côtoyant la grandeur et la décadence new-yorkaises, jusqu’à perdre définitivement le contrôle et sombrer dans la folie. C’est cette folie que l’on retrouve dans ce montage sonore extrêmement dense où l’on parvient à saisir l’ambiance du film, lourde et oppressante. Avec, en toile de fond, cette mélodie sifflée qu’il m’arrive de reproduire dans les transports en commun, légère mais inquiétante, chevauchée par un déluge de sons concrets (bruits de revolver, portes de voiture…) et cette note d’infra basse tenue, comme pour appuyer le drame qui est en train de se dérouler sous nos yeux (sous nos oreilles, dois-je dire?). La montée en puissance est comparable à l’état dans lequel va évoluer le personnage de Travis Binckle, pris en étau entre sa raison, ses sentiments et l’implacable violence de la ville. Réalisé par Pable Fernandez Eyre, un directeur artistique barcelonais, cet essai vient parfaitement compléter le slogan mythique « Are You Talkin’ To Me », inlassablement repris par une, deux, trois générations… Car, dans moins d’un an, arrivera l’âge canonique, les quarante ans de cette pellicule mythique.

 

Something – Bass and drums required !

Pour les batteurs et les bassistes mais pas seulement. « Something », l’une des chansons les plus mythiques des Beatles, écrite par George Harrison et décrite par Frank Sinatra himself comme la plus belle chanson d’amour de tous les temps, est l’objet d’un focus sur la partie rythmique, à savoir la batterie de Ringo Starr et la basse de Paul Mc Cartney. Pour le bassiste à la Hofner, c’est un travail mélodique qu’il effectua avec une ligne de basse considérée comme l’une de ses plus marquantes au sein des Beatles (bien qu’elles soient toutes particulièrement intéressantes) mais « peut-être trop chargée » considérant les propos de Fab George qui vit l’occasion d’une première Face A (synonyme de numéro 1 dans les charts) avec les Beatles. Et Ringo? Celui qui, à son insu, initia l’idée du solo de batterie sur le medley d’Abbey Road, marque un jeu minimal, plutôt décousu, avec des breaks improbables et des sonorités de charley délicieuses (à 1’17) qui font la particularité du rythme Beatles. Un enchantement. Cette parenthèse beatlesienne vient marquer l’épilogue d’un énième visionnage du film (indispensable) de Martin Scorsese consacré au regretté à l’oeuvre de George Harrison (Living In The Material World) et que je recommande avec la plus grande insistance.