Tous les articles tagués rock

16 Articles

Les classiques de la semaine (et qui tuent) #1

Ce morceau me donne envie de pleurer. « The Straight And The Narrow » est le chant du cygne de la britpop, ou plutôt, la pierre angulaire d’une ultime commémoration. Car Pulp a déjà fait le boulot, trois ans auparavant, avec l’épique et merveilleux « This Is Hardcore » . Et puis, il me rappelle ma première année à Paris, vierge de pollution, de stress et d’explosions rock’n’rolliennes (presque)… Une période bénite, en somme. C’était fin 2003 ou début 2004, Spiritualized venait jouer le très garage « Amazing Grace » à la Maroquinerie, petit scène parisienne de toutes les claques sonores (Beta Band, Kula Shaker, Nada Surf, etc) chères à la fin des années 90. Je me souviens encore de Jason Pierce, assis sur chaise, avec sa Stratocaster et un monticule de pédales d’effet. Assis aux premières loges, j’assistais alors à un déluge sonore de toute beauté mais passons… « The Straight And The Narrow » me donne toujours envie de pleurer et, à chaque fois, j’ai besoin de l’écouter trois ou quatre fois pour que l’immersion soit totale. La plénitude, quoi. Cette ballade, pas au sens cliché du terme, convoque le religieux (« The trouble with the straight and the narrow Is it’s so thin, I keep sliding off to the side, And the devil makes good use of these hands of mine ») et, avec une évidence presque arrogante, va chercher la beauté absolue dans l’arrangement et l’orchestration. Jason Pierce est une sorte de génie, caché des lieux communs, en mission depuis 25 ans avec Spiritualized, son inusable et splendide navire qui, d’après ses dires, devrait se poser pour l’éternité. Doit-on s’en lamenter? Probablement pas. Avec « Let It Come Down », « Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space » et « Amazing Grace », il tient une trilogie définitive que l’on pourra écouter en boucle, toujours, qu’importe, que le rock soit une pièce de musée, fossilisé à tout jamais (ce qui n’arrivera pas, n’est-ce pas?) ou flottant dans une constellation. Amen.

 

Les nouveautés de la semaine #3

Amputé d’une partie de ses membres, White Denim livre un huitième album d’excellente facture, flirtant avec T-Rex, les Raconteurs (la frange Brendan Benson) avec une touche un peu psyché (« Double Death ») qui sent bon le terreau américain et la sueur d’un blues rock 100% US. Ce qui m’a plu dans ce « Performance », au-delà des références précitées, c’est l’immédiateté des chansons et une facilité d’écoute qui rend la trentaine de minutes hyper agréable à écouter, d’une traite, avec en prime, l’assurance d’une mine joyeuse à l’aube de cette rentrée. Aller, on enfile ses santiags et on grimpe dans sa Range, à l’assaut du grand Ouest tout en matant ce « It Might Get Dark » en différé de chez Conan O’Brien !

 

Pepe Deluxé – Queen Of The Wave (2012)

Pepe Deluxé_Queen Of The Wave

Ils sont finlandais et viennent nous titiller sur des références majeures des années 90-00 néo-psychédéliques (MGMT, Tame Impala), elles-mêmes s’inspirant de la vague flower power de la fin des années soixante. Dans ce « Queen Of The Wave » complètement délirant et d’un hétéroclisme à couper le souffle (on déambule dans un cabinet de curiosités où l’espace temps est modifié en permanence), on retrouve la pop des excellents et mésestimés The Coral (« Queenwave ») et quelques resucées du rock au parfum maharishi de Kula Shaker (« A Night And A Day »). Hyper ambitieux, ce troisième album, présenté comme un concept à part entière, vient créer des passerelles fantastiques entre une folk moderne (« Iron Giant » et cette parenté évidente avec Edward Sharpe & The Magnetic Zeros) s’affranchissant du repère marketing du moment (l’electro pop rincée à grands coups d’interjections – les « he ho ho » florissant jusqu’à l’indigestion) et un rock psychédélique mâtiné d’un classicisme pop (« Riders Of The First Ark » où l’on retrouve quelques échappées lyriques façon Burt Bacharach, Roy Orbinson ou encore Scott Walker). Pepe Deluxé se présente comme un collectif inter-continental naviguant sur un océan où les limites sont inexistantes et les escales parfaitement flamboyantes, délicieusement psychotropiques… Peut-être que  cet opéra rock peut parfois s’avérer parfois un peu trop copieux… Mais on ne boude pas notre plaisir, ce « Queen Of The Wave » est à découvrir absolument, histoire de faire bouger un peu les stats Deezer (un millier de « fans » seulement…).

Slaves – Are You Satisfied? (2015)

SLAVES – ARE YOU SATISFIED? (2015)

Depuis 2005 et le pyramidal « Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not » des Arctic Monkeys, on n’avait pas entendu une telle gouaille rock. Ces jeunes gens manient un rock punk crasseux digne de la folie vengeresse des Sex Pistols. Dans la mélasse electro pop qui sévit depuis quelques années (à prendre pour certains, à laisser pour d’autres), on se réjouit à l’écoute de « Are You Satisfied? », premier album de Slaves, duo batterie/guitare et chant scandé façon Johnny Rotten ou Mike Skinner (The Streets), autre bouleversement hip-hop anglais du début des années 2000. Quasi prodigieux, ce rock s’accapare les codes du punk avec des titres diablement efficaces (« The Hunter », « Cheer Up London », « Hey », « She Wants Me Now » ) qui sonnent comme des classiques du genre. La dernière claque punk, c’était le « Veni Vidi Vicious » des Hives, il y a fort longtemps… Et les gus venaient de Suède. Là, les anglais reprennent la main, avec ferveur, indélicatesse et ce qu’il faut de prétention. Le rendez-vous est pris sur la petite scène de la Maroquinerie, le 7 novembre prochain. God slaves the queen !

Iceland Airwaves Festival, Jeudi 31 octobre

Reykjavik

Iceland Airwaves Festival 2013

Deuxième jour de festival, entre des déambulations dans les rues de Reykjavik et un programme bien ficelé dans la très réussie application dédiée au festival. Le temps est ensoleillé et l’ambiance dans la ville toujours aussi propice à l’euphorie.

Première halte au Koffin Café, un peu au hasard dans le off-venue, le groupe islandais My Brother Is Pale, sorte de Muse ressuscité façon Showbiz. Parfaitement comprise, la règle instaurée par Matthew Bellamy continue de faire des petits. Sans surprendre, le groupe réussit parfois à toucher, grâce à une excellente maîtrise de l’instrument mais peine à s’extirper du mimétisme Muse ou Kings Of Leon. L’avant dernière chanson, dont je ne connais le nom, s’avère plus ambitieuse avec une touche electro plutôt bienvenue malgré un lyrisme (trop) exacerbé.

Original Melody

Original Melody @Gamli Gaukurin

Ces gars la n’ont pas l’air de rappeurs, plutôt de bûcherons ou d’étudiants en lettres modernes (en fin de cycle, précisons, et avec quelques années d’endormissement) mais l’habit ne fait pas le MC et ces trois là maîtrisent l’art du flow et leurs solides références old school façon hip-hop 90’s. Des guests (un sax et une chanteuse) accompagneront l’ensemble pour le saupoudrage sexy et la clôture sur un choeur improvisé de potes présents dans la salle… Super instrus et sens du show viendront convaincre le public, captif et sensible au head banging. Bonne pioche d’autant que les lascars n’avaient pas foulé la scène depuis 3 ans !

Tempel

Tempel @Gamla Bíó 

Les quatre suédois nous ramènent vers Mogwaï et un post rock où les guitares tapissent le spectre sonore d’effets et saturations denses. Parfois, on se prend à cette atmosphère qui révèle quelques moments planants, parfaits pour s’approprier les paysages lunaires que dessinent le groupe. La bande originale de film n’est jamais loin et la communion s’apparente à un vaste banquet où tout le monde serait tenu au silence ou à l’explosion. Au choix.

Samaris

Samaris @Gamla Bíó 

Peu enclin à bouger et préférant observer un moment de repos dans cette ancienne salle de cinéma au charme typique, nous attendons  Samaris et son imagerie singulière. Ce combo étrange combine une sorte d’electronica et de musique down tempo nous ramenant vers Björk (le chant est un marqueur évident) sans pour autant retrouver l’exceptionnelle force émotionnelle résidant dans la voix de la légende islandaise. Les instrumentaux sont plutôt bien ficelés et les sons intéressant mais on parvient difficilement à s’accrocher à quelque chose. Chose plutôt curieuse, la clarinettiste au jeu difficilement discernable n’apporte pas grand chose… Un bon potentiel néanmoins pour un groupe qui a déjà obtenu quelques récompenses locales.

Jagwar Ma

Jagwar Ma @Reykjavik Art Museum

Ou comment envoyer la sauce rock sans batterie? À l’évidence, la formule trio guitare voix, basse et machines fonctionne à merveille. Les australiens ressortent clairement la veille recette de leurs aînés (The Music, BRMC…) mais parviennent à insuffler ce qu’il faut de neuf pour ne pas tomber dans la redite. Du neuf, oui, avec cette sauce dancefloor qu’apprécierait sans doute Shaun Ryder en bon patron de l’amphet rock et des happy mondays. Serait-ce la formule d’un rock futuriste où le sacro saint basse batterie guitare chant serait définitivement relayé au rang d’objet de musée ou de relique préhistorique ? N’allons pas trop vite en besogne. Jagwar Ma a clairement identifié un potentiel et a probablement saisi quelque chose qui échappe sans doute à la scène rock actuelle. L’envie de tuer le père, de définitivement clore le chapitre 70´s en s’appropriant une nouvelle façon de traiter ses chansons. Minuit et quelques, on finit ce second jour de festival avec déjà l’envie d’en découdre demain. Big programmation en vue !

Paul McCartney – « New » (2013)

Paul McCartney - New (2013)

Tout le monde en parle, certes, et ajouter quelques lignes à l’édifice d’une presse unanime, est-ce réellement utile? Sans doute que cet hommage se dispersera parmi tant d’autres sur Internet ou trouvera quelques lecteurs curieux d’un blog… curieux. Qu’importe,  l’envie l’emporte contre la raison et il est difficile de s’y détourner. L’hommage en question se révèle à travers un album, celui de Paul McCartney qu’il a très justement appelé « New ». Après six ans d’absence sur les tablettes de la pop, Macca nous invite à célébrer une carrière d’une richesse qu’il n’est plus nécessaire de décrire (entre les Beatles, les Wings et une carrière solo) tant elle marque une empreinte majeure dans la musique de ces cinquante dernières années. L’album s’ouvre sur « Save Us » et annonce la forme olympique du natif de Liverpool arguant un rock façon Strokes (à l’écoute des guitares du couplet, on retrouve ce son saturé très plein et délicatement crade). « Queenie Eye » marque des franches retrouvailles avec les Wings et « Band On The Run » sur un exercice pop (Dieu que le pré refrain et le refrain sont parfaits !). « Early Days » convoque à l’évidence les Paul, John, George et Ringo avec un morceau dont il a le secret, celui d’une simple chanson nostalgique avec juste l’essentiel de la pop : une voix et une guitare. Passé une première moitié d’album tournée vers ce qu’il fait de mieux, « Appreciate » marque une sorte de rupture en tentant une exploration avec quelques touches électroniques et un groove frôlant le hip-hop. Très réussie, cette chanson verra suivre un tour de force remarquable de pop classique (« Everybody Out There ») qui aurait eu toute sa place dans les meilleures morceaux de Paul période Wings. Joie de vivre, refrains entonnés, énergie contagieuse et pop parfaite, ce titre résume parfaitement le savoir-faire de l’ex-Beatles. A 71 ans, Macca ne montre aucun signe de faiblesse et rassure sur (peut-être) encore une décennie de chansons originales. On se prend à rêver de ce projet avec Bob Dylan sans trop y croire. Peut-être réservé à notre lot de fantasmes les plus secrets… « Hosanna » nous invite à retrouver « Flaming Pie », son album de 1997, accouché dans la douleur alors que Linda s’apprêtait à nous quitter. Passé ce moment de calme, « I Can Bet » relance la machine rock tant aimée, celle de « Run Devil Run » (1999) son album de reprises de standards rock’n’roll, avant de laisser la placer à une autre déambulation exploratrice et démontrant une volonté d’aller de l’avant et percer une bulle de musique électronique (« Looking At Her »). Sans pour autant omettre la mélodie (hé, on parle du vrai king of pop !), la rythmiques aux sonorités d’une boîte à rythme et la basse synthétique s’échappant ça et là se révèlent comme un marqueur « sonore » de l’époque. La chanson est impeccablement produite (comme la majorité des titres par différents producteurs de renom dont Mark Ronson et Paul Epsworth) par Giles Martin, rejeton de George Martin, considéré à juste titre comme le cinquième Beatle et responsable d’un nombre conséquent d’innovations de production sur les albums des Fab Four. Avant de laisser le silence s’imposer, Paul ferme la marche avec des adieux, des « à la prochaine » dirons-nous, seul au piano, sur un morceau caché (« Scared »), fragile, que l’on devine écrit pour Linda, John ou ces rencontres qui marquent une vie. Paul a marqué la nôtre, sans aucun doute, et continuera de surprendre, vivant, dans l’au-delà, grâce à cet héritage musicale phénoménal. Meilleur album depuis telle ou telle date? Qui s’en préoccupe à part les généralistes accoucheurs de papiers en série? Personne. Et tant mieux. Ecoutons et apprécions.

Half Moon Run – Dark Eyes (2013)

Half Moon Run - Dark Eyes (2013)

Tombé par hasard sur cet album dans les méandres de mes recherches sur Qobuz, ma plateforme de musique en streaming préférée (je ne le dirai jamais assez), je retrouve certaines émotions, plutôt familières, m’évoquant ça et là le fantôme de Jeff Buckley (« Nerve » période « Sketches For My Sweetheart The Drunk ») ou le génie méconnu de Merz (« Call Me In The Afternoon »). Un grand nombre de bonnes pioches venant du Canada, Half Moon Run ne déroge pas à la règle et propose une musique approchant la grâce et cotoyant des sommets (« Full Circle », « Need It », « Give Up ») inespérés… En dehors des Guillemots, autre groupe injustement mésestimé, il est difficile de convoquer le lyrisme sans s’échapper du pompier, l’arme redoutable du très « ampoulé » combo anglais Muse. Avec « Dark Eyes », les montréalais évitent cet écueil et livre un premier album quasi parfait. Vivement le Trianon le 15 novembre prochain !

Saturday Five Tracks – 16/03/13

Saturday Five Tracks

Le Saturday Five Tracks de cette semaine vise le haut de la pyramide indé et mise sur quelques héros oubliés ou tout simplement inexistants de la sphère mainstream. Mais qui s’en plaindra ? Rares, ils sont régulièrement attendus à chaque album et provoquent l’engouement de quelques incorrigibles romantiques ou amateurs de plans caverneux. Comprendra qui pourra, écoutons !

Track 1 : Shearwater – Animal Life (2012)

 Shearwater - Animal-Joy (2012)

Shearwater – Animal Joy (2012)

Track 2 : Ariel Pink’s Haunted Graffiti – Kinski Assassin (2012)

Ariel Pink's Haunted Graffti - Mature Themes (2012)

Ariel Pink’s Haunted Graffti – Mature Themes (2012)

Track 3 : Graham Coxon – What’ll It Take (2012)

Graham Coxon - A+E (2012)

Graham Coxon – A+E (2012)

Track 4 : Aesop Rock – Fryerstarter (2012)

Aesop Rock - Skelethon (2012)

Aesop Rock – Skelethon (2012)

 

Track 5 : Yo La Tengo – Before We Run (2012)

Yo La Tengo - Fade (2013)

Yo La Tengo – Fade (2013)

 

 

 

David Bowie – The Next Day (2013)

David Bowie -  The Next Day (2013)

À bien des égards, ce nouvel album de David Bowie est une réussite. Au delà de l’immense surprise générée par la sortie d’un premier single le 8 janvier dernier (l’introspectif et fragile « Where Are We Now »), l’étonnant revival revisité de la pochette de « Heroes » signée par le designer Jonathan Barnbrook et l’annonce d’un nouvel album dans la foulée, le Thin White Duke présente quatorze nouvelles chansons (accompagnées de trois titres supplémentaires en bonus) qui surprennent par le retour d’un rock tranchant, non sans évoquer le coeur de sa période sixties (les « Alladin Sane », « Diamond Dogs ») et l’aspect tortueux de « Scary Monsters ». Après un « Reality » (2003) de bonne facture, succédant très rapidement à « Heathen » (2002) qui signait le retour de Tony Visconti à la production accompagnant un songwriting de haute volée, « The Next Day » marque une étape, certes pas déterminante, de l’oeuvre Bowie, mais hautement à la hauteur des espérances. La chanson titre rappelle cette période où Bowie enchainait les riffs de guitare, avec ce qu’il faut de folie (la guitare électrique de Gerry Leonard, un habitué du crew et les choeurs entêtants). Dès la troisième minutes, on sent que Bowie veut frapper fort, faire taire les mauvaises langues clamant la momification de la légende depuis plusieurs années. « Dirty Boys » marque le pas tandis que « The Stars (Are Out Tonight) », le deuxième single, vibre de flamboyance et d’élégance et constitue la première pièce maîtresse de l’opus (les arrangements, ciselés, sont absolument bluffants et sans le moindre reproche). « Love Is Lost » continue d’enfoncer le clou, parachevant ainsi cette impression de « coup de maître », négociant l’entrée dans un climax proche de « Outside » (1995), l’album qui signait le retour de Bowie après une décennie d’albums (presque) ratés. Après « Where Are We Know » dont nous avions parlés dans ces colonnes début janvier, « Valentine’s Day » nous ramène (pas si) curieusement à Arcade Fire dans son rythme, ses choeurs. Bowie avait clamé son admiration pour le groupe canadien et avait partagé une scène avec eux. En dehors de « WAWN », Bowie ne laisse pas la place à des ballades comme cela avait le cas dans ses trois derniers albums, préférant l’embrasement (« If You Can See Me ») et quleques resucées façon « Black Tie White Noise » avec « Boss Of Me » qui signe également le retour d’un Tony Levin à la basse, reconnaissable entre mille. « Dance Out In Space » constitue une nouvelle pièce maîtresse que l’on jure parfaite à intégrer dans un potentiel set live, entre un titre de « Heathen » et, au hasard, un « 1984 ». On se prend à rêver, Bowie, n’ayant pas l’intention, pour l’instant, de défendre l’album sur scène. « How Does The Grass Grow », un pur produit Bowie, invoquant une nouvelle fois ses seventies et l’éternelle jeunesse d’un « Panic In Detroit ». Petit bémol sur la production métal FM musclée de « (You Will) Set The World On Fire », un peu daté bien que révélant un chant toujours aussi fougueux et énigmatique (« Kennedy would kill the line that you’ve written… »). Pour finir, « You Feel So Lonely Could Die », pièce calme à laquelle nous pourrions répondre que, non, David Bowie n’est pas seul, il est attendu, admiré, vénéré… Il constitue une des dernières légendes de la pop et du rock avec les Mc Cartney et Jagger, encore vivantes et toujours désireuses de poursuivre une carrière que l’on espère encore jonchée d’oeuvres pertinentes comme ce « Next Day », certes pas révolutionnaire (mais qui serait capable de créer une révolution aujourd’hui comme ont pu le faire les plus grands – difficile à dire tant la production actuelle va chercher dans le passé – ?), n’opérant pas la mutation espérée par ses fans les plus exigeants, mais diablement réjouissant.

Erevan Tusk – By The Larches (2013)

Erevan Tusk, By The Larches

Nous avions évoqué l’excellent groupe français dans ces colonnes il n’y a pas si longtemps, rendant ainsi hommage à la musique soignée de ce combo rock folk qui continue de convaincre, sur scène et sur album (« Fortify Your Innocence » paru l’année dernière). Actuellement en train de plancher sur leur second opus, Erevan Tusk a un programme chargé en perspective, entre une tournée française printanière et quelques interviews promo, ils viennent tout juste de dévoiler le clip de « By The Larches », un des morceaux de bravoure de l’album, non sans rappeler la luminosité de l’album « Green » de R.E.M et les harmonies vocales de Brian Wilson and co. Réalisé par Raphaëlle Tinland du duo Parallel, c’est des images sensibles et émouvantes qui évoquent avec grâce le passage du temps et le lien entre deux générations.

Erevan Tusk sera en concert le 25 février au Point Ephémère (Paris) et en tournée en France. « Fortify Your Innocence » est toujours disponible sur Itunes ou chez votre disquaire.