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Tiyan – Doctor Danger (2014)

Tiyan

Quelques semaines avant la sortie de son nouvel E.P, Tiyan lance « Doctor Danger », un premier single pop aussi efficace que soigné, dans ses arrangements et dans sa production. Objet d’une expérience anatomique pour le moins loufoque, mis (presque) à nu et sous l’emprise d’un docteur tenant ici sa vengeance (on soupçonnerait presque une sortie parfaitement calée avec la journée de la femme… 8 mars 2014), l’impassible Tiyan parvient à créer l’adhésion par une simplicité mélodique et une combinaison parfaitement équilibrée entre chanson et traitement synthétique aux petits oignons. Vite, la suite !

Ah, j’allais oublier, la vidéo a été réalisée par Claustr&Phobia, un duo de réalisatrices qui monte…

 
 

 

Paul McCartney – « New » (2013)

Paul McCartney - New (2013)

Tout le monde en parle, certes, et ajouter quelques lignes à l’édifice d’une presse unanime, est-ce réellement utile? Sans doute que cet hommage se dispersera parmi tant d’autres sur Internet ou trouvera quelques lecteurs curieux d’un blog… curieux. Qu’importe,  l’envie l’emporte contre la raison et il est difficile de s’y détourner. L’hommage en question se révèle à travers un album, celui de Paul McCartney qu’il a très justement appelé « New ». Après six ans d’absence sur les tablettes de la pop, Macca nous invite à célébrer une carrière d’une richesse qu’il n’est plus nécessaire de décrire (entre les Beatles, les Wings et une carrière solo) tant elle marque une empreinte majeure dans la musique de ces cinquante dernières années. L’album s’ouvre sur « Save Us » et annonce la forme olympique du natif de Liverpool arguant un rock façon Strokes (à l’écoute des guitares du couplet, on retrouve ce son saturé très plein et délicatement crade). « Queenie Eye » marque des franches retrouvailles avec les Wings et « Band On The Run » sur un exercice pop (Dieu que le pré refrain et le refrain sont parfaits !). « Early Days » convoque à l’évidence les Paul, John, George et Ringo avec un morceau dont il a le secret, celui d’une simple chanson nostalgique avec juste l’essentiel de la pop : une voix et une guitare. Passé une première moitié d’album tournée vers ce qu’il fait de mieux, « Appreciate » marque une sorte de rupture en tentant une exploration avec quelques touches électroniques et un groove frôlant le hip-hop. Très réussie, cette chanson verra suivre un tour de force remarquable de pop classique (« Everybody Out There ») qui aurait eu toute sa place dans les meilleures morceaux de Paul période Wings. Joie de vivre, refrains entonnés, énergie contagieuse et pop parfaite, ce titre résume parfaitement le savoir-faire de l’ex-Beatles. A 71 ans, Macca ne montre aucun signe de faiblesse et rassure sur (peut-être) encore une décennie de chansons originales. On se prend à rêver de ce projet avec Bob Dylan sans trop y croire. Peut-être réservé à notre lot de fantasmes les plus secrets… « Hosanna » nous invite à retrouver « Flaming Pie », son album de 1997, accouché dans la douleur alors que Linda s’apprêtait à nous quitter. Passé ce moment de calme, « I Can Bet » relance la machine rock tant aimée, celle de « Run Devil Run » (1999) son album de reprises de standards rock’n’roll, avant de laisser la placer à une autre déambulation exploratrice et démontrant une volonté d’aller de l’avant et percer une bulle de musique électronique (« Looking At Her »). Sans pour autant omettre la mélodie (hé, on parle du vrai king of pop !), la rythmiques aux sonorités d’une boîte à rythme et la basse synthétique s’échappant ça et là se révèlent comme un marqueur « sonore » de l’époque. La chanson est impeccablement produite (comme la majorité des titres par différents producteurs de renom dont Mark Ronson et Paul Epsworth) par Giles Martin, rejeton de George Martin, considéré à juste titre comme le cinquième Beatle et responsable d’un nombre conséquent d’innovations de production sur les albums des Fab Four. Avant de laisser le silence s’imposer, Paul ferme la marche avec des adieux, des « à la prochaine » dirons-nous, seul au piano, sur un morceau caché (« Scared »), fragile, que l’on devine écrit pour Linda, John ou ces rencontres qui marquent une vie. Paul a marqué la nôtre, sans aucun doute, et continuera de surprendre, vivant, dans l’au-delà, grâce à cet héritage musicale phénoménal. Meilleur album depuis telle ou telle date? Qui s’en préoccupe à part les généralistes accoucheurs de papiers en série? Personne. Et tant mieux. Ecoutons et apprécions.

San Cisco – « album éponyme » – (2013)

San Cisco

Sorti cette semaine sur le label Fat Possum Records, l’album des australiens de San Cisco démarre fort avec « Beach », premier single dévoilé fin décembre 2012. Puis, une petite bombe pop (« Fred Astaire ») qui évoque ça et là Miami Horror, Miles Kane (en plus sucré et moins rock) qui surprend par sa frénésie contagieuse et donne clairement envie de danser. La voix peut parfois évoquer Alex Turner des Arctic Monkeys mais l’emballage, plus relax et pop, ramène vers les côtes (précisément Californienne, tiens tiens…) où le soleil et la plage relèguent la grisaille printanière définitivement au placard. Parfois inégal et lorgnant trop sur un tempo quasi identique sur chaque titre, « San Cisco » (album éponyme) saura rythmer cette entame d’été et provoquer quelques déhanchés devant un bon feu de plage (« Rocket Ship »). Alors, ne boudons pas notre plaisir !

Orval Carlos Sibelius – Super Forma (2013)

Orval Carlos Sibelius - Super Forma (2013)

Après une pause de trois semaines où nous avons pu emmagasiner un certain nombre de découvertes musicales, celle qui va rythmer ce début d’été va nous transporter dans la pop psychédélique. Après avoir vu les australiens de Tame Impala dans l’antre de l’Olympia, nous ne nous attendions pas à tomber sur ce Orval Carlos Sibelius. La pop du parisien (et oui!) ne ressemble à pas grand chose d’actuel et semble naviguer à contre courant de certaines banalités sorties récemment (Empire Of The Sun et « Alive », hyper frimeur et sans intérêt par rapport au rafraichissant « Walking On A Dream »). Orienté fin sixties et mentionnant ça et là des références piliers de la pop (les Beatles de « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band », les Stones de « Their Satanic Majestic Request »), Axel Monneau (son vrai nom) salue également celui qui brillait sur un diamant fou, la caution délirante des Pink Floyd : Syd Barrett. Conçu dans un espace-temps arrêté aux chemises à fleurs et aux lunettes colorées immenses, « Super Forma » porte Orval Carlos Sibelius sur une planète que l’on croyait abandonnée ou livrée aux recoins insoupçonnés de quelques bloggueurs ultra spécialisés. En retrouvant même un esprit Donovan (« Mellow Yellow ») sur la voix d' »Archipel Celesta », c’est une brèche que l’on se retrouve à redécouvrir sans tomber sur un vulgaire cliché de compilation tous azimuts. En 2013, sans calcul, juste celui de produire quelque chose de sincère, l’Artiste (j’insiste sur le grand A), livre un album où le voyage pop n’a jamais été aussi lointain. La question, c’est : « Va-t-on y revenir indemne? »

La pop classieuse selon Kevin Parker

Kevin Parker

Habitué des mixtapes avec ses « modcasts », le label Modular vient de divulguer celle de Kevin Parker, le leader des excellents Tame Impala. Pas surprenant de voir se côtoyer les Gainsbourg, Beck, Can, Air ou autres éminences grises de la pop. Comme on aime particulièrement le groupe et qu’on s’impatiente de leur prochain concert parisien (ndlr. A l’Olympia le 28 juin), voici donc les quelques racines musicales de Mister Parker.

La fabrication d’un tube disco

 

Telex

Nous sommes à la fin des années soixante-dix, le punk et la musique disco, bien que très logiquement opposés, cohabitent dans l’underground du rock et sur les pistes de danse. Alors que les Cerrone, Donna Summer, Abba (et j’en passe) s’imposent dans les charts, le groupe belge Telex sort « Moscow Diskow » (1978), le tube disco qui leur ouvre les portes d’une forte notoriété  à l’étranger. Sur le même schéma que Kraftwerk, ils utilisent exclusivement des synthétiseurs et des boîtes à rythmes pour élaborer leur musique. A l’époque, on imagine bien la stupéfaction du public face à ces étranges personnages et ses sonorités futuristes… Laborantins du son et de la synthèse, Marc Moulin et Dan Lacksman nous expliquent comment ils ont fabriqué cette « synthpop » atypique et loufoque, depuis leur studio où les machines à synthèse modulaire pullulent…

Saturday Five Tracks – 06/04/13

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Que du neuf en ce samedi grisonnant d’espoir de fin d’hiver avec Youth Lagoon et sa pop planante rappelant les disparus MGMT, Phosphorescent et le songwriting parfait de « Song Zula », les quasi vétérans Strokes en mutation électro pop très réussie (notamment sur le « Chances » présenté ci-dessous), le petit nouveau (mais déjà bien présent dans certaines musique de publicité) Hanni El Khatib et sa pop sucrée et enfin, pour clore ce Saturday Five Tracks, un premier extrait des très attendus papes de l’électro classique Aufgang.

Track 1 : Phosphorescent – Song For Zula (2013)

Phosphorescent - Muchacho (2013)

Phosphorescent – Muchacho (2013)

 

Track 2 : The Strokes – Chances (2013)

The Strokes - Comedown Machine (2013)

The Strokes – Comedown Machine (2013)

Track 3 : Hanni El Khatib – Penny (2013)

Hanny El Khatib - Penny (2013)

Hanny El Khatib – Penny (2013)

Track 4 : Youth Lagoon – Mute (2013)

Youth Lagoon - Wondrous Bughouse (2013)

Youth Lagoon – Wondrous Bughouse (2013)

Track 5 : Aufgang – Kyrie (2013)

Aufgang - Kyrie (2013)

Aufgang – Kyrie (2013)

 

 

 

 

 

Chassol – Indiamore (2013)

Chassol

Comment définir ce projet musical? Déjà, un indice : une signature sur Tricatel, le label de l’iconoclaste et fin limier de la pop, Bertrand Burgalat. D’ores et déjà, un OVNI, puis une fusion des genres mise en oeuvre par un claviériste talentueux : Christophe Chassol. Evoluant dans un paysage indien où les voix s’entremêlent avec les cordes (le sitar), les tablas et des percussions évoquant aussi un jazz façon Stax (« XIXth Century ») ou très proche du « Politics » de Sébastien Tellier (« Odissi, Pt. III Farewell » avec la section rythmique parfaite emmenée par le batteur génial Lawrence Clais), Chassol s’aventure dans les terres d’une musique sacrée, tel un chantre de la symbiose occident/orient, à la manière d’un George Harrison du troisième millénaire. Cela pourrait s’arrêter aux clins d’oeil d’un musicien tout juste prêt à puiser dans la matrice orientale, mais « Indiamore » est bien plus qu’un simple hommage. A travers vingt-deux titres, c’est un véritable storytelling, une plongée dans un univers où le paysage sonore est le fil rouge d’une narration passionnée évitant tous les clichés du genre. Donc on chasse l’évidence pour se retrancher derrière la photographie de Calcutta et de Bénarès (d’où sont tirées des ambiances sonores locales, des sons de ville, des samples…) à la rencontre des talents locaux. Une belle découverte autour d’un concept, celui d’un musicien désireux d’une expérience de vie et avide de rencontres. Hare Krishna !

Graffiti6 – Colours (2012)

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Graffiti6 – Colours (2012)

Sortie en 2010, « Annie You Save Me » du groupe Graffiti6 est une petite pépite de pop music à cheval entre Electric Guest et le Ben Folds de « Rockin’ the Suburbs ». J’ai attendu une promenade dans les rayons disques sinistrés de la Fnac Saint-Lazare (en travaux…) et l’avis d’un vendeur pour découvrir l’album « Colours » et les chansons du duo londonien Jamie Scott (voix et composition) et Tommy « D » Danvers (production et composition). Découvrant les titres au fur à mesure de l’écoute en streaming HD sur notre plateforme préférée Qobuz, on arrive même à imaginer l’ombre d’un Rod Stewart sur « Free » et quelques traces du Kravitz de « I Belong To You » sur « Calm Strong ». Chose inattendue, les petits hommages par ci par là à feu Michael Hutchence d’INXS dont on a un peu tendance à oublier l’héritage. En écoutant l’album, sans crier au génie, on aura tendance à relever un plaisir purement hédoniste, celui d’une immense fête entre amis, partagée sur la plage, en plein été… Jamais éloigné d’une volonté d’accrocher le mainstream sans virer dans la mélasse radiophonique, Graffiti6 est une bonne surprise menée par l’excellente voix de Jamie Scott et servie par de très bonnes chansons. Dire qu’un jour les vendeurs Fnac ne seront plus qu’un lointain souvenir, au profit de vulgaires frigos Laden, participant au bombardement des rayons disques et servant la cause de la mass consumption… Trêve de pessimisme et place à la musique.

Dan Deacon et le concert de smartphones

Dan Deacon

Présent dans notre top 10 de l’année 2012 (album « America »), Dan Deacon a façonné une pop bruitiste où l’expérimentation prime sur la tradition songwriting façon 3’30 couplet-refrain. Très denses, les titres sont une manière d’allier la technique instrumentale et le bidouillage tous azimuts. Sans perdre de vue l’intérêt harmonique (« True Trush ») et quelques embardées non sans rappeler les new-yorkais TV On The Radio, c’est  un déluge de son qui nous envahit jusqu’à ce moment de répit, « Pretty Boy », un petit bijou venu de nulle part. Ensuite, l’embardée sonore reprend, avec une effusion de sons synthétiques accompagnant un shoegazing brut et parfois une suite percussive inspirée d’un Philip Glass (« USA III : rail »). Ambitieux, donc. Curieux d’imaginer sa musique en concert (et puis comment un potentiel visuel pourrait s’y intégrer), l’américain a  poussé l’expérimentation plus loin en invitant son public à participer à ses concerts grâce à une application pour Iphone et Android« Dan a besoin de votre aide! Participez au concert! », est-il écrit sur des affiches à l’entrée de la salle. Une fois téléchargée (gratuitement), l’application n’a pas besoin d’être connectée à un réseau Wifi pour fonctionner. Elle permet de synchroniser les smartphones qui l’utilisent, lesquels se transforment alors, dans les mains du public, en lumières, stroboscopes ou instruments de musique. A voir là vidéo (ci-dessous), on a vite compris pourquoi les briquets ont (quasiment) disparu des salles de concert.