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Rod Stewart – Sing It Again Rod (1973)

Rod Stewart_Sing It Again Rod

Passé les tubes « Do Ya Think I’m Sexy » ou « Forever Young » largement amplifiés par les bandes FM, je ne connaissais pas grand chose de Rod Stewart. Toujours caché derrière les gros bonnets des seventies, les David Bowie, Elton John, Queen, Led Zeppelin et dans une moindre mesure, les Stones (oui, soyons raisonnable, après « Exile On Main Street », il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent), l’ex chanteur du Jeff Beck Group et des Faces n’en demeure pas moins une sorte de légende du rock’n’roll façon strass et paillettes. Mais s’arrêter là relèverait du crime de lèse-majesté d’une époque bénie enfantant la plupart de nos rock heroes. Alors, levons notre verre à Rod Stewart et à ce « Sing It Again Rod » plutôt réussi.

Sur cette compilation rassemblant quelques classiques imparables (« Pinball Wizard » des Who revu et corrigé avec cordes, choeurs et trois tonnes d’emphase symphonique, « Street Fighting Man » des Stones sublimé par un finish sous forme de solo piano/basse/batterie, « Twisting The Night Away » de Sam Cooke) et quelques morceaux d’une puissance que seul le rock 70’s peut nous offrir (« I Know I’m Losing You »), Rod Stewart laisse également s’échapper quelques compositions folk sympathiques. Les chansons « Mandoline Wind », « Gasoline Alley » (co-écrite avec le futur Stones Ronnie Wood) sont plutôt bien intégrées dans cette photographie d’un moment de sa carrière où les Faces volent en éclat et laissent « The Mod » (un de ses surnoms) s’aventurer en solo pour une décennie difficile (condamnation pour plagiat pour le titre « Do Ya Think I’m Sexy », ventes qui s’effritent et retours critiques moribonds).

Je ne cache pas un intérêt fortuit, certes très largement amplifié par le plaisir d’une découverte sur vinyle avec pressage américain en parfait état. Rod Stewart, fait partie de ces artistes à la voix reconnaissable instantanément (comme un Tom Jones ou un Art Garfunkel) avec des qualités d’interprète exceptionnelles primant, certes, sur des talents pour la composition mais d’une évidence si… familière.

The Rolling Stones – Some Girls (Deluxe Edition)

L‘institution Stones réédite quelques unes de ses perles et c’est au tour de « Some Girls » (après un « Exile On Main Street » impeccable), sans nulle doute le dernier album mythique du « plus grand groupe de rock de tous les temps », de refaire surface dans les bacs agrémenté d’une édition Deluxe plutôt alléchante. Car les Glimmer Twins ont ramé pendant les années 80, entre discordes, errances et dépendances. Jagger et Richards (« Life », la récente autobiographie de Keith Richards nous le montre clairement) n’ont absolument plus de connexions, ils sont chacun dans une sphère, celle du business et de la disco pour le premier et celle du blues et de la Jamaïque pour le second, sans compter les quelques addictions désormais légendaires. Les Rolling Stones auront eu deux phase, entre 1963 et 1978, quinze années d’exception, de standards et de bouleversement du paysage rock mondial et, à partir de 1978, une démarche balourde, inconséquente (à de rares exceptions près avec un « Tatoo You » encore dans le coup ) qui les verra se trémousser dans les stades à s’assurer que l’affaire tourne toujours. Mais ce n’est pas avec « Some Girls » que les détracteurs peuvent s’en donner à coeur joie. « Miss You » ouvre le bal, c’est un tube et le retour en grâce du groupe avec ce final à l’harmonica de Sugar Blue, brillant harmoniciste de blues. « When The Whip Comes Down » montre un Ronnie Wood parfaitement complémentaire à Keith Richards, le départ de Mick Taylor est digéré et l’axe rock stonien est bel et bien de retour. La chanson-titre nous rappelle à quel point les Glimmer Twins ont gardé ce rock au cordeau sulfureux, brûlant, qui les a amené au panthéon du rock mondial, dès lors qu’ils furent enfermés dans la villa de Keith à Nellcote, dans le Sud de la France, durant l’enregistrement d' »Exile On Main Street ». « Far Away Eyes » retrouve un Mick chantant une country folk que l’on croirait sortie de « Beggars Banquet », un Mick impeccable, plus américain qu’un américain, aux accents dylanesques. « Respectable », autre must du disque, retrouve la verve sixties de « Get Off Of My Clouds ». On est aux anges, les Stones s’éclatent, cela s’entend, « Before They Make Me Run », avec Keith au chant, suffisamment approximatif pour qu’on « keith ». « Beast Of Burden », autre hit single, retrouve une partie de « Black & Blue », l’album soul & black music, qui fit la transition au moment du départ de Taylor. Le hold-up est quasi parfait dans un paysage musical renversé par le pélo à la crête décoloré (les Pistols ayant pris les commandes en Angleterre avec « Never Mind The Bollocks »). Les « pierres qui roulent »narguent avec un « Shattered » récemment repris en live dans le « Shine A Light » filmé par Scorsese. La réédition de cet incontournable, agrémenté de bonus (avec quelques cradosseries et un « When You’re Gone » bluesy et composé par… Ronnie en personne) et d’une édition collector garnie (vinyle, DVD, livrets, CDs…), est l’occasion de se remettre les pendules à l’heure.