Tous les articles tagués synth pop

3 Articles

New Order – Music Complete (2015)

New Order_Music Complete

D‘évidence, la sortie d’un nouvel album de New Order, même dix ans après un dernier effort plutôt superflu (« Waiting For The Siren’s Call »), s’avère être un événement. Les anciens locataires (et propriétaires…ruinés) de feu la Hacienda, lieu culte de l’époque Factory, continuent d’entretenir la flamme d’une époque révolue mais toujours aussi en prise avec la vibe du moment.  À en croire les dernières productions pop du moment, les années 80 n’ont jamais été aussi vives, célébrant (parfois à outrance et « pour faire comme ») les synthès et les boîtes à rythme. Malgré l’absence de l’un de ses membres fondateurs (le tempêtueux Peter Hook parti en 2006), les deux rescapés de la première époque (Bernard Sumner et Stephen Morris, respectivement chanteur-guitariste et batteur), et plus loin encore, de Joy Division, restent fidèle à la recette maison. Servie comme à l’accoutumée, on retrouve les ingrédients synth pop basiques mais parfaitement indispensables : de bonnes chansons pop avec une garniture synthétique toujours efficace (« Singularity », « Tutti Frutti », « Academic »). Contrairement à « Get Ready », leur dernier excellent cru de 2001, « Music Complete » lorgne vers un NO à cheval entre « Power, Corruption & Lies », « Brotherhood » et le side-project de Sumner, Bad Lieutenant, sorti en 2009. Un vrai panorama du savoir-faire des mancuniens finalement (avec « People On The High Line » ce bonus discoïde assez réussi en cinquième plage). Hormis quelques titres plutôt anecdotiques (« Stray Dog » malgré la présence d’Iggy Pop au micro, « Unlearn This Hatred »), avec quarante arrière dans les pattes, Sumner and co continuent d’écrire de bonnes chansons et entretiennent la dynamique d’un style qu’ils ont contribué à créer. Toujours en marge des monstres de la décennie à la chromie incontrôlée (Depeche Mode, Cure, Tears For Fears qui cartonnaient à chaque single…), la dramaturgie et les hit singles en moins,  ils gravent un peu plus leur nom dans l’histoire de la pop moderne, avec ce supplément d’âme qu’ont su reconnaître leurs suiveurs (et talentueux invités) sur l’album (Brandon Flowers des Killers et La Roux). À noter, l’excellente édition double vinyle transparent tirée à 500 exemplaires que votre serviteur s’est procuré. Cool mais gimmick. Mais cool.

Wild Beasts – Perfect Tense (2014)

Wild Beasts - Perfect Tense (2014)

Sans crier gare, les rejetons de Mark Hollis et Martin L. Gore se sont pointés, pas plus tard que le mois dernier, dans les bacs et sur toutes les plateformes de streaming et de téléchargement. Auréolés de retours critiques plus qu’enthousiastes avec leur nouvel album (« Perfect Tense »), les anglais de Wild Beasts chassent sur les terres délaissées de Talk Talk et parviennent à sublimer un genre que l’on croyait perdu ou enfoncé dans les méandres du très fourre-tout dubstep. Dès les premières secondes de « Wanderlust », on entend ces sonorités new wave que l’on jurerait appartenir aux années 80 de « Music For The Masses ». En évitant l’écueil de la pâle copie, c’est avant tout des compositions bien ficelées, d’une belle richesse harmonique qui parviennent à toucher la corde sensible (l’atmosphère sublime de « Mecca » sonnant comme un classique) sans jamais la briser. Peut-être qu’à un moment, on adorerait que les chevaux s’emballent, débloquant ainsi une machine calée sur un rythme lent et profond… Certains sonorités s’approchent des prémices indus chères au Depeche Mode de « Some Great Reward » (« Daughters ») et apportent ce qu’il faut pour nous tenir à distance. Impromptu, « A Simple Beautiful Truth » vient rompre momentanément avec l’introspection pour flirter avec un déhanché pop réservé (on se lance quelques instants puis, par timidité, on rejoint notre table avant de se plonger dans l’amusement des autres). Les titres de ce nouvel album forment un noyau dur où la tension est mesurée, où chaque seconde compte… Le processus est messianique et l’élégance d’une pureté admirable.

La fabrication d’un tube disco

 

Telex

Nous sommes à la fin des années soixante-dix, le punk et la musique disco, bien que très logiquement opposés, cohabitent dans l’underground du rock et sur les pistes de danse. Alors que les Cerrone, Donna Summer, Abba (et j’en passe) s’imposent dans les charts, le groupe belge Telex sort « Moscow Diskow » (1978), le tube disco qui leur ouvre les portes d’une forte notoriété  à l’étranger. Sur le même schéma que Kraftwerk, ils utilisent exclusivement des synthétiseurs et des boîtes à rythmes pour élaborer leur musique. A l’époque, on imagine bien la stupéfaction du public face à ces étranges personnages et ses sonorités futuristes… Laborantins du son et de la synthèse, Marc Moulin et Dan Lacksman nous expliquent comment ils ont fabriqué cette « synthpop » atypique et loufoque, depuis leur studio où les machines à synthèse modulaire pullulent…