Tous les articles tagués the next day

2 Articles

David Bowie – The Next Day (2013)

David Bowie -  The Next Day (2013)

À bien des égards, ce nouvel album de David Bowie est une réussite. Au delà de l’immense surprise générée par la sortie d’un premier single le 8 janvier dernier (l’introspectif et fragile « Where Are We Now »), l’étonnant revival revisité de la pochette de « Heroes » signée par le designer Jonathan Barnbrook et l’annonce d’un nouvel album dans la foulée, le Thin White Duke présente quatorze nouvelles chansons (accompagnées de trois titres supplémentaires en bonus) qui surprennent par le retour d’un rock tranchant, non sans évoquer le coeur de sa période sixties (les « Alladin Sane », « Diamond Dogs ») et l’aspect tortueux de « Scary Monsters ». Après un « Reality » (2003) de bonne facture, succédant très rapidement à « Heathen » (2002) qui signait le retour de Tony Visconti à la production accompagnant un songwriting de haute volée, « The Next Day » marque une étape, certes pas déterminante, de l’oeuvre Bowie, mais hautement à la hauteur des espérances. La chanson titre rappelle cette période où Bowie enchainait les riffs de guitare, avec ce qu’il faut de folie (la guitare électrique de Gerry Leonard, un habitué du crew et les choeurs entêtants). Dès la troisième minutes, on sent que Bowie veut frapper fort, faire taire les mauvaises langues clamant la momification de la légende depuis plusieurs années. « Dirty Boys » marque le pas tandis que « The Stars (Are Out Tonight) », le deuxième single, vibre de flamboyance et d’élégance et constitue la première pièce maîtresse de l’opus (les arrangements, ciselés, sont absolument bluffants et sans le moindre reproche). « Love Is Lost » continue d’enfoncer le clou, parachevant ainsi cette impression de « coup de maître », négociant l’entrée dans un climax proche de « Outside » (1995), l’album qui signait le retour de Bowie après une décennie d’albums (presque) ratés. Après « Where Are We Know » dont nous avions parlés dans ces colonnes début janvier, « Valentine’s Day » nous ramène (pas si) curieusement à Arcade Fire dans son rythme, ses choeurs. Bowie avait clamé son admiration pour le groupe canadien et avait partagé une scène avec eux. En dehors de « WAWN », Bowie ne laisse pas la place à des ballades comme cela avait le cas dans ses trois derniers albums, préférant l’embrasement (« If You Can See Me ») et quleques resucées façon « Black Tie White Noise » avec « Boss Of Me » qui signe également le retour d’un Tony Levin à la basse, reconnaissable entre mille. « Dance Out In Space » constitue une nouvelle pièce maîtresse que l’on jure parfaite à intégrer dans un potentiel set live, entre un titre de « Heathen » et, au hasard, un « 1984 ». On se prend à rêver, Bowie, n’ayant pas l’intention, pour l’instant, de défendre l’album sur scène. « How Does The Grass Grow », un pur produit Bowie, invoquant une nouvelle fois ses seventies et l’éternelle jeunesse d’un « Panic In Detroit ». Petit bémol sur la production métal FM musclée de « (You Will) Set The World On Fire », un peu daté bien que révélant un chant toujours aussi fougueux et énigmatique (« Kennedy would kill the line that you’ve written… »). Pour finir, « You Feel So Lonely Could Die », pièce calme à laquelle nous pourrions répondre que, non, David Bowie n’est pas seul, il est attendu, admiré, vénéré… Il constitue une des dernières légendes de la pop et du rock avec les Mc Cartney et Jagger, encore vivantes et toujours désireuses de poursuivre une carrière que l’on espère encore jonchée d’oeuvres pertinentes comme ce « Next Day », certes pas révolutionnaire (mais qui serait capable de créer une révolution aujourd’hui comme ont pu le faire les plus grands – difficile à dire tant la production actuelle va chercher dans le passé – ?), n’opérant pas la mutation espérée par ses fans les plus exigeants, mais diablement réjouissant.

2013, l'année Bowie

Comment entamer 2013 sous les meilleurs auspices? Un nouveau David Bowie, bien sûr ! Alors que la presse et les fans s’interrogeaient sur la santé de l’artiste anglais, une de nos références pop culture revient avec un nouveau single publié sur Itunes (« Where Are We Now » retraçant avec une certaine nostalgie ses allées-venues dans les rues berlinoises lors de son périple de la fin des années soixante-dix) et en écoute sur le site officiel du « Thin  White Duke ». Prenant à contre-pied son monde, c’est avec un plaisir non dissimulé que j’écris ces quelques lignes tout en écoutant pour la sixième fois en trente minutes (soit une écoute quasi ininterrompue) ce premier extrait de « The Next Day », un album de 17 titres prévu pour le 13 mars. Maintenant, le tout, c’est d’être patient jusqu’au jour J.