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Les nouveautés de la semaine #3

Amputé d’une partie de ses membres, White Denim livre un huitième album d’excellente facture, flirtant avec T-Rex, les Raconteurs (la frange Brendan Benson) avec une touche un peu psyché (« Double Death ») qui sent bon le terreau américain et la sueur d’un blues rock 100% US. Ce qui m’a plu dans ce « Performance », au-delà des références précitées, c’est l’immédiateté des chansons et une facilité d’écoute qui rend la trentaine de minutes hyper agréable à écouter, d’une traite, avec en prime, l’assurance d’une mine joyeuse à l’aube de cette rentrée. Aller, on enfile ses santiags et on grimpe dans sa Range, à l’assaut du grand Ouest tout en matant ce « It Might Get Dark » en différé de chez Conan O’Brien !

 

De la musique dans le stéthoscope

A la question « Un bac de recyclage peut-il flatter autre chose que notre conscience écologique et citoyenne ? », la troupe Décor Sonore répond oui avec sa dernière création, Urbaphonix. Et c’est à nos oreilles qu’elle s’adresse. Cet ensemble de musiciens / performers / acrobates (car oui, il y a parfois de la cascade), dirigé par Michel Risse, transforme en effet tout ce qui lui passe par la main en instrument de musique improvisé. Et quel meilleur terrain d’expérimentation que notre environnement urbain quotidien ? Sous les doigts agiles de nos hôtes, et grâce à des petites merveilles technologiques évoquées il y a quelques temps dans ces pages, les roues de vélo deviennent des harpes, les fermetures éclair permettent de scratcher comme sur une bonne vieille MKII, puis l’instant d’après se muent en cuicas, le portail de l’immeuble sonne comme un vibraphone et le garde-corps du balcon de la voisine du premier, dont les géraniums n’en demandaient pas tant, se transforme en une basse au son saturé qui ferait pâlir de honte le plus hardcore des métalleux. Muets tels des mimes, l’oreille toujours tendue à la recherche de nouvelles surfaces à faire vibrer, les membres de Décor Sonore ne font que passer, donnant à l’assemblée qui les accompagne pour un temps, et aux badauds qui ont la chance de croiser leur chemin,  en  une étonnante illustration du précepte de John Cage : « Si un son vous dérange, écoutez le. » … Et de s’en aller comme il sont venus, sans un bruit, rendant à leurs instruments d’un instant leur fonction première, et laissant la rue retrouver son calme. Nos oreilles, elles, résonnent en revanche toujours de leurs facéties musicales.

Tweeter la musique

 

Changer des tweets en musique, tel était le défi d’un duo allemand (Heavy Listening) expert en design sonore et expérimentations musicales. C’est à Berlin, terre de l’expérimental européen et plus précisément au Berghain, l’un des clubs les plus en vue du pays, qu’ils ont fait vibrer la tweetosphère avec un concept novateur qui propulse l’interactivité au coeur de l’un des plus puissants réseau social. Pour décrire l’idée simplement, chaque tweet envoyé avec les hashtags #Berghain ou #Tweetscapes (le nom du projet) renverra des sons spécialement crées par Anselm Venezian Nehls et Carl Schilde. L’idée part d’une transformation de données en éléments sonores. Une performance plutôt insolite et une installation musicale innovante en association avec le quatuor Automat. A découvrir !

Explications 

Extrait du rendu au Berghain Club